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 Gloomy sunday [pv Prusse ♥]

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MessageSujet: Gloomy sunday [pv Prusse ♥]   Sam 8 Oct - 17:49

Il y avait deux choses qui lui déplaisaient particulièrement en Russie. La première était le Froid. Le Vrai, le Grand. Et les majuscules n’étaient vraiment pas là pour faire joli.
La deuxième chose était le maître des lieux. Ivan Braginski. Le russe. Russie. L’URSS. Parfois elle songeait qu’il avait autant de noms que le diable lui-même. Et que ses yeux révélaient la même folie meurtrière.
Elle haïssait ses yeux. Et son visage souriant. Et son gros nez. Et sa saleté d’écharpe.
Oh, oui. Surtout cette écharpe. Il lui arrivait de rêver qu’elle l’étranglait avec.
Mais, la vérité est qu’elle était de nouveau l’esclave de quelqu’un, elle qui vivait pour sa liberté. Peut importait qu’on appelle ça une « union » ou une « annexion ». La réalité était qu’on était de nouveau sous la domination d’un autre. Et elle détestait ça.

Lorsqu’on a du feu dans les veines, la neige est une malédiction. Elizaveta étouffait dans cette maison trop grande et trop froide. Une claustrophobie qui la rendait chaque jour un peu plus faible, et un peu plus déterminée à partir de la maison slave. Elle ne lui appartenait pas. Elle n’appartenait à personne. Jamais. Mais à chaque rébellion son sang coulait, et son sang n’était pas que le sien, il était à tous ces gens qui donnaient sa vie pour elle. Son peuple, si fier qui mourrait sous les balles des fusils russes.
Hongrie était assise près de la seule fenêtre que possédait sa chambre. Le front posé contre le verre sali par des traces de fumée, elle regardait le paysage gris qui s’étendait. Elle ne savait même plus quel jour on était…

-…vasárnap ?

Dimanche. Elle eut un rictus, le regard perdu dans le vague. Oui, dimanche, sombre, sombre dimanche. Il y a quelques années (oh, avant la guerre et cette défaite et cet emprisonnement ! Ce n’était pas si loin, encore moins pour une nation, mais elle avait l’impression de vivre ici depuis des siècles) un homme avait écrit une chanson sur ces dimanches où l’on voudrait simplement sauter par la fenêtre pour retrouver ceux que l’on a perdus à jamais. Jolie chanson, tellement mélancolique et nostalgique que des hongrois s’étaient suicidés après l’avoir écouté. Le regret était une chose qui ne pardonnait pas, apparemment. Elizaveta ne trouvait pas vraiment cette mélodie déprimante au point d’en mourir. Triste, évidemment, mais belle. Sa langue était parfaite pour exprimer la douleur des temps anciens. Les abrutis qui disaient qu'elle était juste imprononçable devraient aller pourrir en enfer. La hongroise fredonna les premières notes. Et puis les paroles lui revinrent en mémoire, glissant entre ses lèvres, mi-murmure, mi-chant.

"Szomorú vasárnap száz fehér virággal
Vártalak kedvesem templomi imával
Álmokat kergető vasárnap délelőtt
Bánatom hintaja nélküled visszajött
Azóta szomorú mindig a vasárnap
Könny csak az italom kenyerem a bánat..."




La hongroise plaqua une main contre la vitre. Dieu, qu’elle avait envie de la briser. S’enfuir d’ici, retrouver sa maison, son peuple... Chez elle il ne faisait jamais aussi froid. Elle frappa du poing contre le verre, pour tester sa résistance et ne réussit qu’à se meurtrir la main. Elle étouffa une exclamation de douleur et de frustration et fixa sa main, se détachant de la contemplation du paysage hivernale. Ce... geci. Ce sale russe. Il l’avait affaibli à force de privations et de coups comme un chien qu’on dresse, et toujours avec ce sourire malfaisant, ce sourire de monstre. « Voyons, Hongrie…Sois raisonnable. » Mais qu’est-ce qu’il croyait ? Qu’elle allait se laisser mater, se laisser briser ? Il avait trop bu de vodka frelatée le ruskov. Jamais. JA-MAIS.

