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 "Le coeur n'a jamais de rides ; il n'a que des cicatrices." | PV Espagne.

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MessageSujet: "Le coeur n'a jamais de rides ; il n'a que des cicatrices." | PV Espagne.   Ven 13 Avr - 19:39

"H-RP":
 

Tout s’était déroulé trop vite à vrai dire.

A peine le temps de lui dire adieu, à peine le temps de déchirer correctement le lien qui les liait. Non, déjà, elle avait été arrachée à son tout premier possesseur, à celui qui l’avait, certes, arrachée à sa liberté, mais aussi à celui qui l’avait élevée et aimée, comme une enfant, même sauvage, le mériterait.

Elle avait hurlé un long moment, sans réponse de lui, alors qu’on l’emmenait. Des cris de détresse. Les souvenirs d’une séparation encore très fraîche, très récente. Des plaies que l’on réouvre, alors qu’elles n’avaient même pas commencé leurs cicatrisations.

Autant Emily était une partie d’Alfred et donc, elle n’avait vécu les guerres de son grand frère comme si elle n’était qu’une simple figurante, autant sa propre histoire était finalement chargée d’événements qui lui revenaient souvent en mémoire et qui la terrifiaient encore plus qu’à l’époque de leur déroulement.

Et cette nuit, comme beaucoup de nuits avant elle, fut une nuit bercée de cauchemars. Bien qu’elle ait l’air d’une jeune fille parfaitement heureuse, il lui arrivait souvent de cauchemarder et de se retrouver de ce fait fragile au point qu’une brise aurait pu la casser en deux.

Mais cette fois-ci, elle n’était pas chez elle.
Envoyée par Alfred en Espagne pour quelques affaires à régler, elle logeait chez Antonio.
Elle se leva lentement, tremblante, et se dirigea vers la porte qui donnait sur le couloir. Une fois engagée dans celui-ci, elle marcha jusqu’à une porte qu’elle connaissait bien. La même à laquelle elle venait frapper enfant.

- … Hey, Spain… ? Spain… ? chuchota-t-elle en toquant.

Pas de réponse. Il devait dormir, évidemment.

Elle s’adossa au mur près de la porte et se laissa glisser au sol. Ses yeux se fermaient, elle était épuisée. Mais si elle se rendormait, il était certain que les cauchemars referaient leur apparition. Et plutôt que d’être pétrifiée de terreur, elle préférait attendre le jour, patiemment.

Ou plutôt, elle préférait attendre un peu, histoire de voir si Antonio ouvrait la porte, histoire de voir si elle pouvait, comme plus jeune, se blottir dans ses bras rassurants qui la protégeaient de tous les vilains monstres qui se cachaient dans sa chambre.

Il avait été celui qui avait pu chasser tous les mauvais rêves, toutes les mauvaises choses de ses petites pensées, celui qui avait séché toutes les petites larmes qui coulaient de ses yeux bleus.

On peut dire qu’il avait été comme un père.



Dernière édition par Floride le Sam 14 Avr - 15:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "Le coeur n'a jamais de rides ; il n'a que des cicatrices." | PV Espagne.   Sam 14 Avr - 12:00

Encore une journée bien remplie qui s'achève pour l'espagnol néanmoins il ferait mieux de ne pas brailler aux corbeilles car demain matin sera tout aussi chargé. Hein? Comment ça brailler aux corbeilles ne veut rien dire? Oh, chut, taisez vous. Antonio rentré chez lui, esquinté mais heureux de son travail. Sur le chemin du retour il se souvint que Floride résidait chez lui pour quelque temps et qu'ils ne s'étaient toujours pas parlés. Eh voilà, ça commence. Le simple fait d'évoquer Emily faisait jaillir à la surface tous ces souvenirs aigre-doux enfouis dans sa mémoire, souvenirs qu'il aurait préféré oublier. Il revoyait encore cette enfant chétive qu'était Flo' à l'époque. Il revoyait cette fillette pleurer toute les larmes de son corps. Il revoyait le sourire satisfait de vainqueur d'Alfred alors qu'ils s'éloignait lui et la blondinette de manière à être aujourd'hui hors de portée de l'hispanique. Chaque fois qu'il repensait à tout cela il était rongé par le remords c'était pourtant la meilleure des chose à faire, pour elle comme pour lui.

