Nous sommes le monde.
 

Partagez | 
 

 дама с собагкой [Groenland]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Fonda




MessageSujet: дама с собагкой [Groenland]   Lun 21 Fév - 19:30

    On n'essaie pas de raisonner une Biélorusse, on court pour lui échapper. C'était quelque chose qu'Ivan avait parfaitement compris, étrangement. Il avait depuis longtemps cessé de tenter de faire comprendre à sa sœur que décidément, non, il n'allait pas l'épouser. A la place, il avait pris le parti de savoir courir vite, ce qui était toujours mieux que rien. Mieux que pas mal de choses, en fait, et en premier lieu mieux que le mariage que sa cadette voulait lui imposer. Rien que d'y penser, ça lui donnait froid dans le dos ; déjà qu'il n'avait jamais vraiment très chaud mais là on touchait des sommets. L'inceste ne lui disait rien, mais alors rien du tout. Seulement, Natalia refusait apparemment de comprendre la position de son frère vis-à-vis de ses envies de "liaisons intimes". Très peu pour lui.

    A ce jour ? Russie courait, encore une fois, pour échapper aux griffes acérées (...ou aux couteaux acérés) de sa sœur. Plus le temps passait, plus elle redoublait d'ingéniosité pour l'attraper. Il devait avoir visité tous les placards de la maison et changeait -trop- régulièrement les portes de ces derniers. Au bout d'un moment, ça commençait à revenir cher. Ceci expliquant cela, c'était bien la raison pour laquelle il courait comme un dératé au beau milieu du village. Évidemment quand on est russe, on ne pense pas forcément à aller se planquer dans la forêt. Non, parce que Biélorussie, elle est pire qu'un loup, elle était bien capable de le retrouver à l'odeur, tiens, à l'odeur! Vision d'horreur, le jour du mariage entre sa sœur et lui...
    ...Et en plus c'était lui qui portait la robe.

    C'était encore pire que d'imaginer Suisse en robe -même si c'était plutôt amusant à imaginer, mais passons...- ou Lituanie bourré. Quoi que. Lituanie bourré, il faudrait tester, une fois qu'il aurait réussi à semer Natasha. Ceci était loin d'être fait, car il avait beau avoir couru dans tout le village, d'un bout à l'autre, elle ne l'avait toujours pas lâché. Cette fois, il avait de grandes chances d'être cuit. Surtout qu'il fatiguait vite, mais bon, comme le proverbe le dit si bien, "Redbull la peur donne des ailes". Dire que Russie avait 'peur' de Biélorussie était peut-être un peu exagéré mais... ah, non. En y réfléchissant bien, non, ce n'était pas exagéré du tout. Il en avait une trouille bleue. Il aimait énormément sa cadette, mais la craignait dés lors qu'elle se mettait dans des états pareils, c'est-à-dire dés lors qu'elle le coursait pour l'épouser, ce qui arrivait plus que régulièrement.

    - Nii-san! Marry me!

    Et c'est qu'elle se rapprochait. Attention Nelson, Russie passe la dernière ligne droite et c'est un spriiiiint, mais, que voilà, Biélorussie remonte le peloton et... la suite, vous la connaissez.
    Ou pas. La meilleure technique, pour échapper à sa jeune soeur, restait tout de même de tourner rapidement dans une rue annexe, passer une porte et rester bien tranquillement caché à l'intérieur en attendant que la furie aux cheveux blancs parte ailleurs à sa recherche. Il resta là, à l'intérieur, à la fenêtre, pendant quelques minutes, guettant le moindre signe à l'extérieur, le souffle court. Il resta ainsi immobile jusqu'à ce qu'il entende la respiration de Natalia qui prenait de la distance par rapport à lui et finit par s'évanouir. Seulement alors il se détendit, s'accordant un instant de répit pour réajuster son écharpe, remettre légèrement son manteau en place et se frotter un peu la tête pour décoller ses cheveux de son visage.

    C'est qu'à force de courir il avait fini par être quasiment en sueur. Un sourire gentillet réarma son visage contre une quelconque "attaque extérieure". C'était bien plus simple de faire le fier quand Natalia n'était plus présente... Il commença à observer la pièce. Il ne la connaissait pas. Il devait être dans un quartier qu'il n'avait pas l'occasion de visiter régulièrement. Il exclut donc le quartier slave d'office. Le reste, bah.. ça dépendait des maisons, en fait. Le décor lui rappelait vaguement quelque chose mais il ne parvenait pas à mettre la main dessus.

    La curiosité est un bien vilain défaut. Il aurait dû attendre juste que sa sœur s'en soit allée et quitter immédiatement la maison. Mais non. Avec un sourire, il commençait à s'avancer, cherchant il ne savait trop quoi, se baladant simplement. Et puis il monta à l'étage. Ça ne serait pas plus mal de savoir qui pouvait bien vivre dans cet endroit... ou pas. Moui, il voulait juste "visiter". C'est aussi ce que l'on peut appeler l'expansion coloniale ; je visite, je brûle ta maison et t'es à moua!
    ...ou pas. Il ne fallait pas non plus se leurrer, l'époque de l'expansion, c'était terminé. L'époque du communisme aussi. Donc, pour conquérir de nouvelles terres, on y repassera. C'est comme monter les marches de l'escalier là, une par une, sourire aux lèvres, air enfantin qui cachait une envie plus sournoise, plus tordue, celle de savoir si l'ennemi ou l'allié était bien présent. Et s'il n'y était pas ?
    ...On brûle la maison? =D

_________________
<img src="http://i20.servimg.com/u/f20/12/90/57/81/0066-110.png">
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://bokuhetalia.tonempire.net
Groenland
Kalaallit Nunaat
avatar


MessageSujet: Re: дама с собагкой [Groenland]   Mar 22 Fév - 10:25

Il faisait pourtant gris à Sauna Claus. Une température moyenne allant vers le bas, pas de soleil, un vent glacé additionné d'une légère bruine qui donnait envie de rester chez soi. Cependant, dans la tête d'une certaine groenlandaise (déjà qu'elles n'étaient pas nombreuses, leur nombre au village nordique s'élevait à un, pas difficile de trouver de qui il s'agissait), un grand soleil s'était joyeusement instauré. Ou une tempête de neige.... Bref. Question de culture. La veille de ce jour béni, le Roi autoproclamé de l'Europe nordique, soit Danemark, avait dit à sa petite sœur qu'il partait la journée en déplacement. Thalia avait hoché de la tête, sans expression de joie apparente. Cependant, dans sa tête, c'était un immense feu d'artifice qui s'opérait. La grandeeeee maison danoise pour elle toute seule, un jour de congé, sans paperasse, sans frère(s) casse-pieds. La vie était belle, non ?

Le thème de la journée était "rien foutre". En d'autres mots, la nordique espérait passer une journée de flemmardise absolue, une journée pendant laquelle elle grignoterait sur le canapé en lisant un gros livre de fiction. Elle avait légèrement sourit à cette idée. Peut-être même que Tino lui laisserait passer l'aprèm' au sauna.... Et même qu'elle irait discuter artisanat avec Suède. Ou boire un café en regardant les nuages avec Norvège. Et tout cela, sans avoir de grand frère trop protecteur collé à ses basques, qui tapait sur Suède, menaçait Finlande ou lançait de vagues insultes à Norge parce qu'il SAVAIT qu'en fait, le café n'était qu'une manœuvre pour récupérer le Groenland. Ces journées "détente" finissaient vite en bagarre entre nordiques, et en un véritable essor commercial pour les pharmaciens. L'aspirine par cargaisons. Et après, on se demandait pourquoi elle ne prenait que deux trois jours de vacances par an....

Cette journée là, foi de nordique, allait être une journée merveilleuse. Elle se coucha dans sa chambre le soir, mettant son réveil très tôt. Par mesure de précautions, elle avait dit à son frère qu'elle bossait ce jour-ci. Ce sans quoi il aurait obligé la nordique à venir avec lui pour lui 'montrer du pays'... Thalia se leva de fort bonne humeur, mais garda son visage impassible. Lorsque son frère partit, elle laissa tomber son masque neutre pour un visage profondément reposé. Elle se fit du café, se laissa tomber sur un canapé avec un exclamation de joie. La vie était belle....La nordique sourit, puis partit à la cuisine se faire un petit déjeuner complet. Un petit déjeuner danois... Jambon, wienerbrod (petits pains fourrés à la crème d'amande), café au lait, jus de fruit... Une fois le lourd plateau posé sur la table, elle passa une bonne heure à se restaurer. Le tout dans un fond de musique britannique. Sept heures du matin. Par mesure de précaution, elle resta en pyjama, avec une grosse veste en polaire cinq fois trop grande pour elle sur le dos. Une veste piquée à son frangin. L'un des bonheurs de la journée.


La jeune femme portait un simple débardeur en coton (bio) noir et un pantalon assorti. Cheveux bruns laissés libres, qui lui allaient au niveau des reins. Pour finir, le fameux collier orné d'une griffe d'ours qui pendait au niveau de son ventre. La nordique soupira, retroussa les manches de la veste en polaire et monta à l'étage, plateau de pâtisseries et autres .
La chambre de la nordique était vaste. Un balcon, une vaste collection de plantes, un grand lit, une bibliothèque remplie de volumes lourds et de classeurs, un bureau avec ordinateur, une table sur laquelle elle faisait sa joaillerie, et tout un placard consacré à ses chers harpons. A côté d'une armoire de fringues. Ouais. Une armoire remplie de parkas.... Thalia s'installa sur le lit, posa le plateau dessus, alluma la chaine hifi et mit un peu de musique. Elle s'emmitoufla dans la veste, sortit une édition rare des contes d'Andersen et se mit à lire.

Elle était plongée dans la Vierge des Glaces lorsqu'un bruit plus ou moins discret se fit entendre. Danmark ? Un de ses frères ? Elle tendit l'oreille. Claquement de porte, suivit d'un soupir et d'un bruit de vêtements. Elle avait l'ouïe fine. La chasse était une activité fort saine, en effet. En plus de ramener de quoi manger et de resserrer les liens avec les civils groenlandais, elle entretenait sa forme, musclait ses bras et ses abdos, apprenait à écouter, à voir et à avoir un sens des distances très appréciable.... Enfin, la chasse était un atout de poids lors des réunions du conseil international. Le harpon aidait certaines personnes à ne pas considérer Thalia comme la choupi-petite-et-trop-inoffensive sœur du Roi de l'Europe du Nord.

La demoiselle haussa les épaules. Il s'agissait peut-être d'un frère qui venait profiter de l'absence du danois pour reprendre un truc qu'il leur avait emprunté. Elle lit une page. Bruits de pas dans le salon. Une autre page passa. Puis une autre. La musique couvrait un peu le bruit, empêchant la réflexion de la nordique. Elle baissa un peu le son, renversant du jus d'orange par la même occasion sur le sol. Elle jura, alla prendre une serviette dans la salle d'eau et épongea soigneusement le jus de fruits. Elle n'entendit pas par conséquent le craquement du bois de l'escalier, ni les bruits feutrés de pas dans le couloir.

Elle retira sa veste, la posa sur son lit, coupa le chauffage et ouvrit la porte fenêtre qui menait au balcon. Regarda dehors. Petit sourire nostalgique en voyant le temps dehors, elle ignora la petite voix dans son cerveau, pourtant si intelligente, qui lui disait qu'on ne tournait jamais le dos à un ennemi et lui ordonnait d'aller se trouver un harpon dans le placard avant qu'il ne soit trop tard....


Dernière édition par Groenland le Mar 22 Fév - 19:06, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miss-friskies.deviantart.com/
Fonda




MessageSujet: Re: дама с собагкой [Groenland]   Mar 22 Fév - 19:03

    Un léger frisson parcourut l'échine du Russe tandis qu'il montait pas à pas l'escalier qui menait à l'étage. Il avait l'impression qu'il faisait froid. N'était-ce qu'une impression, ou bien la réalité ? Il n'aurait pu en juger ; en tout cas il ne faisait pas un temps à se mettre en maillot de bain et se jeter dans la piscine -même si bon, que ce soit chez lui ou chez Finlande, aux températures les plus basses on s'amuse à se foutre dans un sauna pour se rouler dans la neige en en sortant-. L'escalier grinçait. Ivan n'avait pourtant pas l'impression de s'affaler sur les marches, bien au contraire. Il ne prêtait jamais d'attention à la façon dont il marchait sauf en de très rares occasions mais il n'avait quasiment jamais entendu d'escalier grincer sous ses pas. A vrai dire les temps l'avaient endurci, il était de ceux qui à force de batailles avaient acquis la capacité de marcher doucement, mais pour qui c'en était devenu naturel. Puis l'expérience lui avait montré que c'était bien mieux, aussi, que ce soit alors qu'il voulait faire à Lettonie la peur de sa vie ou fuir sa sœur. Nooon, Russie n'était pas un lâche. Avec Biélorussie c'en devenait de la légitime défense, c'était tout. Non mais c'était comme mettre un canard et un chien de chasse ensemble ; le canard a beau être le plus brave du monde, devant le chien il se barre! En tout cas, peut-être la maison était-elle tout simplement vieille ? Ca expliquerait quelques petites choses. Alors qu'il lui semblait que les marches n'en finissaient pas, Ivan arriva finalement au palier, en anticipant plutôt mal le fait qu'il n'y ai plus de marches. Ce fut un demi-bingo seulement, pas de Russe au sol mais à moitié seulement, grâce à la rambarde. Disons que si quelqu'un l'avait vu il aurait gardé une demi-dignité. Une demie. C'était toujours ça de pris. Comme il n'y avait personne, c'était toujours ça de pris uniquement pour lui, vous me direz, mais bon... personne n'est parfait.

    L'étage donc. Le couloir continuait et Vanya continuait d'avancer avec lui. Il marchait lentement, toujours aussi silencieusement, s'attardant sur les murs, les décorations pour chercher à deviner où il se trouvait. Déjà, il ne lui semblait pas être du côté des Asiatiques. Il y aurait des calligraphies partout, sinon. Le Russe n'avait jamais compris l'intérêt qu'il y avait pour les gens d'avoir des textes accrochés au mur. Certes, tu montres que tu es cultivé et tout et tout mais... franchement, qui prend la peine de les lire, à part les ninjas dans les dessins animés ? Bah, personne hein. Donc, voilà, c'était sans intérêt, d'autant plus que personne à part eux ne pouvait comprendre ce qu'il y avait d'écrit. Il mit également de côté les Africains, ne voyant pas de masques accrochés aux murs. Il n'était jamais entré dans la maison d'un africain mais il en avait entendu des dires et c'était ce qu'il avait retenu. Il n'y avait pas non plus de posters de super-héros. Ce n'était pas une maison du quartier américain. Pas assez de fleurs pour être du quartier méditerranéen, pas assez de chats non plus. Ne restaient que les anglo-saxons et les nordiques. Alors là... impossible de les différencier. Non, vraiment, pas de photos de famille au mur déjà, ça n'aide pas. Ah, de la musique ? Russie tendit légèrement l'oreille. Oui, c'était bien de la musique qu'il entendait, une musique qui résonnait depuis un moment mais qu'il n'avait pas remarqué. De la musique britannique. Un britannique donc ? La musique se baissait. Il entendit un juron, pas assez fort pour qu'il reconnaisse la langue, puis un déplacement précipité.

    Il y avait donc quelqu'un. Bon ben tant pis pour l'incendie "accidentellement" mis en œuvre sur cette maison alors. Quoi que. Ça dépendait de la personne qui était à l'intérieur aussi. Russie s'avança jusqu'à la porte de la pièce d'où venaient les sons. La première chose qu'il aperçut, c'était de longs cheveux bruns. Il entra dans la pièce, doucement, calme et serein. Une tâche de jus d'orange, sur le sol ? C'était donc pour ça, le juron ? Kol kol kol ~ Il ne mit pas longtemps à la reconnaître. дама с собагкой, la Dame au Chien, Groenland. Il l'avait déjà vue souvent -trop souvent?- dans la Salle du Conseil, donc bon. Il s'arrêta juste derrière elle, même pas à une distance raisonnable qui le protègerait, non, juste derrière, laissant son ombre planer sur son dos. Il n'avait pas pris la peine de penser que peut-être la nordique pourrait se retourner violemment et le frapper. Ca lui semblait d'une telle évidence, que Groenland aboyait mais ne mordait pas.

    - Ah. Alors c'est toi qui vis ici, Groenland ?

    Question stupide, il le savait. Elle n'avait pas vraiment l'air d'être chez quelqu'un d'autre, là, à moins qu'elle n'ai des aventures qu'elle cache à son grand frère, ce dont Russie doutait forcement. Un ours pareil, ce n'était pas possible. Et puis le frère l'aurait découvert, de toute façon. C'était amusant de penser que malgré tout, il y avait encore des pays qui étaient dépendants à d'autres. Et si il l'enlevait, là, maintenant, et qu'il décidait qu'elle serait une colonie russe, à exploiter au mieux ? ...Nan, il n'y avait pas moyen. Il n'avait pas le budget nécessaire pour entretenir une fille. Puis, suffisait qu'elle le prenne pour un phoque et il pourrait se retrouver boiteux à cause d'un harpon dans le pied. Pas dans le torse parce que bon, même si elle savait chasser, si elle le prenait pour un phoque c'est qu'elle commençait à avoir une déficience oculaire. Ce n'était peut-être que des détails inutiles mais ça avait son importance. Puis aussi, faut réussir à l'embarquer hein. Avec une bestiole pareille, c'est à coups de chloroforme et pour la planquer faut acheter un sac à patates. Mais vous pouvez pas l'avoir seul le sac à patates! Alors oui au bout d'un moment il finirait par rentrer dans ses frais, ça serait problématique. Puis faudrait aussi investir dans une chaîne pour qu'elle ne se barre pas. Alors oui, ça coûtait cher tout ça. La colonisation, ça coûte cher, surtout quand il s'agit de coloniser des nations féminines parce que vous avez tout ça PLUS les à-côtés. Puis il fallait aussi avouer que les relations entre Ivan et Thalia n'étaient pas des plus tendres. Russie ne la haïssait pas, bon, c'était comme les autres. Pas dit, par contre, que la nordique ne le déteste pas, lui. Donc bon, la passation du Groenland en tant que région russe, ça sera pour plus tard, voire pour jamais.

