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 Les contes de mille et une nuits [Pv : Turquie]

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MessageSujet: Les contes de mille et une nuits [Pv : Turquie]   Sam 15 Oct - 17:02

&

    Revenons de nombreuses années en arrière. Oublions, le temps de quelques instants, tous les ennuis du vingt-et-unième siècle, les guerres mondiales, les crises économiques, les sociétés de consommation et la mondialisation. Oublions tout ce vocabulaire barbare, et allons faire un tour du côté du monde, à l’époque des conquêtes et des civilisations en pleine ébullition. Certaines atteignaient leur âge d’or, tandis que d’autres s’effondraient, entraînant dans leur chute, d’autres peuples qui n’avaient rien demandé. C’était l’époque où la planète était dirigée par des géants. Des géants qui bougeaient dans tous les sens, se battaient et, quelques fois malheureusement, se cassaient la figure. Bien entendu, c’est ce qui était arrivé à Rome, rongé de l’intérieur par les vices de ses citoyens. Ce fut aussi le cas pour Egypte Antique, qui sombra, accrochée amoureusement au bras du romain. Et, lorsqu’un parent disparaît, il est d’usage de confier, plus ou moins de force, l’enfant à quelqu’un d’autre. Quelqu’un de la famille. Ou qui prétendait l’être. Peu importe, toujours étant que le jeune Egypte se vit balader d’empires en royaumes, sans jamais savoir s’il allait un jour, connaître la paix de l’indépendance. Mais, c’était sans compter les puissances de l’époque qui s’arrachaient littéralement le fils de l’une des plus grandes civilisations des débuts de ce monde. A croire que, mettre la main sur Gupta était synonyme de gloire certaine. La réalité était tout autre : que pouvait-on tirer de ce gamin qui ne connaissait quasiment rien de la façon de gouverner de sa mère ? Absolument rien. Il ne fallait pas se faire d’illusions : comme tout enfant que chaque nation avait pu être, Egypte avait préféré jouer à courser les dieux égyptiens, plutôt que d’apprendre les lois, plus ou moins civiques, afin de contrôler ses terres, en bon pharaon.

    Tout ça pour dire que, finalement, Egypte parvint entre les griffes du terrible Turquie. A cette époque, il avait jugé bon de se faire appeler Empire Ottoman, et était plus puissant que jamais. Il s’appropriait avec une efficacité alarmante tous les pays abandonnés par les autres, les anciens grands, les nouveaux, les rejetés ou même les convoités. De ce fait, il s’était accaparé Egypte qui, malgré le fait qu’il était totalement désorienté par ce nouveau changement, était un peu plus soulagé déjà, d’avoir quitté la terrible religion du christianisme. En effet, s’il y avait bien une chose que Gupta ne regrettait pas de sa longue annexion par Sadiq, c’était l’apprentissage de l’Islam qu’il lui avait soigneusement conféré. Mais, à l’époque où se déroule ce récit, Egypte n’en avait pas encore pris conscience. Déjà que de nos jours, il n’apparaissait pas comme un être humain particulièrement âgé, il ressemblait là en tout point à un adolescent à l’aube de sa majorité. Toujours ce même air stoïque, mais le visage un peu plus abîmé par les récentes batailles, suffisamment violentes pour laisser de longues et sinueuses traces sur sa silhouette d’enfant, encore emmitouflé dans des draps blancs, laissant à peine l’occasion à ses cheveux d’ébène de voir le jour. De plus, il lui restait encore aux poignets et aux chevilles quelques bracelets dorés, dernier héritage de sa tendre mère et dont il ne se séparerait pas, même pour tout le reste de l’or du monde.

    Gupta déambulait donc en silence, dans l’immense palais haut en couleurs de Turquie. Il y régnait une atmosphère lourde de richesses, qui rendait la jeune nation mélancolique de ses pyramides fraîches et totalement vides. Non, vraiment, il pressentait qu’il aurait un mal fou à s’adapter à ce mode de vie. D’autant plus qu’il avait été réduit au rôle de véritable chien –de garde, ou non- de Sadiq. En effet, ce dernier, tel un grand frère goguenard, se complaisait à envoyer sa nouvelle cible accomplir mille et une tâches, toutes plus ingrates les unes que les autres. Pour le moment, elles n’étaient pas bien compliquées, mais jugées un peu trop ridicules pour l’enfant des pharaons. Toutefois, n’ayant pas la constitution physique ou politique nécessaire, il n’avait pas le choix. Il les accomplissait donc, sans un mot, le visage clos et son regard auburn assombri par le voile qui lui couvrait les cheveux. Oh, il y avait bien Grèce avec qui il aurait pu s’allier. Toutefois, les deux jeunes pays s’évertuaient à garder leurs distances. En effet, le grec était aussi turbulent que l’égyptien était docile. Un chat errant et un chien. Deux petits animaux de compagnie pour une seule puissance. Aujourd’hui, Hassan n’avait pas encore croisé son camarade grec. En fait, Turquie lui avait décerné cette fois-ci, le devoir de lui rapporter de quoi se désaltérer, exactement comme un prince l’aurait fait savoir à son serviteur. Outre aller chercher de l’eau en manquant de tomber dans le puits chaque fois, il avait jugé bon de lui ramener du vin, dans un récipient scintillant de mille pierreries. L’objet lui rappela les couverts de sa propre mère portée disparue, et un soupir franchit ses lèvres brunes, tandis qu’il progressait lentement jusqu’à la chambre où se trouvait son frère.