Antonio se gratta énergiquement la tête avec une bien belle une mine de déterré affiché sur son visage. Une fois chez lui il fonça jusqu'à sa chambre à coucher et s'écroula sur son lit, mort de fatigue et vidé de toute énergie avant de s'endormir. Quelques heures plus tard il entendit le bruit du plancher craquer sous les pas de quelqu'un, cette personne s'arrêta et toqua ensuite à la porte de sa chambre. Antonio leva la tête, tendit l'oreille, personne. Il se recoucha. On retoqua une seconde fois, cette fois là, quelqu'un l'appelait ou du moins tenter de l'appeler. Une petite voix familière, à peine audible, mélodieuse et douce mais pourtant si faible. Antonio se leva et s'approcha de la porte afin de mieux entendre.

- … Hey, Spain… ? Spain… ?


Cette voix... Emily? Que faisait elle debout à une heure pareille? Le fait d'imaginer qu'elle avait dû faire un cauchemar et attendait qu'Antonio la réconforte le fit sourire, elle est et resterait une enfant à ses yeux. Floride resta silencieuse, trop silencieuse même, serait elle partie? Il soupira avant de s'adosser à la porte. Cette porte qui le séparait de la blonde qu'il avait connue étant enfant mais qu'il n'avait osé revoir depuis. La culpabilité est un bien étrange sentiment. Un sentiment jusqu'alors inconnu pour Espagne. Il plaqua sa tête contre la porte et regarda le plafond, il n'avait pas l'habitude de ce genre de situation...

- Pardonne moi...

Sa voix mourut et il redevint silencieux à nouveau. Antonio avait prononcé ces paroles comme si il s'adressait directement à Floride même si il ne se sentait pas prêt à lui faire face, pas encore. Temps d'années avaient passé depuis leur séparation et l'espagnol était toujours rongé par les remords et la culpabilité. Alors il resta là, assis devant la porte de sa chambre et fixa le plafond dans un noir absolu. Apparemment il n'avait plus vraiment envie de dormir...


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MessageSujet: Re: "Le coeur n'a jamais de rides ; il n'a que des cicatrices." | PV Espagne.   Sam 14 Avr - 15:57

Il faisait sombre dans le couloir et une fenêtre devait être ouverte quelque part, car un courant d’air fit frissonner la Floridienne. Elle ramena ses jambes tout contre elle, les entoura de ses bras et appuya son front contre ses genoux.

« Pardonne-moi. »

Les mots, à peine entendus, presque inaudibles de l’autre côté de la porte, arrivèrent à ses oreilles alors qu’elle ne s’y attendait pas. Ses yeux s’écarquillèrent presque immédiatement.

Le pardonner ? Le pardonner de l’avoir vendue à celui qu’elle avait refusé de rejoindre quand il s’était opposé à Angleterre ? Cette déchirure qu’elle avait ressentie comme une infecte trahison, comme un goût amer dans la bouche, comme un couteau planté dans le dos ? Qu’elle avait finalement pris comme si il ne voulait simplement plus d’elle ?

Car, même quand elle criait son nom alors qu’on l’emmenait, même quand elle pleurait, elle ne l’avait pas entendu une seule fois tenter de la rassurer ou de lui dire que tout irait bien. Des choses qu’on dit pour calmer les pleurs et les peurs. Peut-être avait-elle aperçu une pointe de tristesse dans ses yeux verts, qui sait ? Elle voyait flou à cause de l’eau qui noyait ses yeux.

Portant sa main au devant de sa bouche, elle tenta d’étouffer un sanglot tandis que les larmes coulaient lentement sur son visage. Certes, pendant des années et des années, elle lui en avait voulu. Pendant des années et des années, elle avait souhaité oublier son presque-père espagnol. Pendant des années et des années, elle avait essayé d’effacer son sourire éclatant de ses souvenirs d’enfance.