    Flash soudain, Russie commençait à se demander où était passé l'aîné. Il savait que les nordiques étaient très forts pour deviner lorsque l'un des frangins avait un quelconque problème et rappliquaient au pas de course. Danemark, il était encore pire. Lui non seulement il rappliquait mais en plus il rappliquait avec les poings et la bière. Les poings pour frapper, la bière pour célébrer soit sa victoire soit sa défaite, voire pour trinquer avec l'adversaire après. Russie n'avait pas peur de se retrouver face au danois, loin de là. On l'a déjà dit, la seule personne qui fait peur à Russie, c'est Biélorussie. Dan, il s'en fiche comme d'une guigne. C'est juste que ça l'étonnait, qu'il ne soit pas là, voilà. Des fois il savait faire preuve de jugeote, et là il jugeait que c'était étrange que le grand blond ne soit pas aux basques de sa sœur, prêt à faire rentrer à grands coups de poings dans la tête du malheureux qui oserait l'approcher que c'était une mauvaise idée de le faire.

    - Où est ton grand frère ? Il est absent ?

    C'était de l'infantilisation, oui. Un peu dit comme le "où est ta maman? Comment ça, elle n'est pas là?". Évidemment, il se doutait de la réponse. Il était néanmoins curieux de savoir la raison pour laquelle le danois avait laissé sa chère sœur seule à la maison. De ce que Russie savait de lui, ce n'était pas son genre. L'aurait-elle jeté dehors à coups de harpon? Bien tiens, ça n'aurait pas été très étonnant, son mauvais caractère n'était plus à refaire. Ours brutal et primaire, va. Et c'était une fille, en prime. Quelle plaie. La voix du russe était doucereuse, quasiment aguicheuse, mielleuse. Il parlait vraiment comme s'il s'adressait à une enfant de cinq ans. Pourquoi ? Allez savoir. Il est dit que le fait d'infantiliser une personne permet de lui enlever de son mordant, de la crainte qu'elle peut inspirer. C'était aussi une façon de rabaisser l'autre, de lui montrer qu'il se sentait tout à fait apte à le briser s'il en avait la moindre occasion. Est-ce que Russie le faisait exprès ? Oui, sans aucun doute. Il y avait fort à parier qu'il cherchait à la terroriser, autant par ses mots que par sa présence. Ivan aimait chercher Groenland, parce que malgré le temps qu'elle y mettait elle démarrait toujours. Un peu comme un diesel. Ca démarre lentement mais au final c'est sympa.

    Pour lui, tout ça, c'était un jeu.

    - C'est dangereux de rester seule dans une si grande maison, tu sais ? kol kol kol ~

    Lançant tout cela avec un sourire, doucement, juste assez fort pour qu'elle l'entende. Il restait calme, posé, n'élevait pas la voix. C'était Russie, après tout. Rien d'étonnant à son attitude. Arrogance ? non, certainement pas. Il jouait simplement le loup dans la forêt, un loup qui n'attendait que le meilleur moment pour dévorer le petit chaperon rouge. Qui, présentement, ne portait pas de chaperon. Mais on pouvait toujours faire sans, c'était un moindre mal.

    Je dis le loup, car tous les loups
    Ne sont pas de la même sorte ;
    Il en est d'humeur accorte,
    Sans bruit, sans fiel et sans courroux,
    Qui privés, complaisants et doux,
    Suivent les jeunes Demoiselles
    Jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles ;
    Mais hélas ! qui ne sait que ces Loups douceureux,
    De tous les Loups sont les plus dangereux.


Spoiler:
 

_________________
<img src="http://i20.servimg.com/u/f20/12/90/57/81/0066-110.png">


Dernière édition par Russie le Jeu 24 Fév - 23:53, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://bokuhetalia.tonempire.net
Groenland
Kalaallit Nunaat
avatar


MessageSujet: Re: дама с собагкой [Groenland]   Mer 23 Fév - 13:59

La jeune femme, dos à la porte, sentit d'un coup une présence dans la pièce. Une présence lourde, qui pesait sur ses épaules, une ombre menaçante. Berwald ?... Il y avait des années que la demoiselle n'avait plus peur de lui. Certes, un silence gêné s'installait quelque fois entre eux, mais la nordique avait à présent un sentiment de danger omniprésent, tandis qu'un vaste frisson se propageait le long de se colonne vertébrale. Non, pas Suède..... Elle bougea légèrement les épaules, tentant de se libérer de la tension qui lui pesait sur le dos. Son regard se perdit dans le vide, tendit qu'elle réfléchissait à toute vitesse. Den était très clairement parti, comme l'indiquaient la bonne trentaine de messages inscrits sur un paquet de feuilles. "Tu n'as pas laissé l'eau couler ?" "Fais gaffe aux voisins" "le carrelage est glissant" "Ne laisse personne entrer. Ferme la porte à clé". Bordel. La porte. Elle avait oublié de la fermer le soir même.... C'était donc un parfait étranger dont l'aura menaçante imbibait toute la pièce aussi facilement que la bière imbibait son frère. Thalia, elle, n'avait pas le droit à l'alcool. De toute façon, à part finir avec le foie pourri, victime de cirrhose, y'avait rien à en tirer. Alcool..... Aura menaçante.... Lort. Le mec menaçant, c'était le Ruskov. Le cerveau se remit en marche de plus belle. Ses harpons. Il fallait qu'elle aille les chercher, tout de suite. Il fallait qu'il parte, loin, très loin. L'instinct naturel de la demoiselle, chasseuse émérite, se déclencha en moins de temps qu'il ne fallait au danois pour en avoir deux pleins patins. Chacun sa spécialité. Elle se cambra légèrement, attendant que le russe s'approche. Si il s'approchait, elle pourrait détaler suffisamment vite pour atteindre le placard à harpons. Si possible, ne pas se tromper pour le placard contenant le bordel de vêtements qu'elle n'utilisait jamais.

Elle se sentit brusquement stupide. Elle avait été attirée par le russe. Non pas physiquement, car pour elle il était impossible d'avouer une telle chose, mais attirée par son pouvoir, par l'apparent respect (mâtiné de peur) que lui vouait les autres, ses frères compris. La première fois qu'elle avait rencontré le russe, elle était nettement plus jeune. Le danois l'avait emmenée pour la première fois en balade, et elle avait croisé cet homme, grand et imposant, dont le masque réjoui cachait une nature mille fois plus sournoise que la sienne. Elle avait été un temps attirée par lui, jusqu'à ce qu'il prononce quelques mots pour le danois, concernant "la petite chose" qu'il trimballait, qui "semblait être un poids très lourd" pour lui et qui ferait mieux de "devenir un avec la maison soviétique". La voix, douce et mielleuse. Le poing de Dan alla directement se ficher dans la tête de l'homme. Thalia n'en avait pas peur, cependant. Elle avait pour lui une sorte de haine cordiale, un espèce de pressentiment qui la forçait à le détester, un instinct qui lui disait doucement "ce type-là, c'est un danger". Elle respira lentement, se prépara à l'assaut. Qu'il meure, qu'il parte, qu'il saute de la fenêtre ou s'étouffe avec un wienerbrod. Thalia avait la technique pour castrer le français, mettre HS le danois.... Mais pour le russe ! La seule faiblesse qu'elle lui avait découvert, elle refusait de la mettre en place. Sa sœur biélorusse ? Et puis quoi encore. Mettre une robe.


- Ah. Alors c'est toi qui vis ici, Groenland ?

Nan sans blague. C'est l'pape. Le pape, il a des harpons dans ses placards. Et tu vois, le tableau remplit de photos des nordiques, de Nuuk et des icebergs d'Ilulissat, c'est le plafond de la chapelle Sixtine. Le Pape, il aime bien les guêpières en dentelle bleue marine. Et puis il trouve que les balconnets, ça met bien en valeur la poitrine. Ohhhhhh~ Le Pape a une belle collection de bottes en peau de phoque. Et puis d'abord la tiare, c'est out. Vive les bêrets et les manteaux doublés moumoutte. Quand à la Papamobile ! Ah ! Mieux vaut le traîneau. D'ailleurs, le Pape, il a dans sa chambre une bonne dizaine de harnais et de laisses pour atteler les chiens. Et puis le Pape il fait un bonnet E......Non, sans blague, qui pouvait habiter dans une piaule en plein village nordique, dans une chambre avec une salle d'eau remplie de produits de phytothérapie, habillée avec du coton bio...... Et elle n'était pas si ridée que le vieux catholique, quand même.... C'était d'un vexant !


- Où est ton grand frère ? Il est absent ?

Bahhhh non ! Il est dans le ciel avec des diamants, avec sa pote Lucy. J'aurais pas du le laisser piocher dans la réserve de Pays Bas. Et puis non, en fait il est parti chercher des pommes de terre dans le fond du jardin. Ah mais non, les pommes de terre, elle poussent pas. Trop froid. Non, en fait, je l'ai harponné sans faire exprès avec un couteau à beurre. Oui mais mon couteau à beurre il coupe plus....Et puis comme il me faisait chier, bah tiens, je l'ai collé dehors à coup de pieds aux fesses. Et puis bon, le Danemark devient groenlandais. Cette simple manière de lui faire comprendre qu'elle n'était qu'un enfant, qu'un simple jouet pour son esprit, merci du cadeau. De toute façon , elle s'en fichait. Non pas qu'elle était incroyablement fière, mais quand même. Elle se fichait du russe, de ses manières, du fait qu'il était le "roi du monde". En parlant de rois, elle regretta d'un coup la présence de son frère. Si Dan avait été là, pas besoin de se charger de dégager le ruskov. Pas besoin de craindre pour sa santé physique. Parce que honnêtement, mis à part l'énerver, la Thalia, il allait pas la rendre dingue. Elle allait juste passer le reste de sa semaine à être d'une humeur toute à fait exécrable..... Comme d'habitude quoi. Il parla. La voix doucereuse la fit frissonner.

- C'est dangereux de rester seule dans une si grande maison, tu sais ? kol kol kol ~

.......Ok. C'est dangereux de rester dans une si grande maison avec Russie. Message passé. Elle se redressa, dos droit. Elle se tourna vers le russe, l'observa, tête levée. Dans ses yeux, pas un seul éclat de peur. Juste une grande haine. C'était limite si elle ne montrait pas les dents. Elle se contenta de le regarder, s'approcha doucement du placard magique.Elle en saisit la poignée, toujours en regardant avec une certaine agressivité le russe. Sauf que. Dans sa précipitation, elle ne s'était pas aperçue d'un léger détail. Le placard dont elle tenait la poignée était majoritairement rempli d'un grand bordel entassé de fringues, robes, sous-vêtements, qu'elle ne mettait jamais, des harnais de ses chiens, d'une gamelle en métal pour piocher les croquettes, et d'un vaste mélange de trucs qu'elle tassait dans les étagères avant de refermer la porte d'un coup sec. Mais dans l'imaginaire de la groenlandaise, la porte qu'elle tenait renfermait ses précieux outils de travail, comme elle les appelait.

-Oui, je suis ici chez moi. Je te prierais d'ailleurs de partir en vitesse. Et Dan est parti.... Faire les courses. Il reviendra dans cinq minutes.

Un mensonge, une vérité. La vérité. Déguerpis de chez moi, espèce d'imbécile buveur de vodka. Le mensonge. Dan reviendra bientôt. Thalia resta accrochée à sa poignée de porte comme à une bouée à laquelle on s'accroche. Elle continua d'observer le grand russe, avec une certaine témérité. Elle ne savait pas ce qu'il allait faire, et cela l'inquiétait. La tuer ? La jeter par la fenêtre ? Tenter de la prendre en otage ? La journée allait être longue. Surtout si il s'apercevait que le frère de la nordique ne reviendrait que tard le soir. Elle pensa au quartier slave. Pas étonnant qu'il s'appelait l'enfer gelé. "Tiens, chérie, tu veux aller vivre où ? Enfer froid plein de psychopathes ou le village du Père Noël ?" ... Le choix était vite fait. En tout cas, pour Thalia, qui mesurait son potentiel face à celui du russe, c'était vite fait aussi. Ses yeux marrons se noyaient dans les prunelles violettes. Y lisaient tout et n'importe quoi. Tout. La guerre, la famille, le désir de faire du mal. N'importe quoi. Le rire. La mort. L'air de délectation du loup qui s'approche du petit chaperon rouge pour la déchiqueter entre ses mâchoires. Elle reprit une longue respiration.

Le petit chaperon rouge..... Quelle idiote. Elle s'était laisser embobiner. Mais si le petit chaperon n'était pas si niaise. Si en fait, entre son petit pot de beurre et ses pains, il y avait une bombe lacrymogène et une dague ? Et si le petit chaperon rouge était dans l'envie de casser la gueule au loup ? Et si le petit chaperon rouge était en réalité celle qui voulait avoir le loup ? Et si..... Dans le cas présent, elle voulait la peau du loup. Peut-être, qu'après tout, le petit chaperon rouge savait dépecer~.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miss-friskies.deviantart.com/
Fonda




MessageSujet: Re: дама с собагкой [Groenland]   Jeu 24 Fév - 11:21

    Il y avait des enfants qui attendaient, la nuit des cadeaux, l'arrivée du Père Noël. Ils attendaient, encore et toujours, que le grand monsieur à la barbe blanche vienne déposer leurs paquets. Qu'il passe par la cheminée ou par la porte, peu importait les noms qu'ils lui donnaient, la couleur de son manteau, que ce soit des rennes ou des chevaux qui tirent son traineau, qu'il en ai un ou pas d'ailleurs, il avait toujours la même fonction : ravir les enfants. C'était une clientèle parfois difficile à laquelle il devait faire face. Seulement voilà, ces bambins là, qui tentaient par tous les moyens de duper le grand bonhomme à la hotte, étaient ceux qui perdaient au bout du compte. Pas facile de digérer que le Père Noël n'était que les... parents. Nope ? Ce n'était pas vraiment la question. L'aimable vieillard à la barbe blanche et au nez rouge était en réalité plusieurs adultes plus ou moins vieux, avec plus ou moins de cheveux blancs et la majeure partie étant des femmes, ne possédant pas de barbe. Une chose cependant qu'ils avaient en commun avec le bon vieux gaillard : le nez rouge, parce qu'au réveillon ça picole dur. En Russie comme ailleurs -mais ça devient quasiment coutumier le nez rouge par là-bas, faut pas s'y fier pour dire si c'est jour de fête ou pas hein-, c'était beau à voir. Un bon coup de champagne au réveillon -attention aux imitations françaises!-, un bon repas, une grande fête. Évidemment, il fallait s'en douter, pendant tout le réveillon ne décrochait pas du visage des hôtes comme des invités des sourires débiles qui leur donnaient des airs de Chocos BN. Il suffisait de débarquer dans une famille assez nombreuse et il était tout à fait possible de remonter toute une chocolaterie. En poussant un peu, c'était aussi possible de se débrouiller pour avoir le café, mais bon, là, fallait chercher un peu. Déjà, parce que le café et les Russes, c'était pas le grand amour -le thé c'est bien meilleur, enfin-, ensuite parce que bon, fallait l'avouer, quand ils en avaient ils ne savaient pas forcément où ils l'avaient planqué.

    Certaines fois, Ivan avait l'impression de revoir dans les yeux des Nations qu'il côtoyait, ces éclats d'enfance. Il avait l'impression de revoir ces gamins innocents qui attendaient avec fébrilité et impatience le Père Noël et les cadeaux qu'il apportait. Il vit son dos se redresser, lentement, ne bougea pas tandis qu'elle se retournait pour lui faire face, la tête levée. Il n'y avait plus rien de puéril dans ses yeux. Rien que de la haine. Dommage, kol kol kol ~ Il restait de marbre, se contentant de l'observer tandis qu'elle le regardait en reculant. Le sourire aux lèvres, il rentra ses mains dans les poches, parfaitement détendu. Le fuyait-elle ? Apparemment, oui. C'était amusant. Petite chose effrayée. Un ours ? oui, certainement, mais pas un ours fou. Elle savait qu'il valait mieux le fuir. Pourtant elle n'hésitait pas à l'affronter, à relever la tête et rester droite. En ce sens c'était un peu comme si elle l'encourageait à aller vers elle, à chercher par tous les moyens à la briser, à la faire craquer. Un peu comme une planche en bois. Il y en a qui s'amusent à la casser avec la tête. Généralement ils se font plus mal qu'ils ne font mal à la planche, mais ça ne reste qu'une simple théorie. Il y en avait d'autres, plus rusés, qui faisaient bien d'autres choses pour affaiblir d'un seul et unique coup. Le loup après tout, cajolait tant et si bien le Petit Chaperon Rouge, qu'elle n'avait pas vu venir ses dents qui se refermaient sur elle. Alors peut-être que le Petit Chaperon Rouge savait dépecer, peut-être, mais en tout cas, elle semblait avoir oublié son couteau. C'était impossible de se faire un manteau dans la peau du grand méchant loup avec un couteau à beurre. Ou alors, il fallait s'armer de patience. De beaucoup, beaucoup de patience. C'est comme faire une kasha à zéro pour cent de matières grasses, c'est juste... impossible. Improbable. Complètement infaisable, voilà ce que c'est. Donc voilà, dépecer le loup avec un couteau à beurre, c'est comme une kasha sans matière grasse ou une secte sans gourou, ou encore une entreprise sans hacker. C'est juste complètement improbable.

    -Oui, je suis ici chez moi. Je te prierais d'ailleurs de partir en vitesse. Et Dan est parti.... Faire les courses. Il reviendra dans cinq minutes.