Mais elle était épuisée. Ce simple éclat de colère comme il lui en arrivait des dizaines par jour, « autrefois », ce pauvre mouvement de rébellion la fatiguait. Et il avait parfaitement compris ça. Il la laissait seule, souriait à ses insultes pour la frapper plus violemment ensuite. Elle en avait assez. De la solitude et du froid. De la fatigue maladive qui lui pesait sur les épaules. De tout. Elle voulait vivre et plus survivre !
Son poing claqua à nouveau contre le carreau, cette fois avec violence. Elle recula de devant la fenêtre, se tenant la main en jurant comme la pire des poissonnières hongroises. Et leva les yeux en voyant que sa porte était en train de s’ouvrir. Le russe ?

Non, en fait ce qu’elle haïssait le plus, s’était ce frisson de sueur froide qui lui coulait dans le dos.


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MessageSujet: Re: Gloomy sunday [pv Prusse ♥]   Mer 12 Oct - 12:52

      Encore, puis un autre. Ah on variait, après le coup de poing voilà qu'il s'armait de son tuyau mais, maintenant, Gilbert ne ressentait presque plus aucune douleur, car voilà bientôt deux semaines qu'il croupissait dans cette cave crasseuse à se faire battre trois fois par jusqu'à deux heures durant, par Ivan Braginski. Son geôlier prenait un malin plaisir à lui briser des os dont l'albinos ignorait jusqu'à aujourd'hui l'existence.
      Actuellement cela faisait bien, un quart d'heure ? Une demie-heure ? Le prussien ne le savait plus vraiment, que le soviétique le frappait incessamment. Prusse n'était plus que l'ombre de lui-même, mais qu'avait-il donc fait à ce russe pour qu'il le traite ainsi ? Mais enfin il ne faisait plus vraiment attention aux coups que lui collait Russie, il encaissait simplement parce que la seule et unique raison qui le poussait à se laisser enchainer dans une pièce noire et sans son frère. Il n'y avait le sourire de son frère au fond de sa mémoire qui lui donnait la force de se laisser torturer.
      Après un certain temps, Ivan sortit le sourire aux lèvres, jubilant et léchant le sang ruisselant près de sa bouche qui ne savait que ricaner comme Méphistophélès lui-même, si ce n'est pire, laissant Gilbert gisant au dans son propre sang, la moitié des os du corps en miettes sans aucun moyen de bouger, pieds et poings liés avec des chaînes bien trop serrées pour lui. Du sadisme à l'état pur et seulement la douleur qui envahit son corps comme un voile mortelle qui couvrait délicatement chaque centimètre de son être semi-mort.
      Gilbert fut heureux de remarquer que dans les trois semaines qui suivirent, Ivan ne lui rendait plus de visite du moins jusqu'à ce fameux jour où le ruskov vint le chercher, oui il le fit sortir, histoire de réparer son jouet un peu trop abimé. L'albinos bénéficia d'un petit séjour dans un lit, un vrai ! Le temps de se faire soigner et laver par le personnel de maison, mais il savait pertinemment que dans quatre à cinq jours maximum il retournerait au trou pour se faire torturer encore, combien de temps ? Qu'importe maintenant il a vécu le pire.
      Le lendemain après-midi, Gilbert ouvrit brusquement les yeux après avoir rêvé du champ de bataille, des cadavres sanglants qui composaient son tapis rouge et un frisson l'envahit, non le froid n'était pas plus au rendez-vous que d'habitude, c'était la peur et la crainte. C'est bien la première fois que le prussien ressent cela, ou alors, il ne la reconnaissait plus, elle était tellement forte cette sensation de peur.
      Il se sentit la force de bouger alors il se leva tant bien que mal et prit de sa main la plus utilisable, la béquille qui devrait l'aider à marcher. Il sortit de la chambre où il dormait depuis deux jours et avança dans l'immense maison slave. Essayant de marcher tant bien que mal, tel un fantôme qui hantait la maison, il prit le temps de monter lentement les escaliers et une fois arrivé en haut il hésita un moment entre la gauche et la droite puis pencha plus facilement vers la gauche. Il longea donc le couloir, regardant parfois les portraits de Ivan qui traînaient sur les murs. Il est ridiculement russe, oui "russe" est une insulte ! Bref il maudissait chaque image qu'il croisait de lui et soudain, il entendit une douce mélodie, il crut un instant, reconnaitre la voix qui prononçait ces paroles presque funestes, il les connaissait ces paroles. Aussi, il s'avança dans le couloir pour rejoindre la chambre d'où provenait la chanson, le rythme de sa marche fit, qu'il arriva lorsque la chanson fut finie. Il regarda la porte et baissa la poignée pour y entrer.
      Il en oublia de prononcer un mot de politesse, découvrant ainsi, assise sur le bord de la fenêtre, une hongroise apeurée, qui tremblait en regardant la porte s’ouvrir.