Mais au final, elle ne pouvait pas y parvenir. Logique. Elle tenait toujours et elle tiendra toujours énormément à lui. Ce qu’elle est devenue, c’est en partie grâce à lui. Et même si une partie d’elle sent toujours la lame s’enfoncer quand elle repense à lui, le reste ne souhaite au final que renouer des liens enterrés sous la poussière.
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MessageSujet: Re: "Le coeur n'a jamais de rides ; il n'a que des cicatrices." | PV Espagne.   Dim 15 Avr - 10:47

Peu importe ce qu'il ferait maintenant il savait très bien que le sommeil ne reviendrait pas de lui même. Et même si il arrivait à s'endormir ses rêves se transformeraient immédiatement en cauchemars, cauchemars teintés de larmes. Quelle ironie, lui qui était tellement doué pour camoufler ses sentiments aussi vils soient ils le pauvre Antonio était si faible lorsqu'il s'agissait d'Emily. Aussi loin qu'il s'en souvienne il l'avait toujours considérée comme une petite sœur voire sa propre fille, il l'avait aimée et chérie de la même façon que n'importe quel parent. Mais maintenant... Oui. Maintenant il sait bien que si jamais il réapparaissait devant elle tout ce qu'il lui causerait serait du chagrin. La voir fondre en larmes voilà tout ce qu'il déteste.

Faire pleurer une femme, c'est mal. Faire pleurer Floride, c'est pire. La première fois qu'il avait vu les larmes de la blondinette fut également la dernière. Le jour de leur séparation. Il se gratta nerveusement la nuque, un sourire légèrement forcé sur le visage, il essayait de se convaincre que ce jour là il avait fait le bon choix. Il essayait, certes, mais se sentait toujours coupable d'avoir ignoré les cris et les pleurs de cette enfant. Antonio regarda ses mains dans la pénombre, si grandes et pourtant toujours incapables de protéger ceux qui lui sont chers. Floride avait dû bien grandir depuis. L'espagnol se demanda si ses mains égalaient la taille des siennes, qui sait.

Il se retourna de manière à faire face à la porte et posa sa paume contre la surface en bois. Il ferma les yeux. Il espérait qu'Emily ne lui en veuille pas, qu'elle ne lui en veuille plus. Si elle était encore fâché, il comprendrait. Lui aussi avait vécu ça après tout, comme beaucoup d'autres, et il savait à quel point c'est dur d'oublier et de pardonner. Il ferma le point et le projeta en arrière, il avait envie de cogner cette porte de toutes ses forces, il avait envie de fracasser cette porte et de briser par la même occasion ce mur invisible, de franchir ce gouffre infini, de prendre Flo dans ses bras comme si il n'y avait pas de lendemain. Il voulait la sentir contre lui, sentir sa chaleur, être certain qu'elle était bien réelle et non une machination de son esprit. Antonio baissa la tête, à genoux devant cette porte qui le séparait de Floride et qu'il était incapable d'ouvrir.

- Emily, je t'en prie si tu es là réponds moi, il marqua une pause avant de reprendre son souffle et de poursuivre dans une voix tremble, Je t'en prie...

En fin de compte qu'attendait il? Une réponse? Un rejet? Un autre de plus ou de moins ne lui ferait pas de mal, c'est vrai, pourtant il voulait lui parler. Il en avait besoin. Il avait besoin de savoir si elle pouvait lui pardonner ou si au contraire il devait abandonner le simple fait de la cajoler comme lorsqu'elle était petite.
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MessageSujet: Re: "Le coeur n'a jamais de rides ; il n'a que des cicatrices." | PV Espagne.   Dim 15 Avr - 11:44

« Emily, je t'en prie si tu es là réponds moi… Je t'en prie... »

Son souffle semblait comme s’échapper. Emily avait du mal à respirer, les sanglots restaient bloqués dans sa gorge. Ses yeux bleus, désormais envahis par l’eau, s’étaient refermés laissant juste une cascade de larmes s’abattre sur ses joues.

Rien qu’entendre sa voix lui parler après tant et tant d’années. Tous les vieux souvenirs remontaient à la surface, tous les rires, tous les sourires, toutes les farces, tout. Tout lui revenait en mémoire, brusquement. Et puis, encore ces images, encore ses propres cris, encore sa silhouette qui s’éloigne alors qu’Alfred l’emportait. Et les pleurs redoublent, comme autrefois.

« Antonio… ‘Tonio, j’suis désolée… J’suis désolée… Pardon, j’suis désolée, chuchota-t-elle, la voix qui se cassait à chaque syllabe et un hoquet brutal la prenant. J’suis désolée… »

Trois mots, juste trois mots, qu’elle répétait et répétait. S’excuser de tout ce temps séparé. S’excuser de ne penser qu’à elle, et de ne jamais avoir osé faire le premier pas vers lui, vers leur réconciliation. S’excuser de ce qui lui avait fait la vendre à Alfred. S’excuser de tout, tout ce qu’elle avait pu faire qui aurait pu le blesser.