    Russie fit mine de l'écouter attentivement pendant qu'elle lui parlait, comme si il était face à une terroriste qui menaçait de faire péter la baraque si jamais il refusait ce qu'elle lui demandait de faire. La réponse de Groenland ne lui convenait pas tout à fait, tout en le confortant dans son idéal. "Je te prierais de partir..." ou quelque chose comme ça. Un sourire. Allons, tu ne pensais pas te débarrasser de moi aussi facilement... si? Il se doutait que non. Elle n'était pas stupide. Elle savait sûrement qu'il ne partirait pas sur une simple demande, même si c'était expressément demandé. Un sourire. Il restait là, les mains dans les poches, droit, remarquant à peine que la jeune femme avait reculé jusqu'à une armoire. Ce n'était pas comme si elle avait une véritable retraite possible, dans cette pièce. Il y avait bien la fenêtre, la porte, mais... Non, il ne l'aurait pas laissée fuir vers la porte. Même s'il semblait tout à fait calme et serein, il veillait à ne pas lui laisser de marge de manœuvre trop importante. Puis, un nordique c'est malin mais généralement ça ne s'enfuit pas les jambes à son cou. Il y avait quelque chose qu'ils ne devaient pas avoir assimilé là-dedans. Les gênes ? Peut-être, après tout c'était quasiment... non, c'était un "défaut de fabrication" qui revenait chez tous les membres de la famille. Ivan ne se souvenait pas avoir jamais vu un nordique s'enfuir à proprement dit, en poussant des cris de fillette et en courant de même. Un manque d'iode ? Bah, non, il y a beaucoup trop de poissons pour ça. La fierté ? Quelle blague. Certaines fois, il valait mieux la laisser de côté, sa fierté, ça ne pouvait faire de mal à personne. Tenez, vous pensez que les Italiens conservent leur fierté pendant qu'ils détalent comme des lapins pour éviter les tirs?... Mauvais exemple. Un Italien, c'est plus froussard que fier, on oublie. En tout cas, ça ne menait à rien.

    - Cinq minutes ? J'ai une bonne marge de manœuvre alors, da ?

    Un sourire, encore. Il ôta les mains de ses poches, s'avançant légèrement vers elle, les mains croisées devant lui comme s'il faisait mine de réfléchir à ce qu'il pouvait bien lui faire subir en cinq minutes. Puis il s'arrêta après deux ou trois pas, avec toujours ce sourire sur les lèvres, sourire enfantin qui cachait beaucoup, un peu comme les chiffres cachaient la situation économique de l'URSS, à l'époque. C'était une époque qui lui paraissait si lointaine à présent... Dire que les nouvelles générations n'avaient pas connu cette époque, c'était triste. Elle était déjà quasiment oubliée, l'époque où il dominait quasiment le monde, cette époque où il rivalisait avec Etats-Unis de toute sa hauteur. A présent, il était relégué au rang de... tapissier. Ca sert plus à rien les tapissiers. C'est même pas sûr que ce soit un métier qui existe encore tellement c'est vieux. Pourtant, c'était un beau métier, auparavant. Tous les rois, empereurs se pressaient autour pour les avoir à leurs côtés, waouh comme les crêpes... Maintenant, sortez dans la rue et dites à un passant que vous êtes tapissier, vous pourrez voir comme il rira. Ou entendre, plutôt. Autant que certains artisans comme les cordonniers pouvaient toujours se montrer utiles, autant que les tapissiers... étaient un cas à part. Évidemment, les tapisseries avaient été remplacées par le caviar, les fringues et chaussures Prada, et la vodka. Depuis le déclin de l'URSS le monde ne parlait plus de lui comme un avenir potentiel. Sa famille était partie voir ailleurs. Prusse avait volontairement mis à bas le mur qui le séparait de son frère... le fourbe ! Ca, ça ne s'était pas fait en cinq minutes, il avait bien fallu une journée voire plus pour réussir à abattre le grand rideau de fer. Il était pourtant possible de faire beaucoup de choses, dans ce laps de temps que la jeune femme avait l'air de décrire comme "réduit". Le sourire d'Ivan ne quittait pas ses lèvres. Elle disait ça comme si par ces simples paroles il allait partir d'un coup sans demander son reste.

    "Dan reviendra dans cinq minutes." Tu parles. Qu'il vienne, ça ne changera rien. L'essentiel se trouvait dans le fait qu'Ivan avait pénétré dans la maison et était arrivé ici sans aucun empêchement, pas dans celui qui disait que le grand frère danois allait bientôt rentrer à la maison. S'il avait été là, il l'aurait certainement empêché de rentrer, il ne serait pas allé plus loin. Mais il n'était pas là. Alors, cinq minutes ? Il aurait le temps de foutre le feu et de se barrer sans qu'il n'en sache rien. Dans ce cas, il n'y avait aucune raison pour que la groenlandaise décrive ce fait comme si ça allait la protéger...

    - Ne me dis pas que tu oses penser que j'ai peur de ton frère... Ca me décevrait de toi, tu sais, tu n'es pas aussi crédule, tout de même... si?

    Mignon, mignon petit Chaperon Rouge. Bientôt, tu seras mangée, et de ton petit panier l'on sortira la galette et le petit pot de beurre que tu apportais gentiment à ta pauvre mère grand. Mignon, mignon petit chaperon rouge, dans les versions originelles, le bucheron ne te sauvera pas, le sais-tu ? Le loup ne craint rien le loup ne prête pas d'attention au bucheron qui, non loin de là, coupe ses arbres pour en faire des... buches. Le loup ne voit que sa propre faim. Bien sûr il aurait apprécié que tu lui donnes ta galette et ton pot de beurre, sans qu'il n'eut à mettre toute cette mise en scène en œuvre pour les avoir, mais le jeu aurait été tellement moins amusant... le jeu de la corruption, de la séduction. Simplement. Savoir, juste, qu'il avait gagné, et pas que l'autre avait fait preuve de charité. Ca craint si le loup a été pris en pitié. Il n'est pas là pour ça, après tout. Il est là pour faire peeeeeur, pour apporter une morale/moralité à l'histoire. Essayez de faire le Petit Chaperon Rouge sans loup, vous allez voir, c'est pas de la galette tarte. C'est comme une tartine de pain sans nutella, ou comme des Italiens sans drapeau blanc, il manque quelque chose.
    Pauvre petit Chaperon Rouge sans chaperon même. Le rouge pourtant, ça attire, non ? Alors que le noir, le noir bio, te permettrait de rester tapie dans le feuillage tandis que le loup passe. Mais tu te dresses, fière, face à lui. Tu te dresses en clamant que le bucheron va arriver dans les cinq minutes. Quel intérêt aurait-il de venir alors que tu n'as pas été mangée ?

    L'histoire n'aurait donc aucun sens.

    Russie aperçut soudain la main de Groenland posée sur la poignée du placard devant lequel elle était placée. Ah. Il y avait donc "quelque chose" dans ce placard. Il doutait qu'elle s'enferme dedans pour lui échapper, il fallait donc qu'il y eut quelque chose avec lequel elle puisse se défendre, da ? ça semblait logique pour le Russe, en tout cas. Il avait beau avoir une logique étrange, il avait au moins la prestance de croire ce qu'il pensait et/ou racontait. Alors oui, main posée sur la poignée d'un placard=quelque chose dans le placard qui pouvait soit faire peur au Russe soit le forcer à reculer. Elle avait planqué Natasha dans son placard?! Non, impossible, la Biélorusse se serait débattu et... ah, non, si elle lui avait promis de lui livrer son frère, ce n'était pas sûr. Trêve de plaisanteries, que pouvait-il bien y avoir dans ce placard ? Allons allons Ivan, réfléchis. Que trimballe Groenland, qu'importe où elle soit ? Qu'est-ce qu'elle a toujours avec elle et qui, étrangement, n'apparaît pas dans cette pièce ? Ouiii, c'est bien, un harpon. Groenland, elle a un chien, un mauvais caractère et un harpon. Manquaient le harpon et le chien. Supposons que le chien ne soit pas dans le placard, Petit Chaperon Rouge est bien trop GreenPeace pour l'enfermer là-dedans.

    - Allons allons Groenland, qu'est-ce que tu comptes faire comme ça ? Sortir tes harpons ? ~

    Souriant, il s'avança vers elle. Qu'elle les sorte, ses harpons. Lui, avait toujours son tuyau avec lui, même quand il tentait d'échapper à sa sœur, par peur sans doute qu'elle le prenne en otage, le pauvre petit. Ce n'était pas un harpon, certes, il ne pouvait pas transpercer sa victime avec. En attendant, la faim appelle ; donc on en sort une boulette de riz, et on attend de voir le harpon débarquer, tout autant que le bucheron danois.

_________________
<img src="http://i20.servimg.com/u/f20/12/90/57/81/0066-110.png">
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://bokuhetalia.tonempire.net
Groenland
Kalaallit Nunaat
avatar


MessageSujet: Re: дама с собагкой [Groenland]   Jeu 24 Fév - 15:01


Oh certes, il pouvait y avoir de longuesssss heures comme ça, pendant que les nations se regardent en chien de faïence, avec un sourire malsain et une posture détendue d'un côté, et de l'autre, un air sérieusement concentré, le dos courbé, prête à l'attaque. Il était si facile de voir, de lire la tension entre ces deux entités, le grand russe, homme de pouvoir, dont la grandeur déjà passée n'avait point terni la dorure de son blason. C'était d'ailleurs le sang, qui l'avait honteusement maculé, le sang et la soif, l'Envie avec une majuscule, le péché correspondant. L'autre entité, colonie viking durant de longs siècles, qui semblait étrangement moins petite et frêle que ce à quoi on pouvait s'attendre. Jeune femme récemment millénaire, regard concentré, air agressif, bras sculptés par l'exercice. Une fille étrange, de corps. Léger déséquilibre entre une taille un peu fine, des hanches rondes et une poitrine, il fallait l'avouer, plutôt plantureuse. Ce déséquilibre était aussi annonciateur d'un certain effet de balance qui penche dans son caractère. Calme, réservée. Et de l'autre côté, gardienne d'une agressivité toute animale bien accrochée.

Et, dans toute cette tension, Thalia ne put s'empêcher de penser à sa condition de territoire indépendant.Des années de servitude accomplie pour deux frères, l'un norvégien, l'autre danois. Des années durant lesquelles elle était persuadée d'être la vache à lait, pour ainsi dire, des nations nordiques. Une simple colonie trop vite oubliée. Curieusement, entre la peste noire et les norvégiens qui désertaient, ils avaient compris que la terre groenlandaise n'était pas très facile.Tout comme sa représentante, jeune fille peu gracieuse qui montrait les dents aussi rapidement que ses chiens. Jeune fille, puis jeune femme, dont le caractère emporté avait souvent fait jaser les commères du Conseil International. Et là, elle s'attaquait au russe. Ou du moins, elle comptait s'attaquer à lui. L'offensive ne servirait à rien. Peu importe le moment. Question de vie ou de mort.


- Cinq minutes ? J'ai une bonne marge de manœuvre alors, da ?

Elle frissonna une nouvelle fois. Marge de manœuvre, avait-il dit avec un de ces affreux sourires faux. Elle se rappelait ceux qu'elle avait vu pendant la seconde guerre mondiale. Imaginez. Devant elle, un de ces nazis, immonde homme qui observait l'américain avec dégoût. Puis, avec ce même sourire faux, il observait Thalia, sondant son "potentiel". Il donna son accord pour la merveilleuse base de Thulé, bride militaire des américains pour les soviétiques et le passage sous-marin qui officiait. Ce même sourire, cette même envie étrange de détruire. Qu'allait-il donc faire ? Les possibilités étaient infinies. Elle doutait que sa mort soit rapide et sans douleur. Longueur du temps était à venir, associée à un air passablement.... Sadique ? L'envie de faire du mal. La main qui tenait la poignée du placard était moite, nerveuse. Tout comme son cerveau qui analysait toute les possibilités de fuite. Il n'y avait que très peu d'option. Le balcon était la plus simple, il n'y avait pas de fenêtre utilisable dans la salle d'eau. Et faire la crêpe (waouh ?) sur le seuil de la maisonnée danoise, c'était pas très bien vu dans le voisinage.

Elle continua à réfléchir rapidement.... Et si... Que pouvait-il faire. Il pourrait l'étrangler avec les harnais de ses chiens, lui faire avaler de l'huile essentielle pure et l'observer en train d'agoniser sur le bois ciré, il pourrait la tabasser pendant des heures, chaque os à la fois. N'ayant pas envie de se retrouver brisée en pleins de petits morceaux (cela ferait pas mal de nettoyage pour ses frères, ça serait dommage, quand même), elle considéra la porte d'entrée. Non. Il était devant elle, il y avait 99% de chance qu'il la chope avant qu'elle n'atteigne les escaliers. Une voix légèrement moqueuse interrompit le bref moment de joute mentale auquel elle avait eu droit.

- Ne me dis pas que tu oses penser que j'ai peur de ton frère... Ça me décevrait de toi, tu sais, tu n'es pas aussi crédule, tout de même... si?

Déjà, la partie sur son frère. Il avait faux. Elle ne pensait pas qu'il avait peur de son frère, loin de là. Si il était comme le nordique, il pensait surement au bonheur de se battre avec un type de sa carrure. Et puis hop, une autre de ces longues batailles auxquelles elle avait de temps en temps droit, avec d'un côté du ring, l'inexpressif Suède, et de l'autre côté, le viking en puissance, le danois. Ces batailles durant des heures, s'éternisaient avant de se finir dans un rire danois. Toujours. Et puis devinez qui devait s'amuser à réparer leur bordel, à soigner les blessés (badauds trop innocents et peu prudents qui s'étaient approchés pour voir la scène, comme les deux protagonistes). Les autres nordiques, tiens ! Et puis honnêtement, soigner Dan, c'était comme une grippe. Extrêmement fatiguant, un travail de longue haleine, quelque chose qui vous donnait envie de faire l'ours pendant des siècles. Il était bruyant, toujours à moitié bourré (Thalia était certaine qu'il était toujours plein comme une huître durant ce genre de manifestation de force même si il ne voulait jamais l'avouer, borné comme il l'était).

La deuxième partie. Décevoir. Elle avait la vaste impression qu'il ne la prenait que pour un simple jouet, quelque chose qui était là pour faire joli, qu'on jette après l'avoir brisé. La respiration de la groenlandaise était profonde. Elle prenait de grandes inspirations de temps à autre, histoire de ne pas mourir d'asphyxie avant de s'être jetée sur le blond. Elle avait les mains moites, sa prise sur la poignée du placard devenant plus ferme à chaque minute qui s'écoulait lentement. A ce train là, les secondes qui passaient semblaient être des gouttes d'acide qui transperçaient doucement son estomac, provoquant une sorte de nœud désagréable dans son ventre. Son cœur battait rapidement, son cerveau passait les issues à toute allure encore et encore. Elle stoppa ce grand mélange d'idées incongrues et se força à réfléchir sur l'angle de son harpon, sur la précision de ses gestes lorsqu'elles ouvrirait le placard, en tirait l'arme, et d'un geste souple, attaquerait de front le ruskov. Il tenterait de l'éviter, la voie serait libre, on déguerpit et on va chercher Suède. Et là, ça serait un autre bucheron. Les buches, il les prendrait dans la tronche, le ruskov.


- Allons allons Groenland, qu'est-ce que tu comptes faire comme ça ? Sortir tes harpons ? ~


Et merde. Il avait deviné. Comment avait-il compris ce qu'elle cherchait ? Alors qu'il n'avait jamais été dans cette maison, encore moins dans cette chambre ? Impossible de le savoir. Le placard de harpon et celui de fringues n'avaient rien pour les différencier. Juste deux armoires en bois massif. Armoires construites des mains toutes aussi massives du suédois. Nan, pas de l'Ikéa. Un cadeau pour sa p'tite sœur. Thalia hésita. Après tout, il était peut-être un peu fou de se jeter sur le grand blond (avec une chaussure noire ?) à coup d'armes. Sauf que. Elle soutint son regard avec froideur, espérant avoir assez de temps de "manœuvre" comme il le disait. Temps de manœuvre pour ouvrir le placard, se saisit de l'arme, bander ses muscles, sauter. Gestes automatiques. En espérant que tout soit aussi facile que prévu -ce dont elle doutait fortement- elle se prépara à l'attaque.

Elle resserra sa prise sur la poignée de la porte, prit une profonde respiration, et dans la tension du moment, ouvrit la porte rapidement. Quelle surprise eut-elle.... Le russe, d'ailleurs, devrait sûrement être surpris lui aussi. Dans un incroyable bruit de remue-ménage, tout un immense bordel tomba sur Thalia. Tel une avalanche qui se déverse sur un petit refuge perdu dans la montagne. Étoile des neigeuuuuhhhh... Plus ou moins. Une pile de robes en satin glissèrent en un petit tas de tissu sur le sol. Elles étaient d'ordinaire réservées pour des galas mondiaux. Galas que Thalia séchait avec délectation. A quoi servait ces fêtes ? Rencontrer des gens qu'elle ne voyait jamais, souriant avec maladresse, engoncée dans une robe trop prêt du corps ? Très peu pour elle. Un quart de seconde plus tard, les harnais des chiens tombèrent dans un bruit métallique de mousquetons et de sangles. La gamelle métallique qu'elle utilisait pour puiser les croquettes des dits-chiens dans l'immense sac tomba sur son crâne et repartit dans un coin de la chambre dans une insupportable cacophonie lorsqu'elle heurta le plateau du petit déjeuner. Pendant ce temps une paire d'escarpins à talons suivis de sous-vêtements tombèrent droit sur la jeune femme, qui, dans sa surprise, tomba à terre cependant que le bruit de verre cassé émit son dernier tintement. Plateau de petit déjeuner par terre, pas très loin de Thalia, éclats de verres dans une partie de la pièce, marre de café au pied du lit et sur la couette. Elle sentit qu'un éclat de verre avait coupé sa main. Pas grand chose, certes, mais suffisant pour la faire jurer.

