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 Crusade of Peace [Pv : Jérusalem]

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MessageSujet: Crusade of Peace [Pv : Jérusalem]   Sam 17 Sep - 11:57

&

    Vraiment, Egypte se demandait ce qui l’avait amené ici. Lui qui était tant attaché à ses mœurs d’autrefois, voilà qu’il marchait sur les plates-bandes du futur. Et un futur de paix, en plus ! Non pas qu’il fut du genre belliqueux, c’était juste que, question diplomatie, il avait encore tout à apprendre. Tant qu’il ne s’agissait pas de commerce, il n’y connaissait rien. Déjà, il se devait de feindre s’intéresser à ses voisins. Et, qui disait voisins, disait forcément la « prestigieuse » ville de Jérusalem … Encore une période de son histoire loin d’être glorieuse. Si l’on devait résumer les liens chaotiques qui reliaient les deux endroits, ils se résumeraient au fait que, depuis bien longtemps –lorsque sa bien-aimée mère dirigeait encore- Jérusalem était LA ville convoitée. Pourquoi ? A l’époque, Egypte était encore trop jeune pour le savoir mais à présent, il savait que c’était pour une histoire de religion … encore. Pourquoi donc sa génitrice s’était-elle tant obstinée à vouloir pousser les portes de la ville sainte ? Surtout pour un tel résultat : aujourd’hui, Jérusalem était partagée entre maintes religions. Bref, ça ne représentait pas une grande victoire pour le pays de Râ. Toutefois, bien qu’il se pose une myriade de question, Egypte venait de franchir l’entrée du quartier méditerranéen, Le Cézanne. Tout de suite, une flopée d’images vint s’écraser devant ses yeux mordorés. Les images d’une jeunesse passée à la romaine, et contre son gré. Ses décors et ses gens, il ne les avait que trop vu. Enfin, maintenant qu’il y était, faire marche arrière allait s’avérer un peu trop louche. Non pas que les différents continents n’avaient pas le droit de s’aventurer un peu partout dans le Village, mais Egypte ne supporterait pas qu’on le voit reculer de la sorte. Quoiqu’on puisse croire, il avait encore un minimum de dignité …

    Gupta déambulait donc dans les rues écarlates typiques à ce quartier, les yeux mi-clos par tant de luminosité. Hier, il avait passé sa journée à vaquer dans l’une de ses pyramides favorites, et ses yeux étaient encore que trop habitués à l’obscurité des tombeaux. Il avait d’ailleurs déniché tout un tas de trésors qu’il s’était empressé de dissimuler dans sa cachette. Voleur ? Pas du tout, il ne faisait que prendre possession de ce qui lui appartenait déjà … et s'afférait à ce qu’on ne le lui vole pas ! Combien de fois avait-il dû partir à la chasse aux étrangers –européens, la plupart du temps- qui venaient gratouiller ses terres ? Il n’allait pas leur déclarer la guerre, mais demandait seulement, un minimum de considération pour le territoire de ses ancêtres ! S’il n’était pas réputé pour s’occuper de son peuple actuel, Egypte l’était en revanche, pour tout ce qui était respect des anciennes mœurs. Un jeune homme cloîtré dans son passé glorieux, comme pouvait en témoigner les bracelets en or qui ceinturaient ses poignets et attiraient l’œil des marchands ambulants de fruits et légumes autour de lui. S’il y avait bien une chose qui le rendait mal à l’aise dans ce quartier –en plus que ce ne fut pas le sien-, c’était le monde qui y habitait. Quoi de plus typique des régions de la Méditerranée ? Lorsque l’on traversait la mer, quittant les côtes africaines, on avait juste l’impression de débarquer dans un autre monde, aussi proche géographiquement soit-il. Ici, pas de déserts titanesques à perte de vue, ni de bidonvilles et de savanes enflammées. Juste des maisons blanches, des tomates et … des touristes. Bon, ok, un point pour Le Cézanne.

    N’empêche qu’Egypte essayait le plus possible de ne pas se faire remarquer. Bon, ça n’était pas gagné du tout ; son teint basané rimait certes avec le décor, mais son inséparable keffieh aux couleurs du désert rendait très mal avec les chapeaux à bords larges des habitants. De plus, comme pour s’en servir de camouflage pas très efficace, il avait jugé bon de se passer autour du cou un épais chèche aux relents de souk, histoire de dissimuler la moitié de son visage dedans, au cas où un Etat mal intentionné viendrait lui chercher des noises. Le jeune homme accoutré en militaire rasait presque les murs, cherchant de l’ombre le plus possible. Parfois, il laissait son regard traîner dans les pelages luisants des chats errants qui avaient envahi la ville, songeant au bonheur que cela devait procurer à Grèce. Lui, il préférait les chiens, même si les félins étaient sacrés à son époque. D’ailleurs, il avait jugé bon de laisser son animal de compagnie chez lui, ce qu’il commençait à regretter, tant il se sentait esseulé.

    Le garçon aux yeux maquillés secoua la tête pour évacuer toutes ces idées futiles. Il devait se concentrer sur cet objectif qui, pour l’instant, ne lui plaisait pas plus que ça. Au détour d’un angle de rue, il releva son regard de faucon et haussa un sourcil. Cette réaction physique était bien moindre par rapport à la surprise qu’engendra la reconnaissance visuelle de cette silhouette, un peu trop familière à son goût. En effet, à quelques mètres de lui, des cheveux blonds et un seul rang : la ville convoitée.

