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 Un accord brisé [ Allemagne - 1914 ] {R-18}

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Belgique
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MessageSujet: Un accord brisé [ Allemagne - 1914 ] {R-18}   Jeu 14 Avr - 19:25

    C'était pourtant un bel été qui s'annonçait. Le temps était magnifique, et la jeune fille se baladait dans les champs de blés, aussi dorés que ses cheveux. Le ciel ne présentait pas un seul nuage à l'horizon, et cette chaleur ne lui donnait envie que d'une seule chose : boire une bonne bière bien fraîche. Sa petite robe bleue virevoltant au vent et tenant son chapeau afin que celui ci ne s'envole pas, elle se mit en direction de la capitale.
    Ah, elle voulait aller grand place. Voir les gens s'amuser durant les vacances d'été, rire, profiter de la vie. Les belges étaient vraiment des gens simples, et elle ne faisait pas exception à la règle, loin de là. Seulement, ce jour là était le 28 juin 1914.

    Remontant doucement vers la capitale, assise sur une charrette pleine de foin, elle contemplait le paysage. Mais étrangement, son ventre se noua. Elle savait que quelque chose n'allait pas. Tant pis pour la bière, elle ferait un détour par le parlement avant. Et elle avait bien raison. Un diplomate l'appela de toute urgence, et avec une inquiétude bien visible sur son visage, la Belge entra dans la salle du conseil. Et la nouvelle tomba sans attendre.

    - Un étudiant Serbe vient d'assassiner le duc François-Ferdinand, héritier du trône d'Autriche-Hongrie

    Le visage de la jeune blonde se décomposa en un instant. Non, non, non. Ils n'avaient vraiment pas besoin de ça maintenant ! Les tensions sont déjà bien présentes dans les politiques internationales, il ne faut pas en rajouter ...

    - Bien ... Je resterai ici, pour surveiller les diverses réponses des pays voisins dans ce cas ...

    Les jours suivants lui paraissaient tellement longs. Interminables, une éternité. Et chaque jour apportait son lot de mauvaise nouvelle. Roderich déclare la guerre à la Serbie. Ivan déclare la mobilisation des troupes contre l'Allemagne. Ludwig lui déclare la guerre. Elle ne peut rien faire, et elle ne veut rien faire.
    Son territoire est neutre. Elle a signé un accord. Elle ne peut pas intervenir. Qu'ils la laissent tranquille, elle ne veut pas intervenir dans ce conflit. Elle n'a aucune raison d'y participer. Seulement bien entendu, les choses ne se passent jamais comme on le voudrais. Jamais.

    Peu de temps après, c'était au tour de Francis de mobiliser ses troupes, et le lendemain, Ludwig avait déjà envahi le Luxembourg. La jeune blonde en avait le cœur brisé. Son pauvre petit frère, si fragile ... Et ce grand bouffeur de saucisses qui n'en ferait qu'une bouchée. C'était inadmissible ! Lui aussi était un territoire neutre, tout comme son autre frère ! Elle avait la rage au ventre ... Bientôt cela allait être son tour n'est-ce pas ? Et encore une fois, elle avait raison. Une missive arriva sans plus attendre


    Citation :
    Berlin, le 3 août 1914

    Bella Janssens, représentante du Royaume de Belgique,

    Je soussigné Ludwig Beilschmidt, représentant de la République Fédérale d'Allemagne, te donne exactement 7 heures pour donner le libre passage de mes troupes sur ton territoire, afin de pouvoir mettre en œuvre le plan Schlieffen. Sache que je ne tolérerai aucunement une réponse négative.

    L.B.

    Mais pour qui se prenait il ? La jeune blonde était dans un état de rage. Il ne pouvait pas violer ses terres, il ne pouvait pas la violer ! Il en était hors de question ! Elle devait prendre l'air, elle avait besoin de voir son peuple. Et ce qu'elle vit lui donna du courage. Tout les bruxellois réunis, acclamant les Français, chantant la Marseillaise à tue-tête. Son peuple avait raison. Raison de croire en la liberté. Elle ne se laissera pas faire. Quoi qu'il lui en coûtera. Sa réponse ne se fit donc pas attendre

    Citation :
    Bruxelles, le 3 août 1914

    Au risque de te décevoir, je dois te donner une réponse négative. Nous avions signé un accord, et il est tout simplement hors de question de le briser. La Belgique est, et restera un territoire neutre, quoi qu'il arrivera.