-Lort..... Saloperie d'armoire....

La jeune femme se rassit, enleva d'un geste fébrile la guêpière en dentelle bleue marine dont la bretelle s'était prise dans son épaule à demi-nue. Elle eut l'envie de pleurer, cependant que le bordel dans sa chambre se transformait en silence tendu. Elle massa sa tête à l'endroit où la gamelle en fer l'avait heurté. Ça faisait mal, ces trucs là. Elle en oublia complètement le russe, triste à dire, la main en sang, au milieu de la demi-tonne de trucs inutiles. Elle observa la dernière chaussette solitaire tomber de l'étagère vide. Vide comme son regard. Vide comme son cerveau tout à coup, comme si le bruit de la gamelle, de la tasse, de la bouteille de jus d'orange et des paires de chaussures avait tout supprimé. Dans un coin, une grosse boîte pleine de bijoux qu'elle avait fait (des trophées de chasse, principalement) étaient tombés à terre, en une grosse masse emmêlée de perles. De même, une grande boite remplie de photographies venaient de s'étaler sur le sol. Des photos d'elle, de ses frères, de chez elle. Ses souvenirs étalés au sol comme l'étaient les fringues et la mare de café. Elle mit un certain temps avant de serrer des dents. Elle était là, assise sur le sol, physiquement moins avantagée, à la merci du russe. Dan n'allait pas revenir. Il fallait qu'elle gère, comme elle disait si bien. Cependant, elle avait la brève impression que tout était foutu. Elle était morte. C'était à ce moment là que son caractère s'insurgea dans ses pensées. Même si elle était au milieu de ses souvenirs et des choses dont elle ne voulait plus entendre parler, elle restait le Groenland. Une viking croisée inuit dont la hargne et la fierté avait fait le tout du monde (ou au moins du Conseil International). Elle se contenta de tourner doucement la tête vers le russe, essayant de soutenir son regard avec le même aplomb. Regard qui voulait clairement dire "viens, je t'attends. Mais ne t'attends pas à ce que je te tombe dans les bras".

Le petit chaperon rouge pouvait tenter d'avoir la peau du loup si il le voulait. Seulement, petite infortune, au lieu de la bombe lacrymogène et de la dague se trouvaient une écharpe pour sa grand mère et un morceau de pain volé à l'occasion, cela allait être nettement plus compliqué. Mais qui avait dit que le petit chaperon rouge était peureux. Peut-être pouvait-il étrangler le loup avec l'écharpe avant qu'il n'ait eu le temps d'abuser d'elle....
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miss-friskies.deviantart.com/
Fonda




MessageSujet: Re: дама с собагкой [Groenland]   Ven 25 Fév - 9:40

    C'était amusant comme, certaines fois, la vie pouvait se retourner d'un coup, d'un seul. Comme lorsque la télévision changeait de chaîne, lorsque la radio changeait de canal. D'un coup les sons changeaient brusquement, sans appel. Du Lac des Cygnes on tombait sur Requiem for a Dream. De Saw on arrivait à Peter Pan. C'était totalement aléatoire. Ce qui auparavant était un objet de terreur se transformait en une machine réconfortante, amusante. Il y avait dans le quotidien des instants, des moments où ce changement soudain pouvait se faire. De l'ours le plus brutal vous n'aurez plus peur, car il vient de glisser sur sa réserve de miel. Vous n'avez plus à craindre le grand méchant loup, il est tombé dans un rosier et s'est emmêlé dans les branches. Et si le Petit Chaperon Rouge tombait devant le Loup en allant porter sa galette à la mère grand ? Et si le loup ne désirait pas la galette mais bien la pauvre enfant au sourire niais ? Et si, plus encore, ce n'était pas elle qu'il voulait mais bien cette candeur, cette innocence qu'elle avait au fond d'elle ? Et si la galette et le pot de beurre n'était qu'un prétexte ? Et si le Loup, a la fin, regrettait d'avoir mangé le Petit Chaperon Rouge ? Et s'il la recrachait par la suite pour aller l'épouser avec de la vodka en tant que cadeau de mariage ? Le loup n'était peut-être pas si méchant. Peut-être était-il juste seul. Peut-être enviait-il juste le Petit Chaperon Rouge et sa mère grand, et son Chaperon. Peut-être aurait-il bien aimé, lui aussi, avoir un Chaperon Rouge et porter des galettes et des petits pots de beurre à sa grand mère. Peut-être le loup aurait-il bien aimé être le Petit Chaperon Rouge, rien que pour un jour, pour voir. Peut-être aurait-il bien voulu échanger avec elle, pour voir ce que ça faisait, même s'il fallait qu'il se fasse manger à la fin. Car tous les loups changent avec les années. Ils deviennent sentimentaux. Ils se font arnaquer. Parce qu'ils ont tenté d'usurper la place de la mère grand, et que lorsqu'ils se sont retrouvé face au petit Chaperon Rouge, la faim les a forcé à la manger. Peut-être aussi que s'ils avaient bu un grand verre de jus d'orange, du bon lait et avaient mangé deux bonnes tartines de nutella, ils n'en seraient pas là.

    Clic

    Il suffisait d'une seule chose pour faire basculer la plus ferme conviction en risible plaisanterie. Le maître de jeu pouvait se retrouver pris dans son propre piège, à n'en pouvoir sortir. Il se débattait tandis qu'autour de lui le grésillement du jeu retentissait à ses oreilles. Tout ça, rien qu'avec un unique geste, un seul faux mouvement. Son monde entier pouvait s'écrouler. C'est-à-dire ? Il pouvait perdre toutes ses bouteilles. Pour la simple et unique raison qu'il les aurait toutes assemblées au même endroit. Erreur fatale. Groenland s'était mise dans cette situation. Elle ne dominait pas vraiment le jeu, non, mais il se passait sur son terrain. Seulement, une erreur de calcul. Russie vit sa main se refermer sur la poignée, il vit la porte qui s'ouvrait... en se disant qu'elle allait le sortir, son harpon, que ça allait être intéressant. Quelle ne fut pas sa surprise quand il vit tomber sur la groenlandaise tout un amas de vêtements "féminins" -à croire qu'elle portait ce genre de choses, parfois ? Le petit Chaperon Rouge mettrait donc des portes-jarretelles?- ainsi que des harnais ; une gamelle s'échappa du placard en rebondissant sur la tête de la jeune femme pour partir dans un coin de la pièce en faisant un boucan pire que des Allemands le jour de la fête des pères. Trop occupé à suivre des yeux la gamelle pour voir jusqu'où elle fuirait de cette façon, il ne vit par la belle chute de Groenland, et c'est donc avec surprise qu'il la regarda au sol, appelé par un beau juron qu'elle avait apparemment en réserve. La jeune demoiselle n’était pas si féminine que ça. Elle ne l’avait jamais réellement été –Vanya ne se souvenait pas l’avoir vue une seule fois dans une robe, jupe, ou tout autre vêtement féminin, d’où sa surprise en voyant tomber ce type d’habits de son armoire, mais peut-être que ça appartenait au grand frère danois– et il doutait qu’elle veuille l’être, mais bon, au fond, ça ne changeait rien. Cela faisait, quoi, la deuxième fois qu’il l’entendait jurer en moins de cinq minutes ? Cette fille était un vrai charretier.

    -Lort..... Saloperie d'armoire....

    Il la vit se rasseoir, se débarrasser de la guêpière, en silence. Ah, le Petit Chaperon Rouge porte des guêpières. Le Petit Chaperon Rouge n'est pas aussi candide qu'il en a l'air. Il la vit se masser la tête. Vu ce qu'elle s'était pris, ce n'était pas très étonnant. Son regard dériva sur la main en sang de la jeune femme. Ce n'était même pas amusant. Elle arrivait à se blesser seule, toute seule, sans son aide. Ce n'était pas du jeu. A quoi ça rimait, hein, si le Chaperon se blessait tout seul ? A rien, voilà. Il revint à observer son visage, ses expressions. Elle semblait totalement abattue. Puis pour il ne savait quelle raison, elle releva la tête, le défia quasiment, limite à l'appeler pour qu'il vienne la charcuter encore plus qu'elle ne l'était. Elle avait un air déterminé. Et était dans une situation bien pitoyable. Etonnant, tout de même. Pas de harpon dans ce placard. Russie aurait pourtant mis sa main à couper que c'était ce qu'elle voulait. OU ALORS. Ou alors, elle ne voulait pas prendre son harpon, en fait. Grande évidence pour le Russe.

    -Alors t'avais prévu de t'enfermer dans le placard ? Il ne veut pas de toi apparemment ~

    Il s'avança vers elle, au milieu du désordre, ignorant le café et le jus d'orange renversé, marchant sur les débris de verre -de toute façon il avait des chaussures et il allait sans doute bientôt les changer parce qu'elles commençaient à dater- et évitant de marcher sur les robes en satin. C'est que ça glisse, ce truc. Ca ne serait pas très malin qu'il se retrouve le cul par terre juste devant Groenland. Nan, il fallait faire attention. il était en position de "supériorité", là. Alors, au milieu du bazar incommensurable qui faisait quasiment penser à la caverne d'Ali Baba, il se fraya un chemin jusqu'à la jeune Nordique, ce qui équivalait, oui, à marcher droit, et juste faire de plus grandes enjambées pour éviter les robes et autres trucs de filles qui pourraient, éventuellement, le faire tomber. Ce, jusqu'à ce qu'il se retrouve quasiment face à la jeune femme. Quasiment, parce qu'il était debout. Vu qu'elle était assise, elle devait lui arriver... à la cuisse ? Oui, au genou ce serait abuser, elle n'est quand même pas aussi petite... si ? Il resta là un instant, à la fixer de haut, plongeant les yeux dans les siens. Et une question stupide se forma dans son esprit ; pourquoi Diable n'avait-elle donc pas les yeux bleus, comme tous ses frangins ? La question pouvait aussi se poser pour ses cheveux, ceci dit. Pourquoi ne les avait-elle pas blonds ? Il s'interrogea tandis qu'il entortillait son doigt dans l'une de ses looooongues mèches brunes, songeur. Etait-ce amusant, de blesser le Petit Chaperon Rouge alors qu'elle était déjà au sol ? Il regarda à nouveau dans ses yeux, et la réponse lui apparut clairement. Oui. Tant qu'elle n'aurait pas abandonné, oui. Puis, il y avait des trucs bizarres dans son armoire. Comment ne pas la charrier avec ça ? Il y avait matière à le faire, alors il le fallait. Il fallait jouer. Alors il continuait de la fixer, dans les yeux, glissant la main avec laquelle il tenait sa mèche sous son menton pour la forcer à lever la tête plus encore vers lui. Allez vas-y, joue. Joue-moi une jolie chanson, sur laquelle on pourra danser. Allez, viens, je vais t'emmener moi, je vais t'emmener au Pays des Merveilles. Mais ce sera mon Pays des Merveilles. Le tien se trouve ailleurs, ma petite Alice au Chaperon Rouge.

    - Alors, que pourrait-on bien faire pendant ces cinq minutes, mh?

    Le Loup ne te demandera pas toujours ton avis. Même lorsqu'il le fait, il ne le fait pas. En fait, il s'agissait plus de paroles pour combler le silence que pour demander une quelconque opinion. Le Loup ne peut pas faire deux choses en même temps, après tout. Il ne peut pas surveiller à la fois les moutons, le berger et le chien de troupeau -ou le cochon, ça dépendait des cas- et si, en plus, il y a deux chiens, c'est bon, là il ne dépend de rien. Mais, pensez-vous qu'il se découragera ? Nooon, il prendra bien gentiment sa faim avant sa prudence et se carapatera pour échapper aux coups de fusils et aux morsures pour emmener sa proie loiiiin. Avec un peu de chance, il aurait à manger pour le mois. Tout ça pour dire qu'il posait les questions mais n'écoutait que d'une oreille distraite les réponses que la Nordique pouvait lui donner. Un peu comme les publicitaires. "Mais ouiii, notre produit est le meilleur monsieur" "mais je vous demande juste à combien il est" "il est merveilleux, ne vous en faites donc pas, et très fiable" Voyez le problème ? Cause toujours, tu m'intéresses. On dirait une démocratie. Beeeeeh.

_________________
<img src="http://i20.servimg.com/u/f20/12/90/57/81/0066-110.png">
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://bokuhetalia.tonempire.net
Groenland
Kalaallit Nunaat
avatar


MessageSujet: Re: дама с собагкой [Groenland]   Ven 25 Fév - 13:03

Ah ça. Le regard nordique. Elle l'avait. Mais ce n'était juste pas la même couleur. Au lieu des nuances bleues des autres nordiques, ses yeux étaient d'un banal marron. De même. Ses cheveux, au lieu de dégouliner dans son dos telle une rivière d'or liquide, se contentaient de former une masse épaisse de mèches d'un brun terne qui rebiquaient selon leur bon vouloir. Simple question de génétique. Le type de l'inuit groenlandais avait la singulière particularité d'être mat de peau, aux cheveux et yeux noirs. Pas très très grand, mais avec une certaine facilité à être râblé et plutôt musclé. Pas beaucoup d'obèses chez eux. Ensuite, le type nordique. Le nordique du "Sud" était grand, et mince. Il avait les cheveux et les yeux clairs. Il était pâle. Thalia n'avait gardé que le teint pâle, et chose curieuse, au lieu d'avoir du jais brillant en guise de crinière, elle avait une vague masse brune et emmêlée. Les joies de la génétique me direz-vous.

Elle continua d'observer le russe, le défiant du regard. Certes, elle était clairement en position d'infériorité, tant dans la force que la posture. Mais bon. Alice avait bien vaincu la Reine de Cœur. Certes, la nordique n'avait ni d'épée, ni d'armure (elle était même limite à poil, et commençait à frissonner juste en débardeur fin) mais elle avait au moins le mental. Et si elle elle n'avait aucun Alice dans ses prénoms, au moins, elle avait l'avantage d'âtre plus grande qu'elle. Plus âgée, plutôt..... Parce qu'en taille, la nordique, elle se faisait limite charrier par Sealand. Thalia Nivi Svenn. On savait à présent que ses parents avaient le sens de l'humour trèèèèès développé. Thalie, muse de la Comédie. Clair que la nordique était pas la plus marrante. Sûr qu'entre la demoiselle en train de lire un épais volume en restant calme et la grande armoire à glace qui chantait l'international dans son plus simple appareil au milieu du centre commercial.... Nivi voulait dire "la jeune fille" en groenlandais. Connaissant Thalia, dont la féminité n'était des plus accomplie, c'était une grande vanne entière. Et Svenn, en norrois, le jeune homme. Que de contradictions

-Alors t'avais prévu de t'enfermer dans le placard ? Il ne veut pas de toi apparemment ~

Ahah. Très drôle. Très spirituel, la blague pourrie. L'humour russe, c'était encore pire que la vodka. Un espèce de grand truc de malade qui cramait tout.... Comme son propriétaire. Dans le cas de la vodka, c'était la gorge, dans celui de l'humour, c'étaient les nerfs, qui brûlaient. Et dans le cas du bonhomme ? Ahahahah.... La maison ? Pas question qu'il crame sa chambre. Quoique. Après avoir vu la demie-tonne de tas de satin et autres dentelles, il pouvait bien tout bruler. Elle se sentait étonnamment vide. Comme si toute sa préparation mentale venait de s'envoler avec douceur vers d'autres horizons. Merveilleux. Gé-ni-al. Elle était morte. Ou presque. Son regard resta le même. Elle passait en revue ce qui était tombé, essayant de se concentrer sur la jolie voix doucereuse, limite agréable, de l'homme. Elle en aurait vomi, de cette immonde prose sucrée, de ces phrases sans sens, de cette espèce de toile d'araignée qui se filait doucement autour d'elle. Comme un doux piège qui allait tranquillement se refermer sur sa jambe, sur son pied nu.

Il s'avança, doucement, faisant de grandes enjambées pour éviter le tas de fringues. C'était dommage. Avec un peu de chance il se serait pris les pieds dans un soutien-gorge qui traînait et se serait cassé la gueule. Il aurait pu se louper et se faire crever un oeil par un éclat de verre. Comme Polyphème, le cyclope. A cet instant, elle souhaita l'être, Personne. Elle souhaita disparaître en moins de temps qu'il ne lui fallait pour exploser la boîte crânienne d'une bestiole. Ou peut-être qu'il allait tomber en glissant sur un wienerbrod. Et s'étouffer parce que son écharpe se serait prise dans la poignée de la porte. Ou alors, il se pencherait pour examiner le porte-jarretelles (mais qui avait eu l'idée de lui payer un truc pareil !) et, sans le faire exprès, se retrouverais en contact avec le café. Et comme il y était allergique, (non sans blague, elle ne l'avait jamais vu boire de café) il avait une gigantesque poussée d'urticaire. Et hop. Débarrassée. C'était beau de rêver.

Donc, il s'avançait, doucement, tandis que la sentence de mort pesait de plus en plus sur ses frêles épaules. Il arriva juste devant elle, l'air..... Incroyablement serein. Il se pencha, saisit une mèche ses cheveux. Geste automatique, elle grogna. C'était pour elle une sorte d'étrange réflexe, cette manie de gronder, ce bruit sinistre qui sortait de ses lèvres. Mais il n'avait pas l'air d'entendre ce bruit bourdonnant, sourd qui lui hurlait de déguerpir, de lâcher la mèche de cheveux qu'il avait entortillé tout autour de sa main. Il se rapprocha encore un peu plus, tandis que le grondement qui sortait de sa gorge montait en volume. Il saisit son menton, ce qui la força à le regarder de plus prêt. Même la Reine de Cœur n'était pas aussi malsaine.

- Alors, que pourrait-on bien faire pendant ces cinq minutes, mh?