    -« Sion … Je te cherchais. »

    C’est tout ce qu’il parvint à articuler entre ses lèvres dissimulées dans son foulard. Comme il détestait prendre la parole en premier ! Il n’était plus du genre innovateur, ça, c’était il y a bien longtemps, quand la momification était encore de mise … D’ailleurs, il aurait tout donné, à ce moment-là pour aller s’enrubanner dans un coin de sarcophage …
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MessageSujet: Re: Crusade of Peace [Pv : Jérusalem]   Sam 17 Sep - 19:34

    Jérusalem s’était levé ce matin là, de bonne humeur. Bien que cela ne ce voyait pas vraiment sur le visage marqué par les années. L’israélien avait pris un bon petit-déjeuner et avait fait un tour dans son quartier … si différent de l’endroit ou il vivait. Chez lui dans son tas de ruines au beau milieu du désert, les bâtiments de diverses cultures se côtoyaient… enfin pour ceux qui étaient encore debout. En y repensant, la ville eut comme l’effet d’une flèche traversant son cœur. Combien d’années cela faisait-il qu’on se battait chez lui ? Pour le posséder ? Selon Jérusalem cela faisait bien trop longtemps et les combats semblaient ne jamais vouloir cesser. Quand il revint chez lui il adora le mot d’Israël … : parti … oublie pas l’Egyptien … gentil Sion ! La vielle ville sourit et en voyant le soleil se lever, mit ses lunettes de soleil sur son nez. Il avait de bons rapports avec à peu près tous ses voisins maintenant. Il arrivait même à supporter Turquie et Palestine, ce qui pour la ville plurimillénaire était un exploit. Le temps faisait cicatriser les blessures non ? Alors pourquoi l’israélien ne pouvait-il tout simplement pas pardonner à Egypte ? Peut-être bien parce qu’il n’avait jamais eu l’occasion de parler avec l’égyptien.

    Jérusalem sortit de chez lui et s’adossa à la façade de sa demeure. Sur sa table de salon son service à thé était sorti, il avait nettoyé sa maison. Il s’était douché et avait passé un nouveau costume. Il n’aimait pas les tenues militaires. On peut même dire qu’il en avait une sainte horreur sans vouloir jouer sur les mots. L’israélien se tenait donc la devant sa façade blanche, portant un pantalon en toile gris, un veston dans le même gris, une chemise blanche et un nœud papillon détaché autour du cou, alors que sur son nez trônaient ses éternelles lunettes de soleil aux verres violets… Comme à chaque attente, il sortit une cigarette et l’alluma. Fumer était une de ses mauvaises habitudes dont il n’arrivait pas a se débarrasser. Du coin de l’œil il remarqua l’égyptien et posa sa main sur la poignée de sa porte. Sion eut d’ailleurs un petit rire en entendant son prénom dans la bouche de l’égyptien. Il ouvrit la porte, tout en restant dos collé à sa façade.

    « Je t’attendais … Gupta »

    L’israélien entra dans sa maison et attendit que l’égyptien le suive a l’intérieur. Calmement et en souriant doucement il prépara un thé à la menthe. Egypte avait bien de la chance qu’il se soit levé de bonne humeur le vieux… Encore plus calmement Jérusalem s’assit dans son canapé invitant Egypte à faire de même. Le blond enleva ses lunettes de soleil inutiles dans sa maison et plongea son regard doré dans celui de Gupta … bizarrement si semblable au sien. Il but une gorgé de son thé et fixa la ‘jeune’ nation face à lui.

    « Et maintenant ? »

    Une question toute simple mais qu’est-ce qu’elle pouvait être chiante. Ce n’était pas facile de répondre à ça… surtout quand un traité de paix était en jeu. Sion le savait… et le salaud en jouait pour tester la sincérité de l’égyptien. Trop de fois on avait joué avec Jérusalem et maintenant oui on pourrait dire que ce n’était pas gentil, oui on pouvait le traité de salopard mais quand on avait vécu ne serais-ce que la moitié de ce qu’a vécu Jérusalem dans le passé on pourrait aisément comprendre la méfiance de l’israélien surtout envers des nations qui le convoitait autre fois.
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MessageSujet: Re: Crusade of Peace [Pv : Jérusalem]   Dim 18 Sep - 12:09

    Si l’on prenait suffisamment de recul, on pouvait croire qu’à l’époque, Egypte Antique voulait conquérir Jérusalem, au sens humain du terme … Oui, « conquérir », dans le sens, « conquérir son cœur », ou autres niaiseries de ce genre. Après tout, elle était bien tombée dans les bras de Rome, non ? Peut-être avait-elle succombé au romano, suite à une première déception amoureuse ? Ou vice-versa ? Peut-être s’était-elle mise en quête de franchir les portes de Jérusalem, faute d’avoir pu garder le soldat romain dans son cœur ? Bien entendu, il fallait prendre un très bon recul et s’y connaître davantage qu’Egypte en relations humaines. Mais cette pensée était tout de même parvenue à effleurer son esprit lorsqu’il avait posé les yeux sur la ville sainte. Oui, il se l’avouait, en toutes connaissances de cause, mais seulement à lui-même, que ce type de la famille d’Israël puait la classe. Vraiment, même lui, le dernier numéro des relations sociales sur cette terre, il pouvait s’imaginer que sa mère, en femme éperdue qu’elle était, pouvait éventuellement s’être éprise de Jérusalem. Il avait beau ne pas parler beaucoup, il n’en réfléchissait pas moins, au contraire ! Bien qu’on puisse le considérer aussi amorphe que son voisin grec, il n’était pas moins actif que les autres ! … C’était juste qu’on ne le voyait pas forcément. Chez lui, ça fourmillait de partout dans son crâne, ou même sous terre, dans les labyrinthes que constituaient les tréfonds des pyramides.

    Enfin, à cet instant, il ne lui était plus tellement permis de méditer en solitaire. Non, là, il devait poser son jeu diplomatique. Et, autant avertir dès le début de la partie, ça n’était pas un jeu très glorieux. Déjà, rien qu’à en juger par son temps de parole quotidien, on avait tout à s’inquiéter quant à la bonne réussite de ses accords en devenir. D’un autre côté, il ne s’inquiétait pas plus que ça ; en effet, c’était avec Jérusalem qu’il avait à en discuter, pas un de ces pays belliqueux, du genre Palestine ou Lybie. Non, là, il avait à faire à un vieux, certes, mais aussi à une incarnation de la ville inébranlable, balafrée par le temps et les conflits, et pourtant, toujours debout, fière et droite comme un minaret. Oui, c’était le genre de cité qui forçait l’admiration de tous, forcément, même si peu d’entre eux osaient l’avouer à voix haute. Et, bien entendu, Egypte en faisait partie. D’ailleurs, l’une des principales raisons qui faisait que Gupta n’était ni très connu, ni très apprécié, c’est qu’on ne prenait pas le temps de parler avec lui. Bien entendu, c’était aussi à lui de faire des efforts. Mais, c’était toujours plus difficile du côté du principal concerné. Surtout quand son interlocuteur avait l’air si sûr de lui, comme Jérusalem. Première chose d’une série qui allait le mettre mal à l’aise, la ville sainte l’interpela par son prénom humain. Depuis combien de temps ne l’avait-il pas entendu ? Une éternité … si ce n’était deux. En fait, il ne s’était pas aperçu qu’il l’avait lui aussi nommé par son identité humaine. Il ne s’apercevait pas de grand-chose, en réalité. Il préférait garder son regard voilé sous son couvre-chef en tissu.