    B.J

    Et voilà. La descente aux enfers peut commencer.
    C'était pourtant un si bel été




Dernière édition par Belgique le Mar 10 Mai - 17:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un accord brisé [ Allemagne - 1914 ] {R-18}   Lun 18 Avr - 9:50

Ludwig souriait.
Une nouvelle ère allait commencer.

D'un geste furtif, il ajusta ses gants, juste avant que l'on ouvre la porte.

-Quelles sont les nouvelles ?

Le militaire fouilla rapidement parmi les nombreuses feuilles qu'il avait sous le bras. Et commença à lui lire l'une d'entre elles.

- Bonnes : Nos troupes ont déjà commencé à envahir le Luxembourg, comme vous le savez déjà, la guerre a été déclarée avec la Russie, tout ce déroule comme vous le souhaitez, Monsieur.

Le blond ne daigna pas lui répondre, trop occupé à regarder la carte posée sur son bureau.
Au bout de quelques minutes, il se leva, alla se chercher une bière et, fit signe au jeune soldat de partir, tout en faisant couler le liquide frais dans sa gorge.
Il lâcha un soupir de satisfaction, depuis le jour de ce fameux assassinat, tout allait si vite : des guerres se déclaraient, des alliances prenaient formes et, à la clé de tout cela : une victoire.
Car il était évident qu'il n'allait pas se battre pour rien, non, lui voulait enfin montrer sa supériorité, sa puissance et, d'autre part aussi gagner des colonies.
Ludwig n'en pouvait plus de voir les autres coloniser, alors que lui était véritablement en retard sur ce point. Mais bientôt les rôles allaient s'inverser.
Il jubilait à l'idée de voir le Français à ses pieds, de le voir le supplier de laisser son pays tranquille.
Mais faudrait-il déjà y aller, en France. Et le meilleur moyen qu’il avait pour y passer, était de poster ses troupes en Belgique.
L’Allemand trouva sa stratégie excellente, sauf qu’il y avait un léger problème : Ce territoire était neutre.
Déjà que de se rendre chez un membre de la famille de Francis ne l’enchantait pas des masses, mais en plus la demoiselle se disait en dehors des conflits.
Elle n’avait pas le choix de toute façon et elle ne l’aura jamais.
Il finit le breuvage, et se mit à rédiger la future lettre destinée pour la Belge.
Il savait naturellement qu’elle n’allait pas être folle de joie en la découvrant, mais tant pis, Francis commençait déjà à bouger, et il vaut mieux le réduire à néant maintenant que d’attendre qu’il vienne à lui.
Il déposa rapidement la lettre à un de ses officiers, et décida d’aller s’entraîner au stand de tir, histoire de tirer sur quelques cibles à effigie de ses pires ennemis.

Il venait tout juste de rentrer, lorsqu’il tomba nez à nez avec un haut gradé, qui lui tendit sans rien dire, une simple lettre.


Citation :

Bruxelles, le 3 août 1914


Au risque de te décevoir, je dois te donner une réponse négative. Nous avions signé un accord, et il est tout simplement hors de question de le briser. La Belgique est, et restera un territoire neutre, quoi qu'il arrive.

B.J

Au lieu de se décomposer, son visage s’illumina, il se permit même de laisser un petit rire sadique qui fit trembler l’homme en face de lui.

-Que fait-on Monsieur ?

Ludwig froissa le papier d’une main, rejoignit son bureau, avant de frapper un bon coup dessus.

- La réponse est simple, demain nous allons en Belgique! Envoyez- moi les meilleures unités que vous avez, prenez cela comme une déclaration de guerre.

Il s’arrêta 30 secondes et continua :

-Après tout, aujourd’hui nous déclarons la guerre à la France.


L’homme hocha la tête, un peu surpris, et partit presque en courant alerter les troupes.
Après tout elle avait osé lui dire non, alors qu'il l'avait prévenu, elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même. Et si elle croyait l'empêcher d'attaquer Francis, elle le connaissait mal.
Les premiers rayons de Soleil n'étaient toujours pas apparus que Ludwig était adossé à sa chaise.
Rapidement, il griffonna une réponse pour la Belge, pour ne pas qu'elle lui reproche d'être venu à l'improviste.

Citation :

Berlin, le 4 août 1914
Comme je remarque que tu n'as pas donné de réponse me convenant.
Moi, Allemagne,je me vois dans l'obligation de déclarer dès ce jour, une guerre imminente à la Belgique.