      « - Lizzy ? »

      En effet c'était bien sa meilleure ennemie qui se tenait là devant lui alors qu'il refermait la porte derrière lui.


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MessageSujet: Re: Gloomy sunday [pv Prusse ♥]   Sam 26 Nov - 12:15

« - Lizzy ? »

C’est fou comme une simple voix peut changer en un instant tous les sentiments que l’on éprouvait. La terreur enfantine qui s’emparait de Hongrie disparut au moment ou l’albinos l’appela. Elle l’aurait reconnu n’importe où.
Cette voix stupide et nasillarde.
Elle lui avait manqué…

-Qu’est-ce que tu fous là, Gil ?


La hongroise essaya de reprendre contenance en se cachant derrière son agressivité. Il lui avait fait peur, ce con… Elle en avait les larmes aux yeux. Bon, peut être qu’en y réfléchissant bien c’était juste parce qu’elle était soulagée de le voir lui et pas le grand russe. Tout aurait été préférable à la violence hypocrite de Russie. Tout.
Elle détourna son visage, essuyant avec rage ses yeux bien qu’ils n’aient pas encore laissé s’échapper ses larmes. Elizaveta n’avait jamais pleuré devant le prussien… Ou du moins, pas depuis qu’ils étaient gosses. Et ce n’était pas dans cette situation où elle se sentait si faible et vulnérable qu’elle allait commencer. Rester fière.
Hongrie passa nerveusement une main dans ses cheveux, recoiffant la fleur un peu fanée qu’elle y avait accrochée. Il n’y avait pas beaucoup de fleurs en Russie. Elles seraient mortes de froid, de toute façon. Elle jeta un coup d’œil à l’albinos, certaine de ce qu’elle allait voir : les cheveux presque blancs décoiffés, le sourire narquois, les prunelles rouges…

Évidemment, tout ça y était.

Mais, les béquilles, la maigreur inquiétante, le regard fiévreux et les cicatrices encore fraîches sur la peau pâle ne faisaient habituellement pas partis du lot « Gilbert Beilschmidt ».
Elle étouffa un cri de surprise, une main sur sa bouche. La hongroise n’était ni une faible femme ni le genre à être impressionnée par quelques écorchures. Mais son rival de toujours avait l’air d’avoir été mâché et recraché par un monstre. Et comme il n’y en avait véritablement qu’un ici, elle se doutait bien de quelle sorte de monstre il s’agissait.

Lui. Encore et toujours lui.