    Ce qu’il illustra, en baissant légèrement la tête, lorsque Jérusalem l’invita à entrer chez lui. Il paraissait étrangement paisible. Lui qui relevait la plupart du temps du « vioc grognon » comme on tendait perfidement à l’appeler, il était en ce jour d’un calme olympien. Bon, c’était déjà ça, Egypte avait choisi la bonne journée pour jouer les pacificateurs avec lui. Enfin, si ça échouait, il ne pouvait s’en vouloir qu’à lui-même, quoi. Rassurant … Pour le moment, les négociations n’avaient pas encore commencé. En pénétrant dans la demeure éclairée, l’égyptien se prit à respirer avec un peu plus d’aisance déjà. Il en vint même à dégager un peu son visage de derrière son long foulard du désert, sans pour autant desserrer les lèvres. Il s’assit en face de la cité millénaire, immobile, le dos bien droit et les jambes serrées, comme s’il se fut trouvé sur un trône. Malheureusement, sa place n’était plus aussi reluisante que celle d’un pharaon. On pouvait le croire frustré, ou même stressé et, il ne fallait pas mentir, c’est ce qu’il était … un peu. Depuis combien de temps n’avait-il pas fait face à la ville pour laquelle sa mère était partie en guerre ? C’était comme faire face à une cuisante défaite. Comme si l’on remuait le couteau dans la plaie. Les dix plaies d’Egypte, ça ne vous disait rien ? Enfin, tout était à relativiser, c’était sa mère qui y avait eu droit. Lui, il était encore trop jeune. Quoiqu’il aurait pu être en danger lui aussi, étant donné que Dieu était même allé jusqu’à sacrifier le fils du pharaon.

    Cependant, tout cela était de l’Histoire ancienne. Egypte devait apprendre à faire fi de ce qu’il avait pu vivre, parfois, s’il voulait aller de l’avant comme il se doit. Et puis, comparé à l’échelle d’une ville, il n’avait pas à se plaindre, en comparaison à toute la violence qui avait pu se déchaîner au cœur de la cité israélienne. Cette dernière le fixait, de son regard mordoré. Ils prenaient alors tous les deux conscience que la couleur de leurs regards se ressemblait. Une origine commune ? Sans aucun doute, même si, dans ce cas, le mot « Histoire » était plus adéquat. Toutefois, les plus anciens de ses iris étaient beaucoup plus paisibles. D’où Jérusalem tenait-il cet apaisement ? Peut-être de rien. Peut-être qu’Egypte se posait trop de questions, cette fois-ci. Il rompit le lien qui unissait leurs pupilles, fixant le thé à la menthe brûlant qui fumait sur la table. Ses poings posés sur ses cuisses se resserrèrent sur le tissu rugueux de son uniforme.

    -« Maintenant … » commença-t-il sans arriver à aller plus loin.

    Il se sentait si jeune, il se sentait belliqueux. Il se sentait tout ce qu’il ne voulait pas être, à ses côtés. Pourtant, il ne parvenait pas à lui en vouloir. Il n’arrivait pas à croire qu’il pouvait se moquer de lui. Non, car ça n’allait pas avec le personnage historique. Ça n’allait pas avec le symbole de sagesse que représentait Jérusalem. Il n’avait rien à craindre, du moment qu’il s’essayait à être sincère.

    -« Maintenant … il est peut-être temps pour nous de songer à un avenir un petit peu meilleur pour nos deux peuples … Je pense que c’est ce que ma mère aurait souhaité au final … »

    Encore une fois, il ne pouvait s’empêcher de faire allusion à sa génitrice, comme si elle le surveillait constamment. Malgré son âge, il semblait se confiner dans le rôle de l’enfant se cachant encore dans les jupes de sa génitrice. Son passé était bien trop lourd pour qu’il s’en détache si rapidement … Comme s'il avait honte de parler de paix.
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MessageSujet: Re: Crusade of Peace [Pv : Jérusalem]   Lun 19 Sep - 10:52

Spoiler:
 


    Entendre Egypte parler de sa mère décrocha un sourire à la vielle ville. Certes elle avait fait des pieds et des mains pour le conquérir, bien que jamais Jérusalem n’avait compris pourquoi… Il n’avait pourtant rien de spécial à l’époque. Il était juste une ville… Jérusalem laissa glisser son regard sur cette jeune nation. Il avait l’air si stressé … si coincé… et pourtant le vieux était dans une bonne journée, alors pourquoi était-il si crispé. L’israélien ferma les yeux et but une gorgée de thé. Sans pour autant ouvrir les yeux l’ancienne cité posa sa tasse sur la table basse. Il profitait du silence… pas de guerre, pas d’attentats … Rien. C’est vrai qu’il avait l’air apaisé et calmé, il fallait dire qu’il avait enfin le luxe de l’être. Ce luxe qu’on appelait la paix. Il finit par ouvrir les yeux et fixer le jeune homme face à lui… Tant de temps à se quereller, tant de haine, non il était vraiment temps que cela cesse et que tout devienne enfin calme entre lui et ses voisins.

    « Calme toi Gupta … je ne vais pas te manger »

    Ce n’était qu’un murmure doux. Un murmure chaud et calme qu’on entendait rarement venant de l’ancienne cité. Sa voix était agréable quand elle n’était pas enrouée par la douleur ou la haine. Tout de l’homme derrière la majestueuse ville de Jérusalem était agréable en temps de paix, autant sa prestance, sa sagesse, son physique et sa douceur. Il était facile de parler ou simplement de passer du temps avec lui quand il était ainsi … ce qui était assez rare. On avait plus l’habitude de voir une ville hystérique, à deux doigts de tuer à peu près tout le monde qui l’approchait.