Elle rabaissa ses jambes, qui empêchaient presque sa poitrine de se soulever en un rythme régulier. Son cœur battait trop vite. Beaucoup trop vite. A cet instant, elle se sentait tellement fragile, tellement faible, tellement inutile, qu’elle aurait voulu se cacher dans un trou de souris et ne plus en sortir.

Elle savait qu’il était là, tout près, juste derrière la porte. Mais elle n’oserait jamais, au grand jamais, abaisser la poignée. Elle se traîna devant la porte et posa ses deux mains et son front contre le panneau de bois.

« J’suis là, ‘Tonio… J’suis là… »

Elle aurait voulu rajouter un « J’ai besoin de toi. », mais dans la situation actuelle, ça sonnait comme un aveu de faiblesse aux oreilles d’Emily et elle refusait de se montrer faible. Sa force, c’était de cacher ses émotions derrière un masque, comme tout Américain, d’Alfred à Texas. Tous avaient cette fabuleuse (ou pas) capacité à planquer tous leurs ressentis derrière un sourire. Et même si, dans le cas présent, les larmes n’étaient que preuve de ses maux, elle ne s’autoriserait jamais à le dire à voix haute.

Elle avait peur. Effroyablement peur de l’état de l’espagnol de l’autre côté de la porte. Est-ce qu’elle lui manquait autant qu’il lui manquait ? Est-ce qu’il regrettait son geste d’autrefois ? Est-ce que lui aussi, voulait peut-être renouer ce lien si fort qu’ils avaient eu un temps ?

« J’suis là, Antonio… J’suis jamais vraiment partie… »
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MessageSujet: Re: "Le coeur n'a jamais de rides ; il n'a que des cicatrices." | PV Espagne.   Dim 15 Avr - 13:10

Ces mots... Ces paroles... Cette voix... Elle était belle et bien réelle. Elle était réelle mais elle pleurait. Floride pleurait et Antonio n'avait même pas le courage de sortir la consoler. Il n'avait pas le courage de l'enlacer, de lui dire que tout va bien. Non. Il ne pouvait pas faire ça, pas après l'avoir abandonnée durant tant d'années. Rongé par ses sentiments négatifs. Regrets... Culpabilité... Peine... Tristesse... Haine... Tendresse? En quoi est ce mal de ressentir de la tendresse? Bien que dans la situation actuelle vouloir être tendre avec Emily et pourtant être trop lâche pour oser la câliner devait le tuer intérieurement. Pauvre Antonio.

Il plaqua son front et ses poings contre la porte. Il aurait souhaité que cette porte disparaisse ou au moins qu'elle s'ouvre d'elle même afin qu'il puisse retrouver Flo et la prendre dans ses bras. Malheureusement ce n'est pas toujours aussi facile... Il l'entendait pleurer mais ne faisait rien. Espagne serra les dents, il était dégoûté par sa propre lâcheté. Le pire dans tout ça c'est qu'il n'arrivait même pas à pleurer. Pas une larme, rien... Que devait penser Floride, qu'il était toujours ce pseudo père au sourire factice sans cœur qui restait de marbre face aux pleurs d'une enfant. Peut être, qui sait? Qui mieux que Spain peut savoir qui il est. Qui est il réellement en plus? Il avait l'impression de ne jamais être honnête avec lui même. C'est comme si Emily refaisait jaillir son côté naturel.

- Tu n'as pas à t'excuser, Emily, ce n'est pas ta faute. Loin de là! Le seul fautif ici c'est moi, tu le sais très bien. Flo' si tu savais à quel point je...

Il n'eut pas le courage de finir sa phrase, cela sonnait peu être un peu trop comme des aveux de sa part. L'hispanique soupira tout en laissant ses mains glisser le long de la porte. Ses bras étaient aussi mous que de la guimauve, avouer ce genre de choses, c'est fou comme c'est gênant. Surtout pour Antonio qui a pour habitude de cacher ses véritables sentiments. Il avait une drôle de sensation d'un seul coup, c'est comme si toutes ses émotions était jusqu'alors enfermées dans une boite et qu'il en avait jeté la clef depuis belle lurette et que Flo avait retrouvé cette fameuse clef et s'apprêtait à libérer ses émotions. Il sourit, écœuré. Au final ce n'était qu'un hypocrite qui n'avait jamais cessé de se cacher derrière un large sourire...