L.B

Il prît sa veste, son fusil, et alla auprès des troupes situées dans la cour principale, déjà prêtes à partir. Il s'adressa à elles, espérant les motiver.

- Soldats, nous allons prouver que notre peuple est supérieur ! Et que personne, oui, personne, ne peut l'arrêter !


Chaque soldat commençait à sourire, ivre de ces belles paroles et c'est dans un et même élan qu'ils crièrent tous à la gloire de l'Allemagne.
Le voyage n'avait pas été contraignant et, bientôt l'armée arriva au pied d'un village.
Les villageois ne tardèrent pas à paniquer à la vue des hommes armés.
Ludwig en était ravi, rien n'était mieux que de voir qu'une population terrifiée par le simple fait de le voir. Pour lui c'était une marque de supériorité.
Alors que la foule se dépêchait de rentrer se cacher, un gamin tomba au sol, juste à côté des bottes de l'Allemand. Celui-ci regarda l'enfant d'un air méprisant, l'attrapa par le col et, le souleva pour le montrer à ses hommes

-Voilà ceux qui nous empêchent de combattre contre la France !

Les soldats affichèrent un sourire, certain, se préparait déjà à sortir les armes, trépignant sur place à l'idée de faire de ce village un tas ridicule de poussière et de cendres.
Malheureusement, pour lui, une femme s'avança vers lui, mécontente, il eut fallu quelques secondes au blond pour comprendre qu'il s'agissait simplement de la représentante de ce pays.
D'un geste brutal, Ludwig jeta l'enfant à terre et, regarda d'un regard noir Bella, comme s'il voulait la fusiller.

-Je t'avais prévenue. Je ne tolérerai aucune réponse négative.

Un faux sourire apparu sur le visage du jeune homme, bientôt du sang allait couler.
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MessageSujet: Re: Un accord brisé [ Allemagne - 1914 ] {R-18}   Mer 20 Avr - 15:35

    Elle le savait.
    Elle savait que sa réponse n'était pas la bonne aux yeux de l'Allemand. Mais elle n'avait pas le choix. Et comme le blond était quelqu'un réglé comme une horloge, sa réponse ne se fit pas attendre. Il lui déclarait la guerre. La jeune fille baissa les yeux. Où était donc passé le Ludwig qu'elle connaissait ? Du temps du Saint Empire Germanique, elle avait apprit à le connaître, lui qui avait conquis une partie de son territoire. Elle qui aimait lui rendre visite pour boire une bonne bière dans l'ambiance des bars, le soir. Et voila que maintenant ils étaient en guerre. Pourquoi, mais pourquoi ? Quel intérêts il y avait il à tout ceci ? Elle ne comprenait pas. Pas du tout.

    Qu'il en soit ainsi. La jeune fille troqua sa petite robe d'été contre son uniforme militaire. Elle n'allait pas se laisser faire, quoi qu'il arrive.

    C'est avec détermination qu'elle se dirigea vers Liège, une de ses plus importantes villes de Wallonie. La frontière Allemande était proche, et ils finiraient par passer tôt ou tard par cet endroit. Mais que croyait il donc ? Qu'elle allait le laisser passer sans rien dire, pour atteindre la France, alors qu'il a également des frontières communes avec lui ? Cela n'avait aucun sens.

    Elle avait raison. Les Allemands étaient bien là, dans un petit village non loin de là. Elle se dépêcha pour y aller, et ce qu'elle vit la remplit d'une haine sans nom. Les villageois se dépêchaient de rentrer chez eux, et un pauvre petit garçon fut prit dans le mouvement de foule. Il tomba au sol, juste à côté du grand blond. Le pauvre, il était terrorisé. Et le germanique le souleva sans plus attendre, l'exhibant comme un tas de viande à ses troupes.

    -Voilà ceux qui nous empêchent de combattre contre la France !

    La Belge écarquilla les yeux. Comment osait il dire une chose pareille ? Et ce pauvre petit bout, tremblant entre ses doigts. La terreur se voyait au fond de ses yeux. Pourquoi autant de méchanceté gratuite ? Pourquoi faire peur à un gosse ? Et en plus ils riaient. Ils riaient tous. La gâchette les appelaient. Elle le voyait. Elle s'avança vers le blond, sans un mot, son regard en disant bien plus qu'un long discours, et d'un geste sec et brutal, il envoya l'enfant valser au sol.