    « Tu sais … il ne faut pas avoir peur de parler de Paix … nos peuples l’ont mérité… et je suis sur que nous pourrions y travailler ensemble a cette Paix durable… »

    Un sourire serein et doux vint se poser sur le visage de la Ville … combien d’années n’avait-il pas rêvé de pouvoir dire ces mots ? Parler d’une paix entre une nation et la sienne… Cela faisait tant d’années qu’il attendait ça. Egypte lui avait vraiment l’air de craindre ce mot si simple et si banal qu’était la paix. Ce jeune homme était tellement ancré dans le passé … à cette pensée le sourire tendre fit place à un sourire amusé quand l’ancienne cité vint à la conclusion que lui et cette jeune nation se ressemblaient plus qu’ils ne voulaient se l’avouer. Ni lui ni le jeune égyptien ne l’avoueraient à voix haute.
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MessageSujet: Re: Crusade of Peace [Pv : Jérusalem]   Mar 20 Sep - 19:19

    A la première remarque de Jérusalem, Egypte releva la tête, faisant danser le fin tissu blanc de son keffieh. Il était si paisible. C’en était presque illusoire, lui qui passait son temps à marauder dans ses souvenirs de bataille. Oui, les deux nations se ressemblaient, au fond. Elles étaient toutes deux mélancoliques, que ce soit du passé, ou de l’avenir. De ce fait, comme liés par ce sentiment secret, ils avaient décidé de se joindre pour reprendre les rênes du futur de leur pays. Avec plus ou moins d’appréhension, d’ailleurs. Toutefois, les inquiétudes de Gupta ne s’avéraient pas justifiées. Ce devait être, en fait, simplement parce qu’il n’avait pas l’habitude de parler. Et encore moins de parler de paix. La ville ancestrale l’incitait à ne pas avoir peur de mentionner ce terme. Cela pouvait être absurde de s’attarder sur un mot seulement. Cependant, lorsqu’on avait la charge d’être le visage d’un pays ou d’une ville, la pacification prenait tout de suite beaucoup plus d’ampleur. A tel point qu’elle faisait trembler les pays les plus guerriers.

    -« La paix n’est pas un sujet que l’on aborde si facilement, sur mon continent. Avec le temps, on s’y fait ; on arme nos capitales, en attendant de pied ferme que le voisin montre des signes de hargne et, finalement : boum … C’est désolant, n’est-ce pas ? »

    Il l’avait dévisagé, de la manière la plus stoïque possible, pendant l’intégralité de son petit discours. Pourtant, ça n’était pas du sang-froid que l’on lisait sur ses traits bruns et fins. Non, il l’ignorait mais c’était la crainte de ne pas être aussi courageux que tous ses voisins qui le laissait figer comme un sphinx. On eût dit qu’il voulait faire de sa peur un avantage, en vain, car elle finirait bien par se retourner contre lui. Il sentit le fond de sa gorge se serrer ; quoi de plus désolant, en effet, qu’une armada de pays gonflés de désirs et de rêves, et qui ne pouvaient les acquérir qu’au prix fort du sang. A ces jours, l’or n’était plus noir au Moyen-Orient ou en Afrique : il était devenu rouge. Une terrible teinte rubiconde qui faisait pleurer tant de monde. Jérusalem devait être bien las de toutes ces jeunes nations qui ne juraient que par le calibre de leurs armes à feu. D’un autre côté, c’était aussi la faute de leurs peuples, car, tout le monde le savait à présent, l’être humain avait un don particulier pour l’autodestruction.

    -« De toute façon, mon pays est exsangue ; cela ne me servirait à rien de continuer à batailler contre toi et ce qui t’ont obtenu. »

    Il ne dit pas ça avec autant de conviction qu’il l’aurait voulu. Pourquoi ? Pourquoi perdait-il la face, là où Pakistan et Irak se révélaient si forts ? Pourquoi ne pouvait-il pas être aussi agressif que ses frères musulmans ? Pourquoi, malgré son patrimoine, le considérait-on toujours comme le petit dernier ? A croire qu’il n’était pas né sur le bon continent. A la pensée qu’il n’était pas capable de soigner son pays, sa gorge se serra encore un peu et son regard charbonneux s’embua. Il ne manquait plus que ça : voilà qu’il pleurait, à son tour. Un tout petit peu. Il ne pouvait pas s’accorder davantage. Si on le voyait dans cette position de faiblesse, on aurait tôt fait de ne plus lui accorder la moindre part infime de légitimité. A se savoir verser des larmes, il se détestait encore un peu plus. Il voulait s’arrêter mais c’était trop tard. C’était comme s’il déversait au pied de la cité millénaire tout ce qu’il s’était retenu d’éprouver durant ces derniers mois. Son faciès était de nouveau dissimulé dans l’ombre de son couvre-chef du désert. Il avait honte. Il n’était pas venu ici pour pleurnicher auprès de ses aînés. Il n’avait pas fait un effort de sociabilité pour qu’on le considère comme un geignard. Il devait seulement signer un bout de papier pour que Jérusalem et lui ne se regardent plus d’un mauvais œil, les fusils chargés … Ou pas, car il ne considérait toujours pas cet entretien à sa juste valeur. Lui aussi était humain, au final. Et il avait tout à fait le droit d’éprouver les mêmes émotions que sa population. Il fallait juste qu’il en prenne conscience, et qu’il l’accepte.

    Egypte attrapa un pan de son chèche de sable et le pressa contre sa figure, comme pour se cacher, alors qu’il était grillé depuis un moment. Geste inutile donc pour se dissimuler, mais qui lui permit de noyer ses larmes salées dans le tissu épais de son foulard. Un peu de khôl dont il avait cerné ses yeux s’imprégna dedans, dessinant deux oasis noirs dans l’étendue désertique de l’étoffe. Il avait la mauvaise impression de bel et bien ressembler à un enfant, qui éclatait en sanglots sans raison. Serrant derechef les doigts contre son visage, il ferma les yeux et, le corps tremblant et les joues trempées, il articula, non sans difficultés :

    -« Je ne sais pas, pourquoi … Je … suis certain … que ma mère aurait voulu que je sois aussi fort que toi. Mais, c’est difficile … j’ai l’impression que, quoique je fasse, je tomberai en ruine, sous les crachats de bombes de mes voisins … C’est si … »
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MessageSujet: Re: Crusade of Peace [Pv : Jérusalem]   Jeu 22 Sep - 17:04