- C'est... stupide, n'est ce pas? Hahaha, tu dois me trouver tellement stupide. Je t'entends pleurer et pourtant je n'arrive même pas à ouvrir la porte, il se tut, réalisant que les pleurs de Floride étaient moins forts, Je crois qu'en réalité j'ai peur... Ouais, en fait je crève de trouille à l'idée de te faire face à nouveau. Pardonne moi, Emily...
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MessageSujet: Re: "Le coeur n'a jamais de rides ; il n'a que des cicatrices." | PV Espagne.   Dim 15 Avr - 14:55

« C'est... stupide, n'est ce pas? Hahaha, tu dois me trouver tellement stupide. Je t'entends pleurer et pourtant je n'arrive même pas à ouvrir la porte… »

Elle s’apprêtait à répondre que non. Qu’elle ne le trouvait pas stupide. Qu’elle le trouvait ô combien plus fort qu’elle, car il ne semblait pas s’effondrer alors qu’elle était en pleurs, alors qu’elle, elle était tombée en morceau au premier son de sa voix.

« Je crois qu'en réalité j'ai peur... Ouais, en fait je crève de trouille à l'idée de te faire face à nouveau. Pardonne moi, Emily... »

Les mots restaient coincés dans sa gorge, sa voix ne semblait plus vouloir donner signe de vie.

Elle aurait voulu lui dire qu’elle aussi, elle avait peur. Qu’elle avait peur que s’ils redevenaient proches, la même chose se reproduise. Qu’il la laisse à nouveau, livrée à elle-même. Elle voulait lui dire qu’elle avait peur d’avoir trop changé pour mériter une seconde chance. Qu’elle avait peur de ne plus être la petite fille qu’il chérissait dans le passé. Qu’elle avait peur de ne plus être celle qu’il fallait, d’être devenue un réel pion du jeu, sans âme, sans cœur, alors qu’elle croyait être une véritable personne.

« …Antonio… »

C’était le seul mot qui réussit à sortir de sa bouche. Pitoyable.

A l’intérieur d’elle, Emily était toute chamboulée. Autant sa tête lui disait que tout cela allait mal finir, autant son cœur lui disait qu’ils étaient sur la bonne voie. Une petite voix lui disait de tout déballer, de tout dire, de ne plus rien garder pour elle, car de toute façon, le masque était tombé.

Après toutes ces années où ils ne s’étaient vus que de loin durant les rares réunions auxquelles elle participait, après toutes ces années où elle l’avait aperçu, auprès des pays d’Amérique du Sud, très présent dans son état, après toutes ces années où ils s’étaient finalement ignorés, où elle avait choisi de l’ignorer, de ne le regarder que s’il avait le dos tourné de peur qu’il ne croise son regard.

Elle crevait de trouille, elle aussi. Parce qu’elle avait toujours cru que sa vente avait été causée par le fait que Spain ne tenait plus à elle. Elle avait toujours cru que quand elle avait rejoint Alfred, Antonio ne l’aimait plus, ne pensait plus à elle, ne s’inquiétait plus pour elle. Elle en était même persuadée.

Mais ce qu’elle l’entendait dire, ça lui disait juste le contraire…

« … Antonio… Je… J’ai…, sa voix diminua de volume, devint un son presque inaudible, …besoin de toi… »

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MessageSujet: Re: "Le coeur n'a jamais de rides ; il n'a que des cicatrices." | PV Espagne.   Lun 16 Avr - 19:53

- … Antonio… Je… J’ai… besoin de toi…

Non, arrête! Emily stop, arrête ça! Ne prononce pas ces paroles tant redoutées... Ne prononce pas ces mots avec une voix aussi faible... Si tu lui dis ça comment veux tu qu'Antonio réagisse? Comment veux tu qu'il refoule de nouveaux ses émotions maintenant qu'il était submergé par ces dernières? C'était trop pour lui, beaucoup trop... Il devait sortir, il devait affronter ses vieux démons et croiser à nouveau le regard de celle qu'il considéré jadis comme sa propre fille. Il se releva comme un seul homme, la main sur la poignée, bien décidé à ouvrir cette satanée porte et pourtant il se figea littéralement sur place, tel une statue de glace. Un frisson lui parcourut l'échine. Antonio n'arrivait plus du tout à bouger comme paralysé par une force inconnue.