    Une fois arrivé, il écarta de son passage le lourd rideau qui marquait l’entrée de l’immense pièce, enfumée par les nombreux encens qui grésillaient dans tous les coins. Le parfum de l’orient envahit les bronches d’Egypte qui s’obstinait à ne rien laisser paraître, comme son éducation le lui avait enseigné. En tant que nation, et pas seulement simple être humain qui subit, il se devait de rester de marbre, de souffrir, d’appréhender, d’aimer, avec le même silence dans lequel les secrets de ses terres s’étaient enfouis. Le colosse turc était au fond de la salle, élégamment installé sur une myriade de coussins aux couleurs de feu, son regard étincelant perdu derrière le mystère de son masque. Gupta le considérait de là où il était, avec certainement cette admiration que porte le cadet d’une fratrie à son aîné. Il ne savait pas encore quoi penser de lui, toujours étant qu’on ne disait pas que du bien de l’Empire Ottoman. Toutefois, s’il voulait un jour grandir et s’émanciper de tous, il devait apprendre aussi à se forger sa propre opinion sur ses voisins. Et cela s’avérait bien plus facile à dire qu’à faire. Surtout qu’il n’était pas du genre à discuter avec les autres, depuis le jour où il avait vu sa mère tomber. A présent, il se contentait de scruter les gens qui l’entouraient, tous ces inconnus. Et, il fallait avouer qu’observer Turquie était une activité tout à fait fascinante. Jusqu’à maintenant, il n’avait connu que les autres égyptiens, et ces derniers lui avaient parlé des légendaires européens à la peau et aux cheveux blancs comme la lune. Sa mère, lorsqu’il n’était pas sage, le menaçait de l’envoyer là-bas, ou pire encore, de le conduire jusque chez l’Empire Ottoman, justement. Quelle ne fut pas la stupeur de Gupta lorsqu’il se rendit compte que ce démon chez qui on le menaçait de l’envoyer ressemblait en tout point à un humain … Toutefois, malgré ce terre-à-terre, la crainte persistait. Une crainte mêlée de fascination.

    Gupta s’était un peu avancé, pour venir s’arrêter non loin de lui, la jarre de vin entre ses doigts de sable, le transperçant de son regard comme une lame d’or, les dents serrées comme s’il était face à un bourreau …
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MessageSujet: Re: Les contes de mille et une nuits [Pv : Turquie]   Jeu 12 Avr - 19:29

Sadiq Adnan ou Empire Ottoman, devait ses grandes conquêtes à ses dirigeants. Certains ont été des bons à rien mais la plupart savaient ce qu’ils faisaient. Certains même lui avaient fait découvrir des choses qu’il ne croyait pas exister. Comme des gens aux cheveux dorés et qu’il n’était pas l’unique personne comme lui. Ça il l’avait compris quand son grand-père a disparu, l’Empire Byzantin n’a pas duré mais il restait quelqu’un de cher pour Sadiq. Et maintenant il avait pris sa place comme grand empire conquérant. Il était là, totalement évaché sur le tas de coussins, entouré de millions d’odeurs différentes, à attendre qu’une de ses plus récentes conquêtes viennent lui porter son vin. Il sourit en coin en pensant à cette conquête. Il adorait l’Égypte et tout ce qu’il y était relié. Voilà maintenant qu’il en était le maître.

En entendant le froissement silencieux du rideau il leva la tête pour voir le représentant de cette grande nation entrer. Il le détailla en le regardant arriver vers lui. Le teint foncé de l’égyptien faisait sortir ses yeux qui semblaient vous scruter longuement pour chercher des réponses à des questions informulés. Il semblait si fragile aux yeux du grand turc mais Sadiq savait combien il avait enduré. Il savait quel souffrance le faisait rester si sage et si silencieux. Quand Gupta s’approcha pour lui donner la jarre de vin, il le fixa dans les yeux et vit la lueur hostile des yeux de l’égyptien. Un sourire en coin se forma sur les lèvre du turc puis en se raclant la gorge il dit :

« Sers moi un verre Gupta et fais attention cette fois de ne pas en verser sur mes précieux coussins…»

Il lui donna un regard d'avertissement et le fixa pendant l'opération.

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