    Jérusalem commençait à s’inquiéter pour Egypte. Certes le monde dans lequel ils vivaient pour l’instant ne les aidait pas à avoir confiance en ce mot qu’était le mot Paix. Ce mot si fort et si libérateur. Il parlait d’armer les capitales et d’attendre les ennemis. A ce moment-là, il se revoyait sabre à la main fixant Vatican et ses troupes, hilare devant ses vieux rem. Oh certes a l’époque il leur avait rit au nez avant de tomber sur leur commandant, et changer d’avis. Aussi il voyait le visage de l’égyptien se crisper dans cette expression que Jérusalem n’appréciait pas du tout. Cette peur que Jérusalem ne connaissait que trop bien. Dans le sang l’histoire s’écrirait certainement au Moyen-Orient. Il se leva et entendit le changement dans la voix égyptienne. Jérusalem changea donc de fauteuil et s’assit à côté du plus jeune… Combien de nations allaient encore trépasser au nom de la foi ? Combien allaient encore vouloir conquérir le monde et détruire leurs propres peuples…

    Sion remarqua les larmes qui coulèrent des yeux d’or d’Egypte. Il posa sa main sur le keffieh et le fit glisser vers l’arrière. Enlevant le couvre-chef, tâché du maquillage et des larmes égyptiennes. Jérusalem plia doucement le couvre-chef et le posa sur la table basse. Il comprenait ces larmes… cette peur et cette douleur. Le Peuple Egyptien avait souffert. La Nation n’avait pas craqué. Et là la retenue de ces derniers mois tomba, les larmes coulaient… Un proverbe disait : On lavera le sang de nos mains par les larmes. Jérusalem avait toujours trouvé que ce proverbe convenait à toutes les nations, qu’elles soient Européennes, Asiatiques, Arabes, Américaines ou Africaines … Toutes les nations avaient un jour pleuré avec leurs peuples et si ils ne l’avaient pas fait … Sion estimait que ces nations là n’étaient pas digne d’être des Nations à proprement parler. Une nation … même une ville se devait de vivre avec son peuple, de compatir et de sentir la douleur de son peuple.

    Doucement et tout en délicatesse Jérusalem posa sa main sur les cheveux noirs d’Egypte. Il caressa les cheveux du plus jeune, essayant d’être réconfortant. L’ancienne cité n’avait pas l’habitude de devoir réconforter des jeunes … il avait plus l’habitude de les engueuler. Puis la main quitta les cheveux et s’enroula autour des épaules du plus jeune. Il le tenait dans ses bras l’égyptien… comme 3000 ans auparavant il avait réconforté sa mère suite à une cuisante défaite contre Babylone.

    « Il fut un temps ou c’était ta mère que je tenais mes bras … elle aurait souhaité que tu aies ta propre force, pas la mienne ni celle de n’importe qui… je ne sais prédire l’avenir Gupta mais quelque chose me dit que nous allons au devant de temps plus calmes. Et nous pouvons y arriver, en travaillant à cette paix tant attendue, par ton peuple et le mien. »

    Sion espérait que ces mots étaient rassurants… Cela faisait tant de temps qu’il n’avait pas dû réconforter quelqu’un … il se faisait vieux …

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MessageSujet: Re: Crusade of Peace [Pv : Jérusalem]   Mer 28 Sep - 14:35

    Par simple fierté masculine, Egypte voulait à tout prix arrêter de pleurer de la sorte. La tête baissée, les poings serrés témoignaient de cette volonté presque juvénile. Pourtant, comme chaque nation attristée, ses pleurs étaient justifiés. D’un autre côté, ses origines arabes l’empêchaient d’accoutumée toutes effusions de sentiment. La plupart du temps, il s’en sortait bien, refoulant au plus profond de lui ce qui était susceptible d’entacher son faciès stoïque. Bien entendu, les larmes en faisaient partie. Il se serait donc volontiers repris, si seulement Jérusalem le lui avait ordonné. Toutefois, la ville sainte n’en fit rien. Au contraire, elle vint paisiblement s’installer près de lui, dans un but qu’il avait cru oublier : celui de consoler. On aurait pu croire, qu’en cet instant, les deux nations se découvraient des sentiments des plus humains qu’ils avaient jusqu’à présent laissé prendre la poussière, sous les drapeaux et les hymnes nationaux. Bien entendu, Egypte aurait pu sécher bien vite ses larmes. Mais il y eut ce geste. Tout d’abord, l’égyptien eut un réflexe de retenu : il n’était pas coutume qu’on ose toucher à son précieux keffieh qu’il portait en toutes circonstances. Néanmoins, trop occupé à frotter ses yeux maquillés afin d’apaiser leurs ruissellements, il se vit contraint de laisser son aîné lui ôter son couvre-chef. Puis, comme s’il n’était pas déjà assez alarmé comme ça, Sion entreprit de passer une main réconfortante dans ses cheveux noirs de jais. Un geste lent et très doux qui, malgré la différence de taille de main, lui rappela sa mère. Et là, on abordait la corde sensible. Chaque pays avait son côté un peu blasant : le détail dérisoire qui pouvait leur faire perdre toute crédibilité. En ce qui concernait Egypte, il s’agissait de l’évocation, ou du simple souvenir de sa mère. Et, qui disait corde sensible, disait émotions. C’est pourquoi l’enfant des pharaons ne cessa de pleurer, pour le moment.