Cette force qui lui était étrangère qu'était elle au final? La peur? Oui. C'était certainement cette angoisse de revoir Floride qui l'empêchait de se mouvoir à son aise. Il l'avait quittée en larmes et maintenant il allait la revoir en larmes. Entre ces deux instants de leurs vie tant de choses leur étaient arrivés. De bonnes comme de mauvaises et pourtant aucun d'eux n'avait lâché ne serait ce qu'une larme durant toute cette période. Les adieux font mal, les retrouvailles font mal mais le temps de séparation est sûrement le plus douloureux du lot. Et encore. Le temps de séparation pour un être humain normal n'est rien comparé aux déchirements de nations... Durant tant d'années ils s'étaient ignorés l'un l'autre et maintenant qu'ils avaient une chance de se réconcilier en se sautant au cou l'un l'autre la peur les en empêchait. Ou plutôt, la peur empêchait Spain d'ouvrir la porte pour revoir Floride.

L'espagnol l'entendait se morfondre se l'autre côté alors que lui restait impuissant face à ses sentiments. Il était complètement chamboulé. *Je... Je... Flo, j'ai besoin de... J'aimerais... Pourquoi? Pourquoi suis-je si faible?!* Les pensées d'Antonio étaient tout aussi confuses que ses émotions, le pauvre, c'est à se demander qui de lui ou Floride est l'enfant. À moins qu'ils ne soient tous deux restés des enfants... Des enfants impuissants lorsqu'il est l'heure de faire la paix. Des enfants impuissants lorsque leur cœur parle à la place de leur raison. Des enfants qui se sont perdus de vue il y a longtemps et qui sont sur le point de se retrouver.

- Emily je...

"Je"? Je quoi? "Je suis quoi pour toi"? Tout ces mots qu'il n'arrivait pas à dire. Tous ces mots qu'il n'arrivait pas à lui avouer. C'était un véritable foutoir dans sa tête... Soudain il entendit quelque chose se cogner contre la porte. Son sang ne fit qu'un tour et il ouvrit d'un coup. Le voilà désormais face à une Emily en larmes qui le dévisageait de ses yeux bleus perdus au milieu de l'eau. Il tomba à genoux et l'enlaça. Son cœur battait si fort, si vite, si... Irrégulièrement. La blonde venait de lui faire la peur de sa vie, il était à bout de nerfs et pourtant il ne pleura pas. Il n'y arrivait pas. Il balbutia quelques paroles sans queue ni tête avant de resserrer son emprise sur la Floridienne. Il prit une grande inspiration, pour se calmer, pour la calmer. Il passa sa main dans ses mèches blonde en gardant les yeux fermés.

- Je suis là... Ne t'en fais pas, je suis là...


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Dernière édition par Espagne le Mer 18 Avr - 12:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "Le coeur n'a jamais de rides ; il n'a que des cicatrices." | PV Espagne.   Mar 17 Avr - 20:23

L’instant qui passa entre le son de frottement qui lui indiqua que Spain s’était levé et celui où la porte s’ouvrit lui sembla une éternité.

Elle reniflait, son cœur battait la chamade et l’eau coulait abondamment de ses prunelles bleues. Là, assise sur le sol, les mains glissant lentement contre le bois de la porte, elle attendait. Peut-être était-il reparti se coucher. Peut-être n’allait-il jamais ouvrir la porte. Peut-être n’allaient-ils jamais se retrouver. Peut-être rêvait-elle, ou cauchemardait-elle encore. Peut-être allait-elle se réveiller.

Mais la porte s’ouvrit. Ses yeux s’écarquillèrent alors qu’elle regardait Antonio désormais devant elle. Celui-ci tomba à genoux et l’enserra. Elle n’avait pu faire aucun geste, tellement elle était surprise.

Lentement, elle passa ses bras dans le dos d’Espagne et cacha son visage contre son épaule. Ses pleurs redoublaient, mais plus de sanglots. Juste des larmes, juste de l’eau. Elle avait retrouvé les bras de son enfance, son chez-elle après les plaines de Floride, les bras réconfortants qui la bordaient et la protégeaient des cauchemars. Elle l’avait retrouvé après tant d’années passées à se regarder, à s’observer de loin.

Elle serra doucement le haut d’Antonio entre ses doigts fins. Elle n’osait pas y croire, elle avait comme besoin de le sentir vraiment tout contre elle. Les mains hispaniques passaient, çà et là dans ses cheveux blonds en bataille, et sa voix la rassura.