La cause de tous leurs maux, de toutes leurs souffrances. Mais elle devait lui reconnaître qu’il était plus intelligent qu’elle ne l’avait imaginé. Il les avait tant isolés dans sa grande maison glaciale qu’ils n’avaient jamais eu l’idée de s’allier. Non, pire ils ne s’étaient même pas rendu compte qu’ils étaient tous réunis dans la demeure soviétique. Ivan avait réussi l’exploit de les faire se retrancher en eux même, oubliant la souffrance des autres pour se concentrer sur la leur.
Et Elizabeta en avait honte. Et comme à chaque fois qu’elle se sentait submergée par la honte, elle mourait d’envie de se venger. De cette humiliation subtile que lui avait fait subir le russe, en plus de tout le reste. Les coups, les privations, le froid ce n’était rien, rien du tout, comparé à l’égocentrisme dont elle avait fait preuve.
…A cause de lui. Encore et toujours à cause de lui ! Malheureusement pour sa conscience, il y avait cette petite voix dans sa tête qui lui murmurait qu’elle était aussi fautive que Russie…

« T’aurais pas dû pleurnicher sur ton sort Eli…. T’aurais pas dû te regarder le nombril comme ça… Tu serais libre si t’avais levé les yeux, Eli… Si t’avais juste regardé autour de toi… »


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MessageSujet: Re: Gloomy sunday [pv Prusse ♥]   Mer 30 Nov - 18:14

      Il sourit, en la voyant essuyer ses larmes nerveusement et au son de sa voix. Étrangement son ton agressif et froid lui réchauffa le cœur, il ne la lâchait pas du regard, peut-être en avait-il assez de voir tous les jours, le visage du tyran qui le brisait un peu plus chaque jour.
      La hongroise releva enfin les yeux vers Gilbert et poussa un léger de surprise ou d’horreur, il ne le savait pas très bien. L’albinos éclata de rire.


      «-Je fais si peur que ça ? »

      Son rire s'éteint et laissa place à un sourire pincé, comme s'il se devait de toujours sourire même quand la situation était la pire au monde. Bien sûr il ne voulait pas paraitre faible, même si son état disait tout le contraire, mais il avait aussi remarqué que Elizaveta n'était pas non plus au mieux de sa forme physique et psychologique, l'albinos voulait peut-être, non surement, même si intérieurement il ne se l'avouait pas, il voulait la revoir sourire, car à lui aussi ça lui ferait le plus grand bien.
      Il baissa la tête pour éviter son regard qui commençait à devenir un peu trop pesant. Il le savait qu'il était en lambeaux et le visage de la hongroise l‘inquiétait davantage.


      «-Et pour répondre à ta question je n’ai pas vraiment choisi d’être là… enfin presque…»

      Il boita jusqu’au lit qui trônait au milieu de la pièce et son visage se crispait à chacun de ses mouvements. Il s’assit sur le bord du matelas afin d’étendre ses jambes qui ne supportait plus le poids de son corps et de sa douleur. Il releva la tête pour regarder son amie. Elle avait les larmes aux yeux, mais il voyait qu’elle les retenait. Par fierté ou par principe. Il est vrai que le prussien détestait se faire plaindre et elle le savait. Mais sur son visage il lut aussi l’incompréhension, elle avait vraiment l’air de se demander ce qu’il foutait là.
      En fait, même Gilbert ne savait pas qu’il y avait d’autres nations sous le toit russe. Ils n’étaient peut-être que deux dans cette prison glaciale.
Mais il avait de la chance, s‘il aurait une fois imaginé qu'il puisse y avoir quelqu'un enfermé avec lui ici, il aurait prié pour que ce soit elle.
      Ils avaient beau se bouffer le nez depuis qu'ils sont petits, du moins pour le prussien, il considérait un peu comme sa meilleure amie, ou la sœur qu'il n‘a jamais eue. Bon a part Luxembourg mais, voilà…
      Rien que de la voir ça le faisait rire parce qu’il repensait à toutes leurs disputes, c’était la belle époque. Puis l’albinos se demanda si elle subissait des traitements similaires à ceux qu'il endurait lui-même chaque jour.
      Elle ne semblait pourtant pas blessée physiquement, du moins de ce que ses vêtements laissaient voir de sa peau. Gilbert fronça les sourcils avec inquiétude.


      «-Lizzy, ça fait combien de temps que tu es là ?»

      Elle ne lui répondit pas. Et tourna la tête comme si elle ne l‘avait pas entendu.

      «-Lizzy il t’a fait quelque chose ?»

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