    Il n’y avait qu’eux deux et Jérusalem n’était pas du genre à se moquer des signes de compassion des autres nations, même si celles-ci avaient, par le passé, tenter de l’arracher des mains d’autrui. De ce fait, il pouvait avoir du chagrin, sans se préoccuper des échos que ça allait avoir, puisque ça n’aurait aucun écho. Inconsciemment, il le savait. Mais toujours la première nature reprenait le dessus. Jusque là, il n’avait pas bougé, seulement lorsque la ville sainte l’attira contre lui, dans une étreinte fraternelle dont on ne l’aurait jamais cru auteur. Chacun se révélait à sa manière. En fait, c’était comme si, chacun à leur manière, ils revenaient en arrière : Egypte, au temps où il était encore dans l’insouciance de l’enfance et Jérusalem, au temps où Egypte Antique le côtoyait, de près ou de loin. Un retour vers l’arrière pour mieux aller de l’avant, c’était ainsi qu’il fallait le prendre. Gupta s’abandonna donc, le front contre le buste de son aîné, les yeux mi-clos. Il se sentait déjà moins triste et tentait toujours de sécher ses larmes au plus vite. Dans l’état où il était, il aurait pu sans peine, s’agripper avec force au cou de la cité, comme il l’aurait fait à sa génitrice. Toutefois, il se retint, avec le peu de fierté qu’il lui restait encore. Ses poings continuaient de se serrer, menaçant à chaque instant de venir percer son épiderme basané. Il écouta le discours de Sion, quant à sa « force ». L’égyptien était plutôt du genre à se sous-estimer, car jamais il ne pourrait se chérir autant que sa mère. Non, lui, il n’avait même pas été capable de conserver son pays tel qu’il avait été : l’une des plus grandes civilisations. Cependant, les mots de la ville millénaire résonnèrent en lui et il se calma, les traits tirés. Puis, son visage s’apaisa à mesure que les larmes s’asséchaient à leur source. Il se reprit, posa quelques secondes son visage contre le tissu délicat de Jérusalem et se détacha de lui, dans un soupir qui trahissait son envie que cela ne s’arrête jamais.

    -« J’espère que tu as raison, commença-t-il en s’essuyant frénétiquement les yeux. Je ne devrais pas m’effrayer du changement, parce que je ne suis pas aussi seul que je le prétends … Néanmoins, quelques fois, à cause de la crue, le Nil déborde et … voilà ce que ça donne. »

    Il parlait d’une faible voix, fixant, non sans gêne, le noir qui venait à présent maculer le bout de ses doigts. Sans réfléchir, il se frotta les mains l’une contre l’autre, aggravant plus qu’autre chose les myriades de taches d’encre sur ses phalanges. Puis, il posa enfin son regard sur Jérusalem, son faciès si stoïque essayant de se fendre d’un sourire presque imperceptible mais qui voulait tout dire. A présent, il se sentait consolé, même si ça n’allait pas durer éternellement. Et, cette crispation du visage qu’il n’avait pas l’habitude de faire était comme le plus sincère des remerciements. Il se sentait si juvénile face à lui ! Pourquoi la cité ne lui en voulait-elle pas ? Elle devait certainement en avoir assez. D’où sa visite. Ces temps plus calmes, ils les avaient mérités.

    -« A présent … si nous discutions de ce traité qui m’a fait venir ici ? Je dois avouer que, pour ma part, ça n’est resté encore qu’une vague idée, floue comme un mirage … »
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MessageSujet: Re: Crusade of Peace [Pv : Jérusalem]   Mer 5 Oct - 19:11

    Le temps des grandes civilisations était révolu il y a bien longtemps, et en voyant Egypte ainsi dans ses bras la ville sainte ne put s’empêcher de penser à sa mère et d’ensuite penser à son cher ami Moïse. Tout doucement, l’israélien, prit les mains de l’égyptien et les nettoya de l’encre posé sur les fins doigts et encore un souvenir lui revint. Apprendre au jeune Byzance à écrire sur du parchemin. Un sourire se fit sur les lèvres de Jérusalem et doucement il sécha un peu les larmes d’Egypte. Le changement en eux s’opérait. Et dans un sens ce n’était pas un mal. Certainement pas. Enfin reprendre les rênes … Enfin ce calme tant mériter. L’Orient méritait sa trêve … ce pacte qui calmera un peu les attentats, ce pacte qui aiderait chaque un des pays à se relever. Le temps du calme était venu … Enfin …

    « Tu sais Gupta il ne faut pas espérer que j’ai raison il faut y croire. Avoir la foi quelle qu’elle soit est déjà un début pour croire en une chose plus grande et plus importante. Une foi la foi tu l’as, enfin ta mission de paix débutera »

    Sion sourit … Oui c’était vrai qu’il sortait parfois des phrases dignes de maître Yoda, sans le faire exprès. Nombreuses phrases en hébreu se disaient ainsi de ce fait-là Jérusalem utilisait cette formule pour former ses phrases … Ce qui pour certains occidentaux était plutôt surprenant. Il est difficile de se défaire de certaines habitudes, quand la langue qu’on parle depuis plus de 5000 ans forme ses phrases ainsi. Puis l’israélien fixa l’égyptien en souriant.

    « la peur est un sentiment qui fait partie de nous tous, mais tu sais … d’aussi loin que remonte ma mémoire je n’ai jamais rencontré de nation sans peur. À chacun sa crainte, à chacun son destin. Mais le changement tout le monde en a peur, sans réellement vouloir le montrer. Tout le monde a peur de voir ses habitudes chamboulées. Ce n’est rien… Nous sommes aussi des humains. »

    La ville millénaire fixa devant lui, son regard était brillant… Brillant de larmes qui ne coulèrent pas. Non il ne s’abandonnerait pas ainsi devant cette jeune nation qu’était Egypte. Il ne lâcherait pas des barrières vieilles de près de 800 ans … Fusent-elles des larmes de joies…

    « Ce traité est une solution pour nos deux peuples et soulagerait énormément nos épaules. Cesser de se haïr et de se saluer à coup de bombes, il ne tient qu’à nous de faire en sorte que notre alliance de paix dure et ne sois pas que des paroles en l’air »

    Doucement Jérusalem se pencha en avant et prit une grande enveloppe cartonné. Il en sortit un document, qu’il posa sur les genoux d’Egypte. Ce document était la preuve que son peuple et accessoirement le parlement prenait la Paix avec l’Egypte au sérieux. Sion espérait seulement que cela soit réciproque.