Il est bien là, Emily. Il est bien là. Ce n’est pas qu’un songe fuyant, pas un rêve qui s’efface au lever du jour. Ce n’est pas une chimère qu’on écarte d’un mouvement du bras. Ce n’est pas de la fumée sur laquelle on souffle pour l’éloigner.

Non, c’était bien Antonio qui la serrait et lui qu’elle serrait. Comme ça faisait du bien de retrouver un être cher après tant d’années…

« … ‘Tonio… Antonio, shit… Mierda… »

Jurer, chez Emily, c’était se libérer d’un certain poids. Ca retranscrivait des mots qu’elle n’avait pas le courage de dire. Dans ce cas-là, ça signifiait sûrement « Tu m’as manqué ». Sûrement, voire évidemment.

La floridienne n’arrivait pas à calmer le flot continu d’eau. Même en essayant. L’émotion était encore trop forte, trop présente, pour qu’elle puisse arrêter de pleurer. Mais c’était plus des larmes de joie que de tristesse ou de nostalgie.

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MessageSujet: Re: "Le coeur n'a jamais de rides ; il n'a que des cicatrices." | PV Espagne.   Mer 18 Avr - 19:38

Sa respiration se faisait de plus en plus saccadée et son pouls s’accélérait au fur et à mesure qu'il enlaçait la blonde. Sa première pensée fut que si jamais il se soit agit d'un rêve il souhaitait ne jamais se réveiller. Jamais. Heureusement pour lui cette chaleur humaine ne pouvait le tromper, elle était bien réelle, il ne rêvait pas... La sentir là, tout près de lui, le rendait tellement heureux qu'il ne trouvait même plus les mots pour décrire son état émotionnel. Il aurait pu pleurer de joie, oui c'est vrai, il aurait pu... Haha si seulement il pouvait y parvenir.

Il poussa un long soupir de soulagement puis un autre, plus court, de satisfaction cette fois-ci. Il avait réussi à surmonter son stress et sa peur pour retrouver sa chère Emily. Il sourit. Il eut également envie de rire, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Sa voix s'était comme envolée en même temps que ses angoisses et remords passés. Quoique, la culpabilité ne semblait pas prête à partir, elle. Soit, au moins il se souviendrait à quel point il fut cruel auparavant avec la blonde et tenterait alors de se faire pardonner tant bien que mal.

Ils restèrent dans les bras l'un de l'autre durant un long moment sans prononcer la moindre parole. Ces retrouvailles étaient plus que fortes en émotion pour ces deux là, d'un côté Emily se vidait de toutes les larmes de son corps et de l'autre l'espagnol avait les idées aussi confuses que ses émotions. Au bout d'un moment Antonio la relâcha. Il la regarda, elle n'avait pas changé, elle était restée la même que dans ses souvenirs aussi lointains soit ils. L'hispanique essuya une larme qui commençait tout juste à perler au coin de l'œil de la Floridienne puis lui sourit. Ce sourire était tellement... Triste.

Une expression grave remplaçait son habituelle mine enjouée. Il observait le visage d'Emily encore souillé par les pleurs. L'espagnol se mordit la lèvre inférieure, au final il n'avait engendré que de la souffrance en l'accueillant, il lui avait causé des soucis ainsi que des séquelles indélébiles qui la suivront et la hanteront chaque fois qu'ils se verront. Un sourire timide naquit sur le visage de Floride ce qui eu pour effet d'à la fois surprendre et rassurer le brun. Peu être que leurs retrouvailles n'avaient pas que de mauvais côtés. Et puis depuis quand Antonio est il aussi pessimiste, lui qui a pour habitude de toujours voir le verre plus que rempli pour ensuite le boire!

Il s'appuya contre le mur et ramena la blondinette avec lui, ils s'assirent côte à côte dans le noir et bien que le silence était plus que pesant cela ne semblait pas les déranger. Ni l'un ni l'autre ne souhaitait parler après l'accolade de tout à l'heure ressentant peu être une certaine honte, une sorte de faiblesse qu'ils auraient préféré ne pas éprouver. Afin de briser la glace à nouveau Espagne s'arma de son arme la plus fatale : sa bonne humeur. Il ébouriffa Emily en souriant tout en lui demandant comment elle allait en ce moment en espérant qu'elle ne lui retourne pas la question.
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