Qu'avait-elle à répondre à ça ? Oh ben cool, maintenant tu peux me tuer. Vas-y, y'a du matos dans l'armoire à ta droite. Pour tueur les phoques, mais tu peux avec moi, pas de problème. Elle se sentait de plus en plus mal, tandis que le grognement se perdait dans sa gorge. Elle montrait limite les dents, surprise par le contact soudain de sa main et de son menton. Pour elle, impossible de le nier, c'était un énième moyen de la rabaisser. Regarde moi dans les yeux, petite, c'est vilain ce que tu as fait. Crétin. C'était stupide de se comporter ainsi, même si en l'occurrence, les coups de Russie lui feraient plus mal que les siens. Il avait des chaussures, un manteau épais. Elle n'avait pas grand chose sur elle. Peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse. Bah l'ivresse d'un bon coup de tuyau sur la tronche, c'était pas le genre de trip que la demoiselle aimait se taper. Et puis bon, quitte à se battre, autant que ça soit pour une raison claire et nette. Si elle était Alice, alors elle battrait la reine de Cœur. A coup de guêpière si il le fallait. Bon d'accord, pas à coup de guêpière. Fallait pas déconner non plus. La demoiselle le repoussa, à deux main, laissant une artistique tache de sang sur son manteau. Son ton se fit d'une froideur exceptionnelle, tranchant et péremptoire. Impossible de faire plus clair.


-Enlevez vos sales pattes de moi.


Elle se leva avec une certaine précipitation, dents serrées. Elle venait de se rappeler des éclats de verre. Dans le pied, ça fait très très très mal. Et elle ne portait même pas de chaussettes. Grumph. Bobo. Elle resta figée, un léger rictus aux lèvres. Elle se doutait bien qu'il allait en profiter, l'autre enflure. Ah dieux. Elle recula encore, boitillant doucement, cherchant une issue quelconque. Elle ne fut stoppée que par le mur qui collait son dos. A sa droite, il n'y avait que le bureau, rien de dangereux à portée de main. A sa droite, une pile de harnais pour chiens et de robes de soirée. Elle était dans la mouise. Sacrement, même. Face au géant, elle commençait tout juste à perdre de son assurance passée. Plus d'idées, il allait falloir improviser. Elle toucha la griffe d'ours sur son ventre. Non. Elle n'allait pas se laisser faire par un gros lourd buveur de vodka. Le Petit Chaperon Rouge, p't'être qu'il n'apportait pas des galettes à sa mère-grand. P't'être qu'elle en avait marre de la mère grand et avait truffé le petit pot de beurre de ciguë. Et que la galette était fourré à l'ellébore. Le regard de Thalia se ralluma, se remplit d'une certaine dose de témérité. Être téméraire, c'est un peu être stupide, aussi. La demoiselle, en effet, venait de jeter toutes ses craintes ailleurs. Pas grave ! On fera avec. Improvisation, maestro.....

Le Grand Méchant Loup a un accent. Il roule les r et parle de vodka. Petit Chaperon Rouge, fais attention à toi. Ta témérité ne servira peut-être pas à grand chose lorsqu'il s'amusera à fondre sur toi, pitoyable jouet dans ses pattes. Et, à l'aube, on entend ta voix qui se meurt. Fin de l'histoire originelle. Histoire groenlandaise réécrite, maintenant. Le Petit Chaperon Rouge se lève, regarde le loup. Fais donc ce dont tu as envie, vil prédateur sans cervelle. Mais je n'abandonnerais jamais, tu m'entends ? Elle le regarde, malgré la douleur, et dans un courage stupide, attend qu'il lance l'offensive. Va-t-elle mourir ? Va-t-elle survivre ? Peu importe. Le tout, c'est de l'espoir. L'espoir, lui, ne sera jamais occis.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miss-friskies.deviantart.com/
Fonda




MessageSujet: Re: дама с собагкой [Groenland]   Sam 26 Fév - 14:15

    Chtt. Le Loup avait un accent. Le Loup buvait de la vodka. Le Loup était blanc, mais il y avait une chose que le Loup n'était pas : indigne. Le Loup ne se cachait pas dans la forêt pour attraper le Petit Chaperon Rouge et le dévorer, il venait à sa rencontre. Il usait de ruse plus que de force. Seulement, à force de ruse, la force devenait le seul moyen de conclure l'histoire. C'est pour cette raison, et cette unique raison, que tout le monde craint le Loup. Il séduisait les petites filles pour le dévorer. Il accuse l'agneau pour pouvoir l'emporter, et de ceux qui trop téméraires se montrent, il n'hésite pas à leur rendre compte. Le Loup ne ment pas : il se lasse des racontars et finit par y croire ; se pliant à la règle du jeu il se dépêche d'en finir, avant qu'il ne soit trop tard. Le Loup n'est pas monstre, le Loup protège sa famille, si famille il a. Le Loup peut prendre différentes formes, mais il ne tombe jamais. Même alors que le berger, le bucheron, l'abat, il se relève dans un autre conte, dans une autre histoire, et repart terroriser le monde. Le Petit Chaperon Rouge n'y changerait rien. Les rêves survivent à ceux qui les ont engendrés. Elle pourrait toujours espérer, dans le ventre du loup, mais son chaperon n'était pas un alliage en titane indestructible. Son chaperon représentait l'amour que sa mère lui portait. Si elle était sage, elle aurait rebroussé chemin et se serait réfugié chez sa mère, en abandonnant son petit pot de beurre et sa galette. Peut-être le Petit Chaperon Rouge n'était-elle pas si sage, après tout ? Peut-être qu'elle voulait, aussi, se laisser séduire par le Loup ? Certes, Alice avait vaincu la Dame de Cœur, mais ce n'était pas la Dame de Cœur qui l'avait conviée à se rendre dans le Pays des Merveilles. En enfant innocente elle y était tombée. Enfant grandie elle en était ressortie. Était-elle donc devenue folle, cette pauvre petite Alice ? De beaucoup, personne ne l'avait cru lorsqu'elle raconta ce lapin en retard, ces cartes à jouer soldats. Et si Alice avait trouvé un Chaperon Rouge dans le Pays des Merveilles ? Et si elle l'avait enfilé ? Le Loup, l'aurait-il reconnue ? Se serait-il approché d'elle, attiré par ce Chaperon si doux qu'il convoitait ?

    Alice, serait-elle devenue la petite fille à la galette et au pot de beurre ?

    Chaque personne possédait au fond de lui une couleur. La Dame de Cœur, était cruellement rouge. Le Loup, lui, possédait un cœur noir. De quel couleur était Alice ? Le Petit Chaperon Rouge ? Bleu, comme la liberté ? Blanc, comme l'innocence ? Tout ce qui était blanc n'était pas innocent. Candide, peut-être. Ce qui est candide peut blesser, bien pirement que le plus sombre des personnages, car le Candide ignore le Mal. Le Candide ignore le mensonge, il ne fait que faire à sa guise, ignorant même qu'il y a certaines choses qu'il faut cacher. Le Petit Chaperon Rouge était blanc. Le Petit Chaperon Rouge se présentait au Loup sans chercher à lui échapper. Le Petit Chaperon Rouge, malgré les mises en garde de sa mère, ignore encore qu'elle doit éviter le Loup. Le Loup aurait très bien pu l'appâter avec un gâteau au chocolat, et l'emmener loin dans la forêt noire. Ou mieux, il aurait carrément pu l'appâter directement avec un Forêt Noire et ensuite l'y amener ~ Le Grand Méchant Loup n'était pas le méchant de l'histoire, il était dominé par les auteurs qui le décrivaient comme tel, et il s'y conformait, c'était tout. Il n'était que "représentation". Ironiquement, c'était lui qui cherchait à être loup. Ironiquement, le loup se faisait toujours piéger maintenant. Le revers de sa situation passée ? Il n'arrivait jamais à avoir ses cookies crisps. Les temps se faisaient durs. Auparavant, lui, arrivait à sortir de leur demeure les jeunes filles au chaperon rouge, à la tête pleine de rêves. Regardez-le à présent, même plus capable d'attraper des céréales. Mais peut-être qu'il le faisait exprès, peut-être qu'il ne les aimait pas, en fait, ces céréales. A son âge le matin, on boit du thé. On sort le samovar. On hésite à sortir le pain, de peur de s'y casser les dents. Voyez un peu ce qu'il est devenu, le Grand Méchant Loup. Bientôt il disparaitrait, pour laisser place à un autre "Méchant" qui prendrait la relève. Quelqu'un en qui chacun avait confiance, une personne que tout le monde suivait sans prêter garde. Il y avait un autre séducteur sur le terrain du Loup, à présent. Tapi dans les fougères il attendait, une crise économique pendant de ses longs doigts.

    "Qu'y a-t-il ? Vous grondez, ce me semble, un petit ~" Il observait le visage de la jeune fille tandis qu'il entendait, en même temps, son habituel grognement s'élever. "Hom! chienne!" A force de vivre avec ses bêtes elle en avait oublié la civilité. Sale gamine imprudente. Montre-moi donc tes crocs, que nous débattions de ton âge, de ta condition physique, de ton prix. Car tu as un prix, n'est-ce pas, bête trop indocile ? Allons, tu as un maître, ou plutôt, ton maître t'as. Un maître danois, avec des poings, une hache et de l'honneur. Mais toi ? Toi, avec tes harpons, qu'as-tu ? Qu'es-tu ? Une colonie, totalement dépendante du Danemark. Sans lui, il le savait, elle n'était rien. Elle ne pouvait rien faire. Il avait eu ouïe-dire qu'elle demandait son indépendance à son frère, depuis un moment déjà. Elle se retrouverait bien seule, pauvre petite. Bien seule, non loin de l'Américain trop prétentieux qui se hâterait de lui "demander gentiment" de lui appartenir. Il s'auto-proclamerait comme son héros, allez savoir si elle pourrait même garder son nom. Allons, il valait bien mieux devenir russe. Mais, quoi, l'époque soviétique était révolue, il avait perdu la guerre froide, et ce n'était pas ça qui allait arranger les choses. D'ailleurs, elle le repoussait à deux mains.

    -Enlevez vos sales pattes de moi.

    Il baissa les yeux vers l'endroit qu'elle avait touché. Une belle trainée de sang agrémentait son manteau à présent. Cette couleur rouge, qu'il connaissait si bien. Non, pas celle de la sauce tomate. En Russie, la tomate n'est pas un végétal fréquent, il n'est donc pas souvent utilisé, voire jamais. Il fait bien trop froid pour en faire pousser, c'était l'inconvénient des hivers russes. Il aurait pu planter autant de plants qu'il voulaient, ils seraient tous morts (congelés, comme les poissons de chez Picard ~) avant même d'avoir pu faire voir ne serait-ce qu'une tomate. Rataient-ils quelque chose ? C'était une question de culture. On ne peut pas regretter quelque chose que l'on ne connait pas. C'était un peu comme si on parlait de manteaux russes à un égyptien, un manteau pour affronter les grands froids. L'égyptien, il s'en fout. A quoi ça pourrait bien lui servir d'avoir un manteau chaud dans un pays où il fait quarante degrés Celsius toute l'année ? En parlant de manteau, d'ailleurs, Russie gardait les yeux rivés sur la tâche de sang qui venait colorer le sien. Il poussa un soupir en passant sa main dessus, laissant le sang venir pigmenter ses doigts.

    - Ha la la, c'est malin tiens, il va falloir le laver maintenant ~

    Il la vit se relever précipitamment, redressa la tête pour suivre son mouvement. Elle serrait les dents, commença à reculer. Il fronça légèrement les sourcils. Elle venait de boiter là, non ? Coup d'œil sur son pied. Le Petit Chaperon Rouge n'avait apparemment pas besoin du Loup pour se blesser. Elle y arrivait très bien toute seule. Et là, elle continuait de reculer, jusqu'à arriver au mur. Elle ne pouvait pas rentrer dans le mur, du moins Ivan ne pensait pas qu'elle était capable de le faire. Il la vit toucher son pendentif, et une étincelle se rallumer dans ses yeux tandis qu'elle le regardait, fière. Il ne voyait pas l'intérêt qu'elle pouvait avoir à le défier ainsi. La fierté, l'honneur, quelles valeurs absurdes. Il sourit, pour lui-même en même temps que pour elle. Il était bien mal placé pour dire quoi que ce soit, lui, la Nation qui avait combattu contre les Etats-Unis pendant plus d'un demi-siècle alors même qu'il n'avait pas les moyens financiers pour pouvoir se permettre de le faire. Seulement, les chiffres étaient si faciles à modifier. C'était tellement simple. Pour lutter, il suffisait de faire croire à l'autre qu'on avait la possibilité de le faire. Mentir ? Non, cacher. Ce n'était que de la cachotterie. Et des détournements. Beaucoup, beaucoup de double-sens. Il n'était pas question de mentir mais de détourner la vérité. La vérité n'était pas mineure, ce n'était donc pas illégal.

    Ivan laissa son regard glisser sur la main de Groenland, qui saignait. Elle était acculée contre le mur, comme une bête. Allons. Je ne t'ai pas encore frappée, petite Alice, pourquoi me fuis-tu donc ? Me crains-tu ? Oui ? Alors pourquoi ces yeux ? Pourquoi cette arrogance ? Pourquoi cette témérité ? Ne peux-tu donc pas baisser les yeux, ne pas m'appeler à venir vers toi alors que tu recules ? Tu es bien contradictoire, ma petite Alice au Chaperon Rouge. Le Pays des Merveilles n'était pas toujours aussi loin que l'on pourrait le penser. Il est dans le cœur de tout et chacun, attendant de pouvoir se montrer aux yeux de tous. Seulement, chacun avait son pays, chacun gardait, au fond de lui, jalousement, ses merveilles. Russie s'avança vers Groenland, souriant. Elle ne pouvait plus reculer, de toute façon. Alors, quoi ? Elle allait l'étouffer avec son écharpe. Laissez-le rire, cinq minutes. Elle n'avait rien. Pouvait-elle seulement tenter la moindre chose contre lui ? Sans doute pas. Il s'approcha rapidement. Arrivé devant elle, il lui saisit vigoureusement son bras endommagé, observant les dégâts. Hm. Un sourire toujours placé sur les lèvres, il prenait bien soin d'appuyer sur la blessure, comme les enfants appuient sur les bleus pour voir s'ils leur font mal. Sauf que lui, jouait avec la douleur de la jeune fille, pas la sienne.

    - Idiote. Tu n'as aucun intérêt si tu te blesses toute seule.

    Quant à savoir où se situait l'intérêt, ça... C'était déjà d'un autre opéra.

_________________
<img src="http://i20.servimg.com/u/f20/12/90/57/81/0066-110.png">
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://bokuhetalia.tonempire.net
Groenland
Kalaallit Nunaat
avatar


MessageSujet: Re: дама с собагкой [Groenland]   Mer 2 Mar - 11:04

Il y avait tant de raisons de vouloir être ailleurs. Tant de raisons pour la nordique de cependant résister. La mort n'était pas une solution valable. Thalia, malgré le mauvais caractère persistant dont elle faisait preuve, avait le mérite de s'accrocher à la vie comme on s'accroche à de nombreuses choses. Elle était le meneuse d'un pays, probablement un dont le pétrole était le plus conservé. Mais elle allait le garder ce pétrole, et l'utiliser à bonne escient, dans le but certain qu'acquérir la fameuse indépendance. Être un pays, une réelle nation, être respectée et ne pas être la dernière des colonies danoises, le petit chien danois qu'il se trimballait pour ne pas tuer les quelques 50000 inuits qui vivaient en ce méconnu pays. Tueuse de phoques ! Certes, mais au moins, elle avait la fierté d'être dans un pays à l'écosystème existant, aux paysages dignes d'un conte, aux couchers de soleils tangibles, sous des icebergs à la beauté merveilleuse. Et les aurores boréales ! Les lumières du Nord illuminaient chaque hiver les grandes plaines groenlandaises, sous le sourire compréhensible , de Thalia. Elle les aimait, ses aurores boréales, qui, dans les nuits froides et sombres du jour polaire, nimbaient d'une douce lumière verte la cathédrale en bois rouge de Nuuk, qui donnaient à sa petite maison un étrange éclat. Malgré l'obscurité qui tombait trois mois par ans dans le Sud de l'île, les gens restaient chaleureux, s'invitaient, profitaient d'un hiver au cœur de l'inlandsis. Cette chaleur, Thalia l'avait, et la gardait pour les gens de son peuple, ainsi que pour ses amis. Amis dont le ruskov ne faisait pas parti. La Canada, ainsi que les autres nordiques, avaient le droit de toucher à la bonté naturelle, à la gentillesse bienveillante, cachée au font de son cœur, de la demoiselle d'apparence froide.

- Ha la la, c'est malin tiens, il va falloir le laver maintenant ~

Comme si ça allait le déranger, lui, le soviétique, d'avoir du sang sur sa veste. Comme si ça allait le déranger qu'il soit un poil salit par le sang de sa future victime. Ah, quelle immense blague que cet homme dont le sourire avait fait peur a des générations entières d'hommes et de femmes. Thalia ne faisait pas peur aux groenlandais. Ils étaient d'abord un peu méfiants contre cette jeune femme qui paraissait tout juste sortie de l'adolescence, qui affirmait être la personnification du Groenland après la colonisation viking. Puis, lorsqu'ils l'entendirent parler du pays, avec cette espèce de fierté, ils n'eurent plus aucun doute. Groenland était aimée des groenlandais. Russie ? Était-on fier d'être un russe, déjà, pays immense dont la gloire avait terni au fil des décennies. Ecroulé en un mois, l'empire, tués, les tsars. Ah ça. La prostitution des pays slaves. Et puis les massacres de Staline, l'Armée Rouge........... Les goulags. Ah ça, non, le grand russe ne tuait pas les choupis petits phoques, il n'était pas un subordonné quelconque d'un grand pays crétin. Mais la culture russe n'était pas toute belle.... Au moins, les inuits n'avaient jamais monté les uns contre les autres, s'étaient serrés les coudes. Même les vikings, hommes qui avaient pourtant l'air de pilleurs, vivaient en harmonie avec eux. l'harmonie russe, ah. Quelle immense blague teintée du goût et de la couleur du sang. Thalia avait assez vu le finlandais et son sourire crispé lorsqu'il parlait de sa domination russe, lorsque les suédois n'étaient pas venus à l'aide. Certes, cette discussion avait pris le pas sur des disputes trèèèès longues, mais Thalia était suffisamment grande pour comprendre que le russe était un homme mauvais, néfaste.