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MessageSujet: Re: Crusade of Peace [Pv : Jérusalem]   Sam 5 Nov - 0:11

    A croire que, malgré tout le mal que ces nations engendraient en ces temps, on ne pouvait pas reprocher aux pays arabes leurs effusions sentimentales qui pouvaient se révéler de bien plus gros défaut que l’on imaginait. En effet, bien que l’Histoire du monde ne soit qu’une succession de décisions politiques et de conquêtes de territoires en tous genres, la version racontée par les pays était toute autre. Les peuples l’ignoraient ; et ça n’était pas plus mal. Ce qu’ils ne savaient pas, donc, c’était que leurs terres, loin d’être dépourvues de cœur et de sentiment, se faisaient la guerre comme on pouvait faire l’amour. Cette vision était peut-être un peu poussée, néanmoins, à quelques exceptions et abstinences près, c’est ce qui qualifiait le mieux tous ces traités et ces déclarations de guerre. Combien de fois France avait-il tenté d’épouser ses voisins de force, histoire d’enchaîner autre chose que des défaites ? Au fil du temps, des liens se créaient sous les drapeaux, car on ne pouvait demeurer éternellement seul. Toutefois, ce que l’on avait enseigné très tôt à Egypte et ses frères musulmans, c’était que toutes ces soi-disant bonnes paroles et ses larmes au coin des yeux ne valaient guère que l’on prenne de risques pour elles. Vraiment, le féminin n’était plus le bienvenu dans le désert. De ce fait, ils avaient grandi plus ou moins isolés, sous la tutelle de quelques grandes nations, se prêtant plus ou moins aux conflits mondiaux, se ralliant parfois simplement pour la recherche du profit. Bref, tant de procédés pas forcément bien vus par l’Occident. Néanmoins, ainsi, les émirats et autres peuples de Mahomet n’avaient jamais connu les remords des plus sensibles. Non, leurs émotions semblaient dissimuler de la même manière que leur visage l’était, emmitouflé dans les keffiehs de guerre.

    Comme en signe de repentir, Egypte s’était vu ôté le sien. Il n’avait pas riposté, car il était certain, au fond de lui, que même ses terribles confrères comme Irak ou Pakistan auraient baissé leurs gardes, eux aussi. Ils avaient beau posséder un stock massif d’armes, même eux n’arriveraient pas à faire sombrer la ville millénaire, malgré toutes les menaces qu’ils avaient soigneusement apprises dans leur stricte éducation. Oh, Gupta les connaissait aussi. La prise d’otages, c’était leur spécialité, au Moyen-Orient. Toutefois, on ne pouvait pas s’attaquer à tout le monde de la même manière. Jérusalem en était le parfait exemple. Malgré les innombrables conflits qui l’avait déchirée, la cité qui restait debout parmi les décombres, inspirait ce modèle de fierté et de sagesse que tous, qu’ils soient juifs, chrétiens et surtout musulmans, souhaitaient pour leur propre prestige. On ne se battait jamais contre Jérusalem pour rien. Egypte était l’un des mieux placé pour le savoir.

    Il leva ses yeux cernés de charbon, encore humides vers Sion qui s'afférait à ôter l’encre séchée sur ses doigts. Tandis que la capitale se remémorait son passé à surveiller et à instruire les futures nations de son temps, Gupta, de son côté, avait la mémoire envahie de flash-back, dans lesquels, sa mère, ou ses propres précepteurs qui s’occupaient de lui patiemment. Comme il devait être capricieux à l’époque ! Il était bien le fils d’Egypte Antique, réputée pour ses rêves qui devenaient un peu trop rapidement réalité. Combien de monuments avaient percé le ventre de la Terre, à cause d’une simple envie ? Malheureusement, toutes ces beautés d’architecture étaient à présent à l’abandon, servant tout juste de repère pour les terroristes. On en revenait toujours à la même conclusion : il fallait que cela cesse.

    Puis, à la fin de sa seconde tirade, Jérusalem eut les yeux embués. Comme toute jeune nation qui se respecte, Hassan ne parvint pas à cacher sa stupeur, en voyant son second maître à penser prêt à verser des larmes. Pourtant, il n’en fit rien. Comme s’il voulait montrer l’exemple au fils des pharaons. Les pupilles dorées d’Egypte s’écarquillèrent. Il lui était impossible de s’en moquer, et encore moins de pleurer de nouveau. Non, les larmes de Sion ne coulaient pas. Il y avait une raison. Un mur gigantesque les en empêchait. Puis, rompant cet atmosphère presque paisible, la ville confia finalement le traité qui les avait tous les deux réunis ici. Sous le coup de la redécouverte de ses émotions, Egypte l’avait presque oublié. Les paupières et les doigts à présent secs, il se saisit du parchemin, le lisant attentivement. Il était évident qu’il souhaitait le ratifier, néanmoins, il doutait que sa population ne l’accepte aussi facilement. Bien entendu, les Egyptiens devaient en avoir assez de tous ces conflits et ces attentats. Mais, tant qu’ils n’auraient pas désigné de réel coupable, leurs beaux traités n’auraient pas l’influence nécessaire. Au cours du temps, le prestige des anciens, auprès de l’opinion publique, s’effritait, comme les dunes sous le souffle du vent. Et ça, il n’y pouvait fatalement rien. Mais rien ne l’empêchait d’être en accord avec ce traité.

    -« Sion, commença-t-il, ses yeux ne se détachant pas du papier, les miens ne sont, hélas, plus aussi dociles qu’au temps des pharaons. Je doute qu’ils se repaissent simplement de cet accord, aussi précieux est-il à nos yeux … »

    Décidément, révéler tant de choses ne lui ressemblait pas. Si seulement Jérusalem se rendait compte des efforts qu’il fournissait. Quoique, la ville sainte devait certainement le percevoir. On a l’occasion de voir des tas de choses en 5000 années d’existence. Et puis, au fond, il ne différait pas de sa mère tant que ça, à force de vouloir lui ressembler.

    -« J’ignore encore ce que nous serons amenés à faire, en tant que pays et capitale, mais nous devrons redoubler d’efforts pour que la paix s’installe réellement. D’autant plus que … je doute fortement que mes frères arabes ne me laissent collaborer avec toi … sans venir y poser leur dynamite. »

    Son regard se dévoila enfin, en direction de Jérusalem. Toujours, depuis le début de sa visite, ce regard impénétrable d’enfant, qui semblait dérangé par tous ces changements …
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MessageSujet: Re: Crusade of Peace [Pv : Jérusalem]   Jeu 24 Nov - 18:54

Spoiler:
 

    Jérusalem sourit un peu aux paroles de l’égyptien. Certes il avait espéré une signature sans aucune réticence. Mais la vieille ville avait été trop présomptueuse. Il ferma les yeux et fixait la jeune nation à ses côtés. Autrefois la ville n’aurait pas fermé les yeux. Mais 5000 ans s’étaient écoulés depuis.. L’ancienne cité se leva et alla se chercher un autre thé. Il avait l’art de faire du thé. Un art qu’il maitrisait depuis des années, un savoir presque millénaire. Avec douceur il laissa couler l’eau brûlante sur les feuilles de thé et les feuilles de menthes. Lentement il y ajouta une cuillère de sucre au breuvage. Du sucre pour casser l’amertume de la menthe et du thé noir. Tout en faisant son thé, il réfléchit aux paroles d’Egypte. Ramenant le thé sur la table. Il resta debout pendant un instant. Prenant une mine sérieuse, aux yeux assez pétillants. Il avait une idée.

    « Même si nous ne signons pas ce pacte, nous pouvons passer un contrat tacite. Simplement nous engager, nous, Sion et Gupta, par la parole. Et essayer de nous entendre sans nous blesser l’un l’autre, sans vouloir absolument posséder ma ville.Et puis ce que tes frères ne savent pas cela ne peux pas les affecter n’est-ce pas ?» Dit-il doucement.

    Calmement, la cité s’assit doucement dans le fauteuil face à l’égyptien, il était vrai que nombreux pays d'Orient avaient souffert du printemps arabe. Il soupira puis il se servit une tasse de thé et la but doucement, prenant son temps dégustant chaque arôme. Dégustant chaque arôme avec lenteur et passion. Il aimait le thé, enfin ce n’était qu’un euphémisme. Car Jérusalem, buvait du thé à n’importe quel moment de la journée et de la nuit. Aussi il appréciait énormément le calme de ses rues et des ruines que sa longue histoire avait laissées.

    Au final, ils n'avaient parlé du traité que très peu. Ce qui revenait à un déplacement inutile de la part de son jeune interlocuteur. En arrivant à cette conclusion il sourit à Egypte.


    « En résumé … tu t’es déplacé pour rien. » dit l’israélien en riant un peu.

    L’ironie du sort …
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MessageSujet: Re: Crusade of Peace [Pv : Jérusalem]   Lun 5 Mar - 18:00

    Il y avait bien eu peu de personnes qui avaient eu l’immense honneur d’être admiré de l’enfant des pharaons. En vérité, ils ne se dénombraient qu’au compte minime de trois, à savoir : sa mère, naturellement –et la seule femme du trio-, Saladin et Jérusalem. Dans sa jeunesse, et sans doute encore maintenant, Gupta était un garçon égoïste et prétentieux, qui avait pour seule excuse d’avoir pour génitrice l’une des plus grandes civilisations de tous les temps. Il le répétait sans cesse ; auprès des pays européens, ses meilleurs touristes, cela faisait de l’effet et on était encore parvenus à le respecter un peu. Mais depuis que les coups de feu résonnaient sur le sol africain, plus rien n’était comme avant. Et quand bien même, on croyait une sombre page tournée, toujours de nouveaux tourments naissaient dans les cendres. Il n’aurait pas dû se plaindre. Il n’aurait pas dû gémir et pleurer comme un enfant, face à Sion. Et pourtant, ça avait été plus fort que lui. L’enfant gâté qu’il avait été avait souvent versé des larmes, pour des caprices de pacotille. En y repensant, il s’en voulut davantage encore. S’il y en avait un qui avait le véritable droit de pleurer, c’était bien la ville centenaire. Mais elle tenait bon. Toujours, Jérusalem restait superbe et digne. Oui, Egypte faisait bien de l’admirer depuis la nuit des temps.

    Il ne devrait pas se contenter de l’admirer, en fait. L’imiter serait tout aussi bien. S’accaparer un peu de son héritage, comme les civilisations européennes s’étaient servies dans leurs coffres. Gupta avait hérité de la folie des grandeurs de sa mère, du faciès placide de Saladin, mais qu’avait-il acquis de sa longue fréquentation avec Jérusalem ? Tout en réfléchissant, son regard redevint aussi dur qu’une pyramide. Oh, il n’était pas mauvais, il reprenait juste sa place. Il redevenait juste Egypte, le garçon buté et silencieux que l’on entendait rarement au conseil international. L’un des frères d’une grande famille noyée dans le chaos. Comme si on ne croyait plus en eux. Grave erreur, car tous les peuples arabes s’évertuaient à croire que leur continent avait encore un avenir. On ne pouvait rien assurer. Mais Sion était la preuve, vivante, justement, qu’on pouvait tenir tête au temps. C’était cette détermination que le fils d’Egypte Antique voulait.

    Il hocha automatiquement à la proposition de la cité. Une simple promesse, entre deux êtres humains, même si lesdits êtres humains, étaient une ville mondialement connue et un pays au bord de la ruine. Au diable les accords et les traités, donc. Cette idée convenait étrangement à l’Egyptien dont l’approbation se lisait au fond de ses iris dorés.

    -« Je suis d’accord, Sion. Si … tu as besoin de moi, je ne peux pas te promettre que mon peuple sera à l’écoute mais … en tout cas, ce sera mon cas. »

    Finalement, il se leva, réajusta une dernière fois son keffieh, d’où une apaisante chaleur s’échappait encore. Il fit un signe de tête, se pencha en avant, pour prendre congé et le remercier, un dernier regard pour le traité encore vierge.

    -« Un jour, moi aussi je serai capable d’affronter mes pairs. Merci. »

    Un étrange sourire, qui ressemblait trait pour trait à celui qu’Egypte Antique avait pu avoir pour son ancien esclave fendit son visage en deux. S’il avait eu quelques centaines d’années en moins, il ne se serait pas gêné pour lui sauter dans les bras, lui promettant de revenir le voir bientôt. Il ne se rendait pas compte à l’époque, de tout ça. Comme il ne s’était pas rendu compte que Jérusalem veuille libérer son peuple. Il ne recommencerait pas deux fois les mêmes erreurs, il l’espérait.

    -« Alors, à bientôt, Sion. Porte-toi bien. »

    Et, sur ces mots, il passa la porte, sans se retourner. On ne se retournait jamais dans sa famille. On considérait ce geste pour les faibles. Il devait devenir plus fort. En attendant, il se sentait comme un peu neuf, presque purifié. On dit que c’est le pouvoir des villes religieuses. Et puis, Jérusalem avait toujours veillé sur lui.

[rp fini ~]
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MessageSujet: Re: Crusade of Peace [Pv : Jérusalem]   Aujourd'hui à 22:18

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Crusade of Peace [Pv : Jérusalem]

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