La fierté de Thalia pour son pays se transforma en une sorte de colère, de fureur agressive. Cette homme était un monstre. Elle n'allait pas le laisser, lui et son sourire enfantin, pourrir sans préavis le peu de santé physique qu'elle possédait. Elle était bornée, si bornée...

- Idiote. Tu n'as aucun intérêt si tu te blesses toute seule.

L'intérêt.. Ben voyons, quel intérêt lui portait-il, mis à part d'intérêt d'être une créature vivante, qui saignait et avait mal, qui pouvait être tuée dans les souffrances les plus ignobles. La nordique gronda une nouvelle fois, laissant l'étrange bourdonnement qui sortait de sa gorge se libérer peu à peu. Mais elle était, à vrai dire, non pas tétanisée par la peur, mais par la colère. Il la prenait pour un jouet, un objet médiocre qu'on laisse après l'avoir brisé. Une ennemie ? Un adversaire ? Même pas. Juste quelque chose qui passe le temps avant d'aller s'occuper de choses plus importantes. Il la sous-estimait. Il s'avançait, toujours avec ce sourire de psychopathe, et prit doucement la main de la jeune femme dans la sienne. Pendant un instant, elle se demanda ce qu'il allait faire, si il allait la lui couper, la briser cette main. Peu importait pour lui les souffrances courtes. La longueur et l'attente, le soupir et les pleurs, il se plaisait dans le plus grand malheur, comme les insectes se plaisaient dans la pourriture la plus infâme. Dans ce cas, la pourriture, c'était la misère, la peur, le sang. Il pressa la blessure. Quelques gouttes de sang allèrent s'écraser sur le parquet. Automatiquement, elle serra des dents. Certes, la douleur était là, mais pourtant pas omniprésente. Curieusement, il se contentait d'une douleur vague, facile à éliminer de son esprit. Pourquoi avait-il choisi de faire ce geste ? Étrange, pour un homme dont le leitmotiv semblait être à présent la mort de la groenlandaise dans es plus atroces douleurs, de faire ce geste qui lui paraissait si anodin. C'était comme se relever après s'être pris le doigt de pied dans un meuble. Ça fait mal, la douleur est ,tel un éclair, fulgurante, mais finissait par devenir tellement vague qu'elle en devenait largement supportable. La nordique montra des dents, sur la défensive. Elle ne pouvait pas bouger. Sa voix siffla, froide et agressive, dans toute la fierté nordique.

-Foutez moi la paix, espèce de monstre.

Elle le prenait pour ceci, pour un monstre de la pire espèce. Certes, elle tuait des phoques, les cuisinait, chassait activement et avait, dans sa jeunesse, été une viking pour le moins reconnue... Mais, comment appelle-t-on cet homme qui sous un masque de sourire, un atroce air enfantin, s'amuse à acculer une jeune femme dans l'espoir d'en tirer tout l'amusement macabre possible qu'il lui réservait ? Comment appelait-on un homme qui se baladait, un tuyau de plomberie à la main, dans le but de briser les os de la moindre personne qui la contredisait. Pour Thalia, cet homme était un monstre humain, une de ces personnes qui, pour le pouvoir, la gloire et le Monde, gardait en son cœur une des noirceurs d'âmes les plus profondes. L'âme, entité à laquelle la nordique croyait, la chose qui faisait d'une personne un être penseur et non une coquille vide. Son âme à elle, elle était étrange, moitié violente, moitié douce, un peu déchirée, réparée à coup de négociations... Mais en fin de compte, les nations avaient elles une âme ? N'étaient elles pas que de simples pions que l'on gardait dans l'espoir de faire un semblant de monde uni par les frontières géographiques ?

Lorsque que le petit Chaperon Rouge montre les dents, prends soin de te cacher, vil loup. Il en existe beaucoup des comme toi, et elle sait de quoi elle parle. Alors que tu joues doucement avec elle, elle te toise, avec fierté, et cherche ton point faible. Le sang coule, rouge sur rouge. La peau blanche, celle que tu as effleuré, est zébrée de traînées de sang. Ce sang te brulera, si tu y touche ? As-tu déjà entendu parler d'Hercule, Grand Méchant Loup ? Du sang des centaures... Mais toi, qui te prend pour Hadès, est-tu une hydre ? Ou juste un des oiseaux du lac Stymphale, tués un à un dans les sombres tréfonds du lac. Tu griffes, tu tues, mais un jour où l'autre, c'est à toi de te faire blesser.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miss-friskies.deviantart.com/
Fonda




MessageSujet: Re: дама с собагкой [Groenland]   Mar 8 Mar - 21:24

    Bouh.
    Il y avait de nombreuses manières possibles pour faire peur à son entourage, proche ou moins proche. Les enfants se cachaient dans les recoins sombres pour sauvagement sauter sur les autres en hurlant un "bouh!" tonitruant. Les adolescents faisaient semblant de rompre avec leur partenaire de couple -à ce stade on peut seulement les appeler partenaires- ou se vêtissaient de tenues les plus effrayantes possibles pour faire bondir de terreur leurs amis mais le pire, ce devait être les vieux, qui cachaient le dentier des autres habitants de la maison de retraite. Allez retrouver un dentier dans une maison de retraite, vous. En plus ça a des jambes ces trucs. Si, si, je vous assure. Ce machin prend ses jambes... pardon, ses dents à son cou, pour s'enfuir à toute vitesse, détaler comme un Italien coursé par un lapin terrifiant à mobylette. Les Ritals savent courir, dans ces moments-là, c'en est touchant à voir. Les Italiens, pour leur faire peur, il suffit de pas grand-chose à vrai dire, tout le monde devait bien être au courant. Les Nordiques, c'était une autre paire de manche. Soit ils n'avaient peur de rien, soit ils étaient terriblement courageux, ce qui, entre nous, était encore bien pire que tout. Brr. Les Vikings étaient connus pour être des sauvages, d'accord, mais de quoi pouvaient-ils bien avoir peur, lesdits sauvages, hm ? Du Grand Méchant Loup ? Allons, ne plaisantons pas, ils se servent de sa peau pour s'en faire des couvertures et des tuniques chaudes pour l'hiver. Auraient-ils peur que le ciel leur tombe sur la tête ? Que la glace fonde ? La glace, quelle horreur. Elle était quasiment similaire à la neige, embrigadant entre ses filets les pauvres bestiaux qui venaient s'y perdre. Da, da, da, ich liebe dich du liebst mich nicht ~ La glace, c'était un peu ça. Suffit de voir le Titanic. Il a tenté de s'accoupler avec un iceberg, et son unique résultat a été de couler à pic. Il était bien beau, l'Insubmersible! Kol kol kol ~
    Russie avait sa propre manière d'effrayer ceux qui l'entouraient. Par sa simple présence il était à la fois une gêne, un fardeau et un cauchemar. Cauchemar des nuits froides de décembre, que lui-même haïssait du plus profond de ses entrailles. Monstre à ses heures perdues, il n'en était pas moins une Nation. Il avait des sentiments, de temps à autres, lorsque l'envie lui prenait. Il avait juste tellement de choses à reprocher au monde, ce petit, il ne fallait pas lui en vouloir. Il avait tellement de choses à leur reprocher, autant le leur faire payer, même à ceux qui n'étaient pas concernés par l'histoire. C'était la dure loi de la jungle... du monde, pardon. La jungle était difficile à trouver par chez lui, comme par chez beaucoup d'autres pays d'ailleurs. Chercher une jungle en Russie, c'était un peu comme chercher des pingouins dans le désert du Sahara, il n'était pas sûr que l'on soit vivant à la fin en le trouvant. Secret défense, RIP Mister Jones, il n'était pas question de débarquer la jungle russe hors de son territoire. Ils en étaient capables, ces américains. Après tout, ils lui avaient bien volé ses espadons, son caviar et sa vodka, alors pourquoi pas une jungle qu'il n'avait pas ? Prenez garde, petits pions de la télévision, prenez garde. Dans la jungle se trouvent des créatures bien étranges qui peuvent vous dévorer au moindre signe de panique. Allez savoir, peut-être même est-ce la jungle elle-même qui vous dévorera, comme on dévore un œuf de poule, de la façon la plus naturelle qui soit. Le loup ne se cache pas forcément dans la forêt, certaines fois c'est la forêt elle-même qui est le loup. Et cette forêt, petite maligne, se cachait derrière la pauvre bête qui n'avait rien demandé à personne à part une galette et un malheureux petit pot de beurre. Seulement il faut comprendre que le sourire du loup est effrayant, et que son sourire est faux, qu'il attrape ainsi les pauvres jeunes filles qui se perdent dans la forêt. Le loup est l'esclave des bois comme les pâtes sont celles du Rital.
    Triste Monde Tragique.

    Le Loup ne montre pas toujours des crocs ; le chien en revanche les présente avec beaucoup d'apanage, ses dents blanches, à peine assez abîmées pour permettre de dire qu'il a eu le temps de les utiliser. Car maintenant il y a tromperie dans les dents du chien aussi ; leur maître lui brossent les dents. Parfaitement, son maître lui brosse les dents et les fait reluire comme du cuivre, jusqu'à ce qu'il puisse se voir dedans, ce narcissique au traineau. C'était bien traître, à présent la blancheur de ces dernières ne pouvaient plus assurer au Loup qu'il ne pouvait pas se faire mordre, car un chien qui a mordu n'hésitera pas à lui planter ses crocs dans la gorge, tandis qu'un jeunot à peine sorti du panier restera un instant pantois et lui laissera le temps de s'enfuir ou de l'attaquer en premier. Halte au dentifrice pour les chiens ! Laissez-les puer de la gueule ! Après tout c'est leur boulot de faire fuir les étrangers ! Et voilà que le maître se plaint, le chien ne fait plus fuir, mais comment peut-il faire fuir avec les dents blanches et l'haleine qui sent le menthol et le réglisse à plein nez ? ~

    -Foutez moi la paix, espèce de monstre.

    Allons, Hercule, Alice, Petit Chaperon Rouge, peu importe le nom que tu te donnes, peu importe le nom que tu m'octroies, jamais tu ne sauras donc fermer ce clapet qui ne te cause qu'ennuis sur ennuis ? Cette voix froide, agressive, tu peux la remballer, ma petite Alice, car tu viens de sauter de Charybde en Scylla. Non, toi tu n'y vas pas, tu y sautes, pieds joints. A force de vouloir t'éloigner du danger tu en rencontres un autre, plus petit, plus pernicieux, certes. Mais le danger n'est jamais innocent. Le danger est fourbe ; allons, tu vas donc perdre six de tes marins ? Ou de tes longs cheveux noirs ? Quel effet cela fait-il, de se retrouver acculée, sans pouvoir rien faire, sans pouvoir ne serait-ce que s'enfuir ? Mh ? Rien ? Allons, ne mens pas, petite fille, grand héros de guerre ou simple marchande de poissons pas frais. Ne ressens-tu donc rien ? N'as-tu pas peur ? Tu sais pourtant que le Loup ne reculera pas, n'est-ce pas ? Tu sais que le Loup n'est pas effrayé par tes dents blanchies au polish et au Colgate, n'est-ce pas ? Tu sais que le Loup veut ta peau. Et qu'il ne te laissera pas porter la sienne par-dessus tes frêles épaules. Russie la regarda. Un léger pincement de lèvre brisa quelque peu son sourire avant qu'il ne se fasse plus éclatant. Il n'avait pas l'intention de perdre la face. Qu'attendait-elle, après tout, elle ? Ne restait-elle pas là, debout, à lui résister, à le repousser, alors que théoriquement parlant il n'avait encore rien fait à son égard qui puisse être considérer comme un acte de vandalisme ? Le temps passait. L'aiguille tournait. Toc, toc, toc. Que pouvait-il en faire ? Il n'en avait pas la moindre idée. Il n'allait pas la brutaliser, non, ç'aurait été admettre la défaite. Il voulait la faire céder, il voulait qu'elle ploie devant lui, comme le bonhomme de neige face à la chaleur du feu de la maison. Il n'était pas question de la laisser gagner. Il n'avait jamais été question de laisser gagner qui que ce soit. Le jeu est fait pour souhaiter la victoire, pas la défaite. Il suffisait de tomber sur un mauvais joueur pour que le jeu ne s'en retrouve que plus intéressant encore. Car le mauvais joueur fera tout pour gagner, tout ; il trichera pour grapiller quelques misérables points éparpillés par ci par là. Le joueur pouvait bluffer. Mais pouvait-il intimider réellement ?

    Russie regarda sa montre un instant. Ces cinq minutes lui semblaient bien longues, bien trop longues. Groenland aurait-elle menti ? C'était un mauvais point. Le bluff, c'était bien, mais quand il était à peu près possible que ledit bluff soit possible. Cinq minutes était un délai à la fois long et court. Long, car il pouvait se passer beaucoup de choses, en cinq minutes. Court, car dès que les cinq minutes étaient passées il était aisé de deviner que l'autre tentait l'intimidation. Intimidation clairement inutile, de toute façon. Il aurait fallu que Danemark soit là, qu'il le jette dehors juste après le départ de Natalia, voire qu'il l'empêche d'entrer dans la maison. Mais, le danois n'était pas là, c'était bien là tout le problème. Le temps passait, il n'arrivait pas, le bruit de la porte ne se faisait pas entendre. Ivan gardait entre ses mains celle, blessée de sa perruche acculée. Drôle d'oiseau qui attaquait son opposant au lieu de se taire et de se faire muet pour qu'il ne le voit pas. Drôle d'oiseau qui semblait bien peu soucieux de ce qui pouvait lui arriver, gardant tant d'assurance alors qu'il était dans une bien piètre situation, et que personne n'allait venir à sa rescousse. Peut-être la perruche était-elle un dérivé du coq ? Ha ha, la bonne blague. Francis aurait été bien fier d'avoir eu une enfant qui était, comme lui, capable de chanter boniments et tromperie alors qu'elle était plongée jusqu'au cou dans un amas d'ordures. La raison pour laquelle Groenland se battait pour l'écosystème en devenait quasiment évidente.

    - Il semblerait que ton frère t'ai oubliée. Pauvre petite, seule dans une si grrande maison avec le grrand méchant rrusse. Kol kol kol ~

    Avec quel délice il roulait ses R, s'appuyant sur la moindre syllabe pour insister sur tout et n'importe quoi, pour la mettre le plus mal à l'aise possible. Restant juste à l'endroit où il était aussi, ignorant clairement sa demande, ignorant clairement son insulte. Il n'était pas un monstre. Pas encore. Il le saurait, sinon. S'en vanterait-il ? A voir. Être un monstre avait ses avantages. Les autres le craindraient plus encore qu'ils ne le craignaient à ce jour. Être un monstre avait ses inconvénients. Les autres le craindraient tellement qu'ils le fuiraient, et il se retrouverait alors complètement seul et totalement isolé du reste du monde. La grande Russie tomberait bien vite, seule, sans avoir à sa valoriser face au monde. Parce qu'au fond, la Guerre Froide, les navettes dans l'espace, les hackers, tout ça, tout ça, c'était pour se valoriser, prouver qu'il existait. Qu'il n'y avait pas que les États-Unis et leurs stupides films de super-héros.

_________________
<img src="http://i20.servimg.com/u/f20/12/90/57/81/0066-110.png">
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://bokuhetalia.tonempire.net
Groenland
Kalaallit Nunaat
avatar


MessageSujet: Re: дама с собагкой [Groenland]   Sam 19 Mar - 12:04

Petite Âme cynique dans la glace
De tes yeux, une étincelle lasse,
S'installe petit à petit dans ta vision du monde.

Avouez que le monde était si triste, sans les immenses plaines de glaces des nordiques. Que ce monde, formaté de technologie et autres chaleurs insupportables, de cet immense vide appelé le Net, de ces maisons par milliers, truffées de fils et autres milliards de composants électroniques plus ou moins Made in China. Qui étaient donc ces personnes, dont le visage photoshoppé au mieux, photofiltré au pire, s'étalaient sur les réseaux sociaux. Qu'étaient-ce que ces ombres d'êtres humains qui envoyaient des informations sans importance sur leurs amis de façade, pianotant sur des claviers durant de longues heures. Qu'étaient-ce que ces superficiels êtres sont l'importance se limitait au vernis à ongles de l'une, au copain de l'autre et à la fin du monde dans un film américain, un blockbuster à la noix. La vente de soi-même, Internet ou comment l'on pouvait essayer de transparaître dans un monde connecté. Ouvrez les vannes, abandonnez votre destin contre quelques kilobits, laissez vous étrangler par des centaines de fils gainés de plastique. Ouvrez les mains, laissez donc tomber vos bijoux faits mains pour des résidus industriels plaqués or. Oubliez la beauté d'une ambre véritable pour l'éclat froid d'un zirconium mille fois poli par des machines. Éclat aussi froid que le métal de ces machines, qui, dans le froid d'une usine protégée contre les voleurs, substituent à l'artisan patient des milliards de mécanismes dirigés par un pouvoir assidu. L'or... Or que l'on trouvait au Groenland, sous des couches de glaces immense, dans des plaines encore vides et inhabitées. La beauté du Groenland, le fait que les hommes n'avaient pas encore complètement gâché la beauté éphémère d'une terre vierge. Cette beauté, on pouvait la voir dans Thalia, jeune femme à peine sortie de l'adolescence, au regard sauvage, donc les longues mèches brunes chocolat entouraient à présent un visage partagé entre le doute, l'espoir, la sauvagerie innée d'un chien qui est acculé, et la prière. La prière...

La prière. Prier quelqu'un de faire quelque chose, c'était comme s'oublier soi-même, demander à quelqu'un, lui demander quelque chose qu'on avait pas la force de faire soi-même. Prier, c'était oublier qui l'on était, se soumettre à une force supérieure, espérer que quelqu'un de plus grand que soi se soulève pour vous aider. Prier, c'était compter sur les autres, croire en une force plus ou moins tangible. Que cette force soit un Dieu, à qui l'on demandait un service, à qui l'on donnait une gloire certaine ou à qui l'on quémandait quelconque signe, ou à une personne, de la supplication extrême à la demande pleine de frustration d'arrêter quelque chose d'insupportable. Prier, pour Thalia, c'était un acte difficile. C'était avouer qu'elle n'était pas si forte, c'était, pour elle, un peu comme déléguer de ses responsabilités à une entité qu'elle estimait supérieure. Et avouer qu'elle était inférieure à quelqu'un ? Se délester d'un poids telle que les responsabilités d'une nation ? Oublier que les personnes qu'elle gouvernait d'une main ferme étaient un peu comme ses gosses, étaient sous sa propre responsabilité ? Jamais. Peut importe le sacrifice qui devait en découler, dans ce monde froid, électronique, formaté et poli, tout comme la si jolie pierre qui ornait la bague de fiançailles d'une de ces futures reines, Thalia estimait qu'elle n'avait pas le droit de prier pour demander. Pas le droit de prier pour elle. Elle priait pour les autres, non pas pour leur déléguer de la responsabilité, mais pour espérer. L'espoir d'une prière adressée au ciel pour que son peuple vive un jour plus heureux qu'elle, l'espoir d'une prière à la fois douce et ferme, comme les mains, sous les gants fourrés, qui se joignaient dans une attitude religieuse, tandis que la voix grave et riche, basse, à l'intonation neutre, récitait un "Notre Père" consciencieusement, avec l'humilité de 57000 personnes, avec l'espoir d'un peuple, avec la passion de milliers de vies humaines qui fourmillaient dans l'île.

Là, elle priait, encore pour le salut de son peuple. Seule la façon de s'y prendre était différente. Elle articulait peu, seul un souffle retenu dépassait ses lèvres, alors que son cerveau se reposait doucement d'une longue tirade adressée à une entité quelconque. Peu importe qui l'entendrait. Peu importe quel dieu, homme ou tout simplement esprit allait l'aider. Le facteur ? Frigg, déesse du foyer ? Une Walkyrie ? Castor et Pollux ? La Reine des Glaces ?....L'espoir qui brûlait dans ses yeux n'était pas près de se consumer entièrement.... L'histoire du Groenland, la peste, la mort,la renaissance, les colonies, l'indépendance que les guerres avaient prodigué, le bonheur dans le malheur, la vie, la dépravation, l'alcoolisme, la nature et les glaciers, tout cela participait à forger un caractère d'acier, une armure blindée dans sa propre psychologie.

- Il semblerait que ton frère t'ai oubliée. Pauvre petite, seule dans une si grrande maison avec le grrand méchant rrusse. Kol kol kol ~

La prière..... Et bien, Internet montrait encore et encore ses faiblesses. Sa prière n'atteignait personne, pour une raison très simple... Pas de réseau ? Game Over ? Try again ? Ah, quelle belle surprise que le manque de connexion dans son petit monde... La voix du russe filtrait comme la voix d'une personne à travers un combiné. Les R roulaient avec insistance, comme pour appuyer sur le fait que cette bataille se jouerait seule, le Slave blond contre la Nordique brune. Il était le Roi, tout puissant, aux déplacements impeccables et maîtrisés. Et elle ? Qui était elle, sur le jeu d'échec adverse ? Trop importante pour n'être qu'un pion, pas assez pour être une Reine. Qui était-elle, dans cette armada noire et blanche, dans ces allures de stratégies tordues en B1 et autres F3. Qui était elle, dans ce monde aux déplacements contrôlés. Le cavalier avait une monture, la reine une présence, le pion s'avançait sans autre volonté que de celle de son maître, le roi était magnifique. Elle était le Fou. Celui qui, d'une logique désarmante, frappe ses ennemis avec le peu d'inconstance qu'on lui connaît. Celui qui, dans une danse mortelle, prends la vie de ses adversaires tout comme eux peuvent facilement la prendre.

Elle se contenta de l'observer, avec hargne et fierté. Elle voulait le provoquer, défier les grands, eux qui se croyaient tout permis. Elle ignora délibérément la douleur, le toisa.

-Je suis peut-être seule, mais au moins, j'ai le mérite de me mesurer à des personnes qui sont de mon calibre. Et non pas de choisir la facilité. Ce que tu as toujours fait.

Le Petit Chaperon n'était pas si candide. Elle, habillée d'un noir légèrement délavé par l'usage, tenait d'une poigne de fer sa propre destinée, ainsi que celle de son peuple. Population vouée à grandir, à montrer sa force d'un éclat rageur. Elle, à la fois fragile et forte, à la fois calme et bruyante. La fragilité de la glace qui fond, la force d'un caractère en béton armé. Le calme d'une brise hivernale, au soleil froid et caché, l'incroyable capharnaüm de ses yeux, qui hurlaient silencieusement menaces, prières, phrases intelligentes et stupide. Iris marrons, yeux en amande dont l'expressivité n'était plus à faire. Cependant, tout au fond de ses yeux, on pouvait y lire la tristesse d'être en train de fondre un petit peu.

Petite Âme perdue dans le froid,
Un jour peut être, tu apprendras,
Que ton avenir ne tient qu'à toi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miss-friskies.deviantart.com/
Fonda




MessageSujet: Re: дама с собагкой [Groenland]   Lun 21 Mar - 18:33

    La facilité. Les personnes de son propre calibre. Ces termes avaient été inventés par les faibles pour se protéger des forts, ces mêmes faibles qui revendiquaient dans les rues l'égalité. L'égalité ? De quoi ? Il n'y avait aucune égalité, il n'y en avait jamais eu et il n'y en aurait jamais. Alors, se mesurer à quelqu'un de sa taille ? Soit. Dans ce cas il fallait aussi accepter que tout change, chaque perception du monde, suivant sa taille, son poids, son "calibre". Car au fond, l'inégalité était bien arrangeante dans de nombreux cas. Que de femmes exploitaient des galanteries en tout genre. Il ne doutait pas que Thalia était une femme et qu'elle devait apprécier ce genre de "compliments". Car c'était ce que la galanterie était, le compliment. Le compliment d'un homme à une femme qu'il trouve belle et à qui il voudrait faire la cour. Optionnellement, si c'était au français de se montrer galant, ce n'était sûrement pas qu'une question de faire la cour mais plutôt de mettre dans le lit. Le Russe doutait que Groenland se laisse embarquer par France, mais la scène était amusante à imaginer. Qu’est-ce que le résultat pourrait donner ? Une petite fille au caractère frivole et aux joues rondes ou bien un garçon aussi gros qu’un sandwich SNCF au caractère aussi froid que la glace ? En tout cas Ivan tenterait de se l’approprier, kol kol kol ~ Il y avait peu de nouveaux pays qu’il n’avait tenté d’envahir. Et ne parlons même pas des pauvres territoires qui étaient quelque peu proches de lui. Les Baltes s’en souvenaient encore très bien, de son occupation, il n’avait aucun doute là-dessus. Avaient-ils prié, pendant qu’il les annexait à sa maison ? Ils n’en avaient sûrement pas eu le loisir. La religion était formellement interdite dans toute l’URSS, peu importait de laquelle il s’agissait. Ivan lui-même avait été obligé de mettre le feu à certaines de ses églises ; il n’était pas fier de ce genre de choses.

    La prière. La religion. Ivan connaissait très bien tout cela. La religion orthodoxe lui avait nombre de fois sauvé la vie. Après la chute de l'URSS elle était ce qui l'avait maintenu à flot, ce qui lui avait fait garder espoir tandis que tout autour de lui était tombé. Alors qu'autour de lui, tout le monde l'avait abandonné. Mais il se refaisait. Il se refaisait, et chacun avait encore peur de lui. Du moins, c'était ce qu'il pensait et ce qu'il tentait d'entretenir. La prière ? Elle lui avait tellement apporté. Ça avait été tellement prodigieux de savoir qu'il y avait quelqu'un en qui il pouvait avoir confiance, quelqu'un vers qui se tourner, alors que tout ne tournait plus rond. Allons quoi, l’URSS était tombée, d’accord, mais elle avait tenu pendant si longtemps, n’était-ce donc rien ? N’était-ce que du vent ? Certaines fois le vent pouvait être violent. Il pouvait blesser et détruire. Le loup avait bien réussi à briser les premières maisons des cochons avec son souffle, simplement, alors pourquoi personne n'avait peur du vent? Il pouvait tout balayer d'un seul passage. Et, après ce passage, il n'y avait plus rien. Rien que des ruines entassées les unes sur les autres, rien que des souvenirs qui s'éparpillaient dans la brise. Il n'y avait plus rien, non. Alors, les églises ? Reconstruites, en moins de temps qu'il le faut pour le dire. La religion l'avait maintenu à flots, il avait pu se tourner vers sa foi alors que toutes les lumières étaient éteintes. Faute d'électricité. Il n'y avait plus personne qui pouvait lui en fournir, c'était un peu raide pendant un moment, mais, quoi, tout le monde peut se passer de l'électricité, il suffit de faire un effort. Puis de l'eau chaude aussi. Et du chauffage. Il fallait mettre les pulls, remplir les fenêtres, et ça passait tout seul, allons. Pas besoin de faire les difficiles. Après tout, le confort, c'était quoi ? Un truc purement capitaliste, voilà ~

    -Je suis peut-être seule, mais au moins, j'ai le mérite de me mesurer à des personnes qui sont de mon calibre. Et non pas de choisir la facilité. Ce que tu as toujours fait.

    Petit Chaperon Rouge, tu ne devrais pas t'opposer aux plus grands que toi. Certes tu penses que le Grand Méchant Loup s'attaque au faible, mais le Grand Méchant Loup a lui aussi ses faiblesses, et d'un coup de harpon tu pourrais lui transpercer le cœur. Alors, quoi, es-tu vraiment plus faible que lui, Petit Chaperon Rouge ? Es-tu véritablement dans une situation d'infériorité ? Peux-tu te permettre de te prétendre David face à Goliath ? Car après tout ma petite, Alice était bien plus grande que la Dame Rouge, elle aurait pu l'écraser d'un seul coup de talon avec ses chaussures de poupée. Le Petit Chaperon Rouge, n'était pas si faible. Les frères Grimm l'avait transformé en héroïne tandis que Perrault la laissait dans le ventre du loup. Allons, quoi ? Le Loup était aussi dépassé que la belle époque où Russie pouvait encore se présenter l'ennemi de l'Amérique. Le grand communiste que combattait le héros du capitaliste, yeah! Il était le Grand Méchant Loup dans l'histoire de ses super-héros. Et maintenant... bah, l'Américain essayait de faire des films sur les Russes. Et les Russes euh... ils avaient importé le MacDo. Beurk. Ils étaient tombés bien bas. Et là, une gamine venait lui faire des leçons de morale ? Non mais elle se prenait pour qui ? Ce n'était pas elle qui avait tenu l'Europe pendant des années. Elle n'était même pas indépendante ! Et elle osait venir lui faire des reproches. Choisir la facilité ? Peuh. Elle n'avait pas connu la domination turque, ni même la domination mongole, qui était, soi dit en passant, la pire de toutes.

    - Qu'est-ce que tu en sais dis-moi ? Tu ne connais rien de ce qu'il y a autour de toi, tu ne fais que vivre sous la tutelle d'un frère sans pouvoir même prétendre à l'indépendance ~

    Elle ne pouvait rien lui dire. Elle n'avait pas le droit. Au fond, elle devrait laisser son frère parler et rester derrière lui, dans son ombre, elle ne devrait même pas avoir à émettre une quelconque opinion. Russie lui afficha un sourire. Tu ne peux rien dire, tu ne peux rien faire, tu n'es rien, ou presque. Si tu n'avais pas autant de pétrole alors tu n'aurais même pas de frère. Après tout, les Nations ne s'intéressaient aux autres que par profit personnel, rien de plus. Sinon il n'y aurait pas eu de colonisations, il n'y aurait pas eu de conquêtes, et peut-être ne se seraient-ils jamais tous rencontrés. Peut-être seraient-ils restés à leurs vieilles rancœurs sans en rencontrer d'autres encore. Allons. Il posa calmement la main sur la tête de Thalia, la serrant quelque peu pour lui faire sentir que ça n'avait rien d'amical. Elle devait avoir peur. Elle devait avoir peur de lui. Elle devait le craindre, c'était ce qu'il voulait au fond, qu'elle le craigne. Et puis, quoi ? Elle était petite. Ce n'était pas normal qu'elle n'ai pas peur de lui. Alors ? Que ferait-il, une fois qu'il aurait obtenu ce qu'il voulait ? Est-ce qu'il partirait, lui foutrait la paix, rentrerait chez lui ? Ou bien est-ce qu'il resterait là, à lui pourrir sa journée tout en se terrant pour échapper à sa sœur ? Dure question. Même lui ne pouvait pas réellement y répondre.

    Le Petit Chaperon Rouge jouait aux grandes. Le Petit Chaperon Rouge portait un débardeur délavé. Le Petit Chaperon Rouge aurait bien froid actuellement, s'il devait traverser les territoires de la Grande Russie, sur ces troïka délicieuses qui glissaient avec ardeur sur la neige. Et le son des clochettes qui scintillait dans la nuit, la lune qui teintait de ses lueurs nacrées l'étendue blanche qui couvrait le sol d'un long manteau blanc. Le Petit Chaperon Rouge se ferait bien remarquer, avec son long chaperon, au milieu de la neige. Elle pourrait être la proie de nombreux loups, de tigres, de prédateurs, autant que leur délivrance. Mais la petite Alice ici présente connaissait tout cela, les sentiers dans la neige, le léger bruit qu'émettait les sabots des chevaux sur les routes gercées. Et les arbres qui se teintaient de blanc, les forêts qui revêtaient leur manteau d'hiver. Le murmure glacial du vent. Russie détestait ça. Russie avait toujours détesté ça. Alors que les étendues de neige se développaient devant lui, il n'avait jamais autant eu l'impression d'être enfermé.

    La liberté, pouvait tout autant être une prison.

_________________
<img src="http://i20.servimg.com/u/f20/12/90/57/81/0066-110.png">
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://bokuhetalia.tonempire.net
Groenland
Kalaallit Nunaat
avatar


MessageSujet: Re: дама с собагкой [Groenland]   Jeu 31 Mar - 20:03



Il était de mise que le Général Winter n'était pas uniquement connu chez les russes. Façon de parler. L'hiver froid de Russie n'était, en comparaison, qu'une pâle copie de celui du pôle Nord du Groenland. Nord glacé toute l'année, zone immense inhabitée aux allures de plaines qui se perdaient dans l'horizon, sans âme qui vive. La vie au Groenland était dure, et la simple histoire de la colonisation, ajoutée aux données démographiques contemporaines, prouvaient à quel point la survie était ici une notion de base. Le froid, les traîneaux et la glace, elle connaissait très bien , pour avoir elle-même une meute de chiens. Elle était née, avait vécu et vivrait dans le froid. C'était ainsi. Et, contrairement au russe qui redoutait ses hivers, les haïssait, ils étaient pour Thalia un espèce de défi agréable, de se montrer qu'elle survivait encore des années, contrairement à certains.... Mettez un Italien dans une plaine glaciale, que fait-il ? Il meurt. Après avoir creusé pour déterrer des pasta. Et que fait une groenlandaise ? Elle construit un igloo, va chasser le dîner et regarde les aurores boréales.... Puis, dans la nuit glaciale, ses peaux d'ours autour du cou, elle se contenterait de rêvasser longuement. Et que ferait un russe ? Après avoir foutu l'italien dehors à coup de rire sinistre, il irait détruire l'igloo, tuer la groenlandaise et râler parce qu'elle n'a pas mis de chauffage dans l'igloo. La dure loi de la nature. Le russe tue la groenlandaise. Et l'italien meurt tout seul. Pendant que l'ukrainienne, telle Antigone sans le suicide, allait rapidement enterrer le cadavre de Groenland, pour éviter que son petit frère ne soit choqué. Le tout, devant un suisse trop occupé à compter ses sous et un grec qui dormait paisiblement. Cette loi, celle du plus grand qui bouffe celui plus faible qui a osé dire ce qu'il pensait, avait toujours cours maintenant. C'était ainsi. Quoiqu'il en soit, certains animaux savaient faire le mort.... Idée à développer ?

Tandis que l'idée germait doucement le long de ses réflexions aiguisées comme ses harpons, elle faillit rater le regard intéressé du russe. La liberté, pour Thalia, c'était d'abord de fuir l'oppression. Et qui de mieux que le ruskov, grand blond psychopathe, pour incarner cette immense cage de fer qui était présent partout, là où la promesse de voler de ses propres ailes miroitait comme un joyau. Barrières immenses devant le bijou, cage de fer dans lequel une émeraude était sertie. Non pas l'or pur, arme du Groenland, mais un fer vulgaire, un acier dur et sans éclat. Tout comme la voix du russe, enjouée pour cacher la vague de froideur, le tsunami méprisant qui englobait la groenlandaise à chaque paroles prononcées avec cette aura sinistre et cet air intensément mielleux. Il s'apprêtait à reprendre la parole, tandis que l'idée prenait place avec plus d'assurance dans sa tête. Elle était blanche de peau, si blanche. Cette particularité physique à laquelle elle n'avait que si peu prêté attention jusque là, allait devenir un de ses alliés les plus cruciaux dans sa lutte pour la survie.

- Qu'est-ce que tu en sais dis-moi ? Tu ne connais rien de ce qu'il y a autour de toi, tu ne fais que vivre sous la tutelle d'un frère sans pouvoir même prétendre à l'indépendance ~


Hop, le coup fatal, la faiblesse inespérée de la demoiselle. Une rage soudaine la saisit, petite fille, encore toute jeune dans son esprit. Elle ne connaissait rien ? Si elle était un vulgaire chien, un ours primaire, elle allait utiliser les ruses de chien, d'ours primaire. D'un geste, elle envoya un coup de pied dans Moscou, suffisamment pour le distraire. Puis, elle tenta de s'échapper et s'esquiva élégamment sur le côté. De toute façon, il allait la rattraper. Elle accéléra, sans grand espoir. Jusqu'au moment où l'idée refit surface dans la cohue de sa fuite improvisée. Elle serra consciencieusement des dents, réussit à atteindre l'escalier en bois craquant. Le geste qu'elle fit aurait pu passer pour suicidaire. Elle se jeta volontairement de le première marche, dévalant le tout dans un roulé-boulé abominable, cognant le mur dans un fracas assourdissant. Elle pouvait déjà sentir les hématomes se former sur son corps en entier, sentir les bosses et la douleur affluer. Alors, une fois rétamée en bonne conscience sur le palier, trempant le tapis de sang, elle fit ce qu'aurait fait toute proie dans le règne animal. L'opossum en particulier était très doué pour cet art très difficile qui nécessitait l'abandon de soi. Le calme, la gestion du stress.

Elle fit le mort.

En d'autres mots, elle usa de force pour ralentir son corps. Respiration presque impossible à détecter, battements de cœurs inaudibles, impalpable dans la précipitation. Bête cadavre inconscient. Au mieux, il allait partir, tout content de l'avoir tué. Au pire, il s'amuserait avec le "cadavre". Ainsi, tel un croisé à Hattin, la nordique s'immobilisa, sans souffle, sur la moiteur du tapis. Elle fit le vide lentement dans son esprit. Puis elle tenta d'éviter toute confrontation avec le russe, se préparer à respirer une rasade de son odeur, à sentir sur elle toute pression ou douleur autre que celle qui lui mordait à présent le corps. Le sang battait à ses tempes, provoquant dans le silence un tambourinement assourdissant. Elle le savait, il n'était qu'une question de secondes avant que le russe ne vienne gentiment vérifier son état. Elle relâcha ses muscles. Elle était sur le dos, dans une posture inconfortable. Elle imagina que le ruskov n'était qu'un ours blanc, qui cherchait à manger. Elle cherchait des images joyeuses dans son esprit, des choses calmes qui pourraient blinder encore plus son esprit. Un seul battement de cil, et c'en était fini. Un seul mouvement, et l'ours découvrirait le miel, aussi sirupeux que celui qui enveloppait les paroles si bien formulées. Un geste, un simple bruit, soupir, rire, pleur, et le Groenland était mort. Bien qu'il l'était visiblement en ce moment, sur le tapis de la grande maison danoise. Qu'elle ironie....

Le Grand méchant Loup était peut-être un homme stupide, incapable de distinguer un être vivant d'un être mort ou inconscient. Le Petit Chaperon Rouge, courageuse Alice devant le bourreau, ne trouvait pas autre moyen que de lui faire comprendre que ce qu'il voulait faire ici était inutile, car déjà obtempéré. Elle n'était plus intéressante. Enfin, l'espérait....

[Grou >.> Un peu court]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miss-friskies.deviantart.com/
Fonda




MessageSujet: Re: дама с собагкой [Groenland]   Dim 10 Avr - 11:31

    L'Hiver était une bien triste chose. Ivan n'avait pas encore compris que c'était lui qui lui permettait de se réjouir lors du retour du printemps. Il était un peu borné, Ivan, il ne voyait réellement que ce qui l'arrangeait, lorsque ça l'arrangeait. Il avait appris à voir de cette façon, à vouloir grandir. A force d'espérer pouvoir protéger ses sœurs, il avait fini par s'enfoncer dans la décadence la plus totale. Pourquoi la Russie était-elle un pays qu'il valait la peine de connaître ? Allons, n'est-ce donc rien que d'avoir contré les États-Unis pendant plus d'un demi-siècle, de nos jours ? Alfred n'était pas le seul à posséder l'arme nucléaire, à l'époque, loin de là. Ivan, en 1949, avait déjà la bombe thermonucléaire. Et Alfred qui geignait qu'il voulait posséder le monopole de l'arme atomique. Finalement, la Холодная война n'était peut-être pas forcément qu'une guerre où les deux partis ne voulaient pas s'affronter en face, mais aussi une guerre de dissuasion par le nucléaire. Alors, le monde était-il toujours dans la même passade, au fond ? Une paix tendue où chacun craint d'attaquer l'autre de peur de voir l'une de ses villes détruites sous peu ? On ne pouvait pas dire qu'Ivan n'y avait pas pensé, à vrai dire lui-même ne devait pas être sûr d'y avoir pensé ou pas un jour ou l'autre. C’était bien Groenland qui lui avait parlé de facilités, non ? Et la base de Thulé ? Ce n’était pas de la facilité, peut-être ? D’autant qu’il sache, elle qui n’avait jamais supporté l’américain, elle avait tout de même accepté qu’il vienne polluer son territoire avec ses bases militaires. Il ne savait pas si elle le détestait plus ou moins qu’elle le détestait lui, mais il se doutait que ce devait être à peu près la même intensité de haine qui flottait de l’un ou l’autre des côtés.

    Alors oui, il voyait ce qui l'arrangeait. L'attentat à Moscou de la part du Groenland, il ne l'avait pas vu venir. Surprise, surprise, mon petit russe. Es-tu réellement étonné ? Ce n'est pourtant pas la première fois, tu devrais surveiller un peu plus ce que fait ta proie avant qu'elle ne t'attaque. Pourquoi ne l'as-tu pas frappé tant que tu le pouvais ? A présent tu es plié pendant que l'agneau s'enfuit. Grand Méchant Loup, as-tu donc perdu de ta prestance et de ta grandeur ? Allons, relève-toi, ne reste pas ainsi genou au sol. Il n'y a plus personne à effrayer ici à part ton reflet. Un bruit dans l'escalier. Qu'était-ce ? Il se releva douloureusement, marcha péniblement jusqu'à la porte de la chambre, jusqu'en haut des escaliers, pour voir Groenland allongée sur le sol aux pieds dudit escalier. Elle semblait totalement inerte, il ne la vit pas bouger le moins du monde, ses cheveux légèrement éparpillés autour d'elle. Enfant des glaces un peu précoce, ou bien trop candide pour son âge. Ou pas, parce que bon, elle avait quand même mis un coup à Moscou donc c'est qu'elle ne devait pas être si innocente que ça. Elle savait les endroits qui blessaient et les endroits qu'il ne fallait pas toucher, sinon, pourquoi ici précisément ? Saleté de gamine. Elle avait bien été élevée par le Danois, ça se voyait, elle avait été cruellement mal éduquée et en plus elle connaissait les priorités de la vie danoise. Pas faux que quand on pense à un viking on ne pense pas à un gentleman. Et les hommes qui ne sont pas des gentlemen, il semble simple de les contrer, étrangement.

    - Tu aurais au moins pu sortir de la maison au lieu de te vautrer lamentablement, lança-t-il en grimaçant.

    Puis il se reprit légèrement, attendant un peu. Il descendit lentement l'escalier pour aller jusqu'au corps inerte qui ne bougeait pas. Avait-elle toujours été aussi pâle ? Oui ? Non ? Là, tout de suite, le doute s'installait dans son esprit. Il posa doucement la main sur son cou, ne sentit aucune pulsation, aucun moyen de se rassurer quant à son vivant ou son trépas. Non, elle n'était pas morte, c'était impossible, elle ne pouvait pas mourir. Il ne se doutait pas que Vassilissa la Sage pouvait très bien ne pas être russe. Il savait pourtant que Thalia était loin d'être stupide, qu'elle avait de grandes idées dès lors qu'il s'agissait de le contrer, de le faire sortir hors de lui. Oh bien sûr il ne le montrait jamais, préférant de large garder toujours son éternel sourire. Il savait pertinemment que ce sourire en exaspérait beaucoup. Un sourire à la fois ironique et enfantin. Au fond il ne voyait pas toujours quel était le mal qu'il faisait. Pour lui il jouait avec un peu tout le monde, et tout le monde n'aimait pas forcément ses jeux, c'était tout. Quand bien même il pouvait se montrer calme, attentif et apaisant, il était considéré comme un monstre et observé de toutes parts, alors bon... peu importait, à présent, la façon dont le voyaient les autres. Il n'y avait plus grand chose à faire pour que leurs avis changent, à vrai dire il n'y avait plus rien à faire. Ceux qui le connaissaient depuis longtemps le haïssaient, il ne pouvait que compter sur ses sœurs, et encore. Il ne disait rien, mais combien de fois cela l'avait retourné, lorsqu'il avait vu Ukraine dans les bras de l'autre américain, là! Ah, il est bien beau, le super héros de ces gentes dames.

    Et maintenant que Thalia est à terre, on fait quoi ? On attend le héros ? Non, il ne viendra pas, de toute façon. Alors bon. Il commençait à se persuader qu'elle était bel et bien morte. Ou encore, bien proche de ça, parce qu'au fond, une Nation ne peut pas vraiment mourir ? Elle peut disparaitre, mais pas mourir, non ? Encore une fois il tournait les choses selon la façon dont laquelle cela l'arrangeait. Et puis, ce n'était pas de sa faute si elle était tombée dans l'escalier, c'était elle qui n'avait pas fait attention. C'était elle qui s'y était précipitée, au fond. Il n'avait rien fait pour aller dans ce sens. Il était juste là, à la chercher un peu plus que de raison, et apparemment cela suffisait à provoquer des accidents. Peut-on mourir d'une chute dans les escaliers ? On peut mourir de tout. Dans le fond, ce n'était juste pas classe du tout, mais même une chute dans la douche pourrait être fatale. Enfin, dans ce cas, on ne sort pas de chez soi et on ne fait pas le moindre geste. Et encore, dans ce cas, on finit quand même par en mourir. C'était un cercle vicieux.

    - Eh, t’es vivante ?

    Si elle l’était, cela ne se voyait pas. Et merde. Et maintenant, il faisait quoi ? Il attendait que le temps passe, que les petits oiseaux chantent et les petites fleurs bourgeonnent ? Conneries. Sans le Petit Chaperon Rouge, le Loup n'était pas grand-chose, il perdait tout son sens. Sans Alice il n'y avait pas de raison de redouter le changement au Pays des Merveilles. Le Pays des Merveilles. Notion étrange qui venait de l'Angleterre. Le Pays des Merveilles, c'était quoi, au fond ? Chacun avait le sien et il changeait inlassablement. Le seul qui avait rendu cette idée présente, c'était Lewis. Ah. Maintenant il y avait une idéologie du Pays des Merveilles. Celui d'Ivan était différent, et celui de Groenland devait encore l'être aussi. Une merveille, c'est tellement relatif. C'est une merveille pour un pays de l'équateur, de voir de la neige sur le toit de leur maison. Pour Russie, c'est un calvaire. Alors pouvait-on seulement donner "un" exemple de ce Pays ? Pas vraiment. Il changeait selon chacun.

    Et encore.

    Ivan ôta sa main du cou de Thalia. Elle aurait pu être l'une de ses sœurs, allez savoir. Haha, la bonne blague. Il la porta sur son épaule jusqu'à sa chambre, l'allongea dans son lit. Histoire de. Si elle était vivante elle penserait que ce serait Danemark. Si elle ne l'était pas, elle n'en penserait rien du tout et... il verrait. Le Grand Méchant Loup n'était pas si méchant, au fond. Très maladroit, très peu habile, mais au fond, il avait juste de très mauvais goûts pour le jeu et pour l'amusement. Le Grand Méchant Loup n'avait aucun intérêt à être Méchant, si sa proie n'était plus là pour le voir. Il pouvait laisser tomber son masque, la porter dans ses draps et disparaître dans la nuit sans que personne n'en sache rien. Il pouvait reprendre ses activités, fuir sa sœur, manger du borsch, rouler les r et aller pirater la base de données d'un américain quelconque.

    - Спокойной ночи, Класная Шапов.

    Peut-être que le Loup s'ennuyait juste, au fond.

Spoiler:
 

_________________
<img src="http://i20.servimg.com/u/f20/12/90/57/81/0066-110.png">
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://bokuhetalia.tonempire.net
Groenland
Kalaallit Nunaat
avatar


MessageSujet: Re: дама с собагкой [Groenland]   Jeu 21 Avr - 17:16

- Tu aurais au moins pu sortir de la maison au lieu de te vautrer lamentablement

Peu de gens connaissaient la vraie nature de Thalia, au Groenland. Ils savaient clairement que la jeune femme avec qui ils aimaient tant chasser était en réalité un nation, une entité qui représentait leur pays... La personnification de leur patrie, celle qui, l'auguste jour d'une découverte viking, avait vu le jour. Elle avait grandi, était passée de l'adolescente sous la glace à l'adulte qui fréquentait assidument le conseil international. L'adolescence de Thalia, entre les coups de Norge, et l'apogée des nations nordiques, s'était avéré plus qu'astreignante. Entre traîtrises et autres coups de l'inquisition, elle avait longtemps peiné, donné à sa famille ce qu'elle avait, triste colonie sur le sol arctique. C'était ainsi. Elle assistait aux réunions pour le pétrole, se disait assez peu de façon optimiste que la fin était proche pour elle. Les autres seraient adorables avec elle jusqu'à ce que tout soit épuisé. Elle, ses sous-sols, on peuple. Triste vérité que le monde lui proposait. Il y avait toujours un choix. Ceux qui se présentaient devant elle ne lui plaisaient guère. Mais elle était dans une impasse, impossible de faire marche arrière sans tomber. Ces personnes, qui connaissaient la nation, essayaient parfois de lire en ses yeux marrons, dans la profondeur des prunelles. Ils n'avaient jamais réussi à y déceler quoi que ce soit.

Il était si simple de faire croire aux autres que l'on était qu'une innocente chose, qu'un simple sauvage imbécile, au dehors d'un caractère moins permissif. L'homme intelligent ne l'est que plus lorsqu'il fait semblant d'être stupide. Elle l'avait appris en vivant près du danois. Ah, pauvre groenlandaise, des gens ne savaient même pas qui tu étais, quelle jeune sauvage pleine de remords était actuellement allongée au pied de l'escalier. Les gens ne savaient pas qui tu étais, tentant d'échapper à la mort comme l'on essaye d'éviter une personne que l'on n'apprécie pas. La voix du russe résonnait dans la pièce, sobrement meublée. L'intelligence se mesurait souvent à l'action. Celle que Thalia avait fait, cette chute maitrisée, était très clairement quelque chose qui relevait du dernier recours. Cela voulait-il dire que son intelligence n'apparaissait qu'à des moments inopinés ? Pas sûr.... Elle restait toujours discrète, dans son coin, attendant que l'autre baisse sa garde. Tout était un combat certain, une bataille entre plusieurs entités.

- Eh, t’es vivante ?

Bien sûr que oui.Elle était aussi vivante que lui, à la différence près qu'elle était par terre, en train de faire l'opposum. Cette manœuvre pouvait passer pour puérile, mais la fin justifiait les moyens. Les gens que l'ont voyait sauter du Titanic étaient comme ça. Ils sautaient du bateau. La chose était la même partout. Au lieu de périr lentement, dévoré par les eaux froides au milieu des autres, une simple chute, mortelle, une simple noyade sauvait la face du monde. Le monde...Elle sentit ses mains, grandes, calleuses, sous elle, tandis qu'il la soulevait lestement. Elle le sentit poser sur le lit son corps qu'elle tentait de rendre le plus inanimé possible, se surprit même à entendre le bruissement des draps autour d'elle. Elle faillit ouvrir les yeux. Elle ne s'y surprit pas. Le danois ,lui, était plus brutal, et ne s'occupait d'elle que rarement, contrairement aux fois où elle-même soignait son frère. La voix du russe retentit. Elle ne compris pas un mot, pas une syllabe que le russe prononça.

- Спокойной ночи, Класная Шапов.

Peut-être, si le Petit Chaperon Rouge avait prit les devant plus tôt, aurait-il pu être un peu mieux lotti. Après beaucoup de peur, de mal, elle espérait rester dans l'oubli, curieuse manie des mortels. Le petit chaperon rouge s'appelait peut-être Alice. Et peut-être viendrait-on la déterrer, après des mois, des années, des siècles dans l'ombre et le silence. Restait à espérer que la raison de cette soudaine prise de conscience était autre qu'un simple "oh, bah tiens, si on finissait le sombre dessein qui lui était réservé ?!". Thalia allait probablement rouvrir les yeux. Elle allait se demander, en regardant le sang, les éclats de verre, les monceaux de vêtements amassés sur le sol, ce qui s'était passé. Peut être, dans la mesure où le russe n'avait rien laissé de sa présence en sol groenlandais, allait-elle prendre ça pour un mauvais rêve, du à une possible perte de sang. Peut-être allait-elle penser qu'elle avait halluciné. Tout comme la petite Alice pensait sûrement que le pays des merveilles n'était qu'un simple cauchemar. Ou peut-être allait-elle haïr puissamment le russe.

Tout était spéculation. La vie n'était-elle qu'un mensonge qui se terminait brutalement par le viol de son âme propre, tout comme la légende du Chaperon prévenait les jeunes filles de celui de leur corps juvéniles ?

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://miss-friskies.deviantart.com/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: дама с собагкой [Groenland]   

Revenir en haut Aller en bas
 

дама с собагкой [Groenland]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Boku Hetalia :: Le Village ~ :: Sauna Claus, quartier nordique :: Rps clos-