    -Je t'avais prévenue. Je ne tolérerai aucune réponse négative.

    Choquée, elle adressa un regard noir à son ancien ami, avant de faire un doux sourire à l'enfant pour le rassurer. Elle s'agenouilla et ouvrit grand les bras, et en moins de temps qu'il fallut pour le dire, le petit garçon partit se réfugier dans ses bras. Elle lui caressait doucement la tête, et une couleur rouge attira son attention. Le petit pleurait en silence, tellement il avait peur. Dans sa chute, l'Allemand lui avait cassé le nez. La blonde resserra sa prise autour de lui, avant de se relever. Ce qu'elle voyait là, était d'une laideur sans nom. Elle ne comprenait toujours pas.

    - Pourquoi Ludwig ? Pourquoi ? Je ne te reconnais plus. Tu parles de nous comme des monstres qui te barrent la route vers la France. Mais tu as tout faux ! C'est toi qui ne respectes pas nos accords ! Nous avons signé un traité, et tu le sais très bien ! Je suis dans mes droits en te refusant le libre passage !

    Elle était tellement en colère. Et tellement triste. Pourquoi en arriver là ? Elle déposa l'enfant à terre et lui dit de partir retrouver sa famille, et de rester loin des hommes armés. Elle le regarda partir en courant, avant de planter son regard de celui de l'amateur de choucroute. Il souriait. Mais d'une manière si méchante et sadique que ca aurait pu lui faire peur si elle n'était pas dans un tel état de révolte.

    - Tu crois sincèrement que les choses vont se passer comme bon te semble n'est-ce pas ? Et bien tu as complètement tort. Mon peuple et moi allons tout faire pour te repousser, car c'est tout ce que tu mérites. Je ne sais pas combien de temps je pourrais tenir, mais je me battrai jusqu'au bout. Et si je pouvais te mettre une bonne raclée comme je l'ai fait maintes fois à Germania, ce serait tellement bien. Ça me rappellerait le bon temps.

    Elle regarda les maisons aux alentours. Elle voyait son peuple, aux fenêtre, tous avec la même volonté. Faire rentrer l'envahisseur chez lui. Doucement, elle leva sa main vers le ciel. Le début des hostilités allaient commencer. Ludwig arborait toujours ce même sourire abject, et les soldats allemands se préparaient également. Un et premier coup de feu se fit entendre. Suivi de centaines d'autres.

    ...

    Les Belges se défendaient comme des acharnés. Les pertes allemandes étaient énormes, et la jeune fille souriait, malgré la sueur et le sang qui coulait le long de son visage. Elle avait gagné cette bataille, mais était encore loin d'avoir gagné la guerre. Il se vengerait, elle le savait. Il fallait juste tenir encore un peu, car la réponse internationale ne se fit pas attendre. Arthur venait de lui déclarer la guerre à son tour. Pour la sauver. L'allemand était fou de rage, elle le voyait bien. Il devait certainement se demander comment une pauvre petite femme comme elle arrivait à lui faire perdre du temps. Et elle riait doucement.

    Mais elle n'avait encore aucune idée de l'horreur qu'elle allait subir en retour.
    On ne s'attaque pas au grand Empire Allemand sans en subir les conséquences.
    Ce qu'elle vivait en cet instant n'était qu'un doux rêve en comparaison.
    Et il faisait toujours aussi beau, en ce mois d'aout 1914.



    Spoiler:
     

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MessageSujet: Re: Un accord brisé [ Allemagne - 1914 ] {R-18}   Mar 10 Mai - 17:30

L’amour n’est pas un sentiment, c’est une perte de temps.
Il le pensait réellement, au point d’être dégouté par ce geste d’affection venant de la Belge. Il fallait être misérable pour accorder autant de temps à quelque chose qui n’en valait pas la peine. Et le pire, c’est que tout cela avait l’air important pour elle. Comme si on pouvait élever un peuple seulement avec des caresses et des sourires ! Tout ça pour quoi ? Pour se retrouver avec des gamins qui chialent dès la première goutte de sang ? Non merci, le blond préférait largement son peuple qui était solide et efficace.

- - Pourquoi Ludwig ? Pourquoi ? Je ne te reconnais plus. Tu parles de nous comme des monstres qui te barrent la route vers la France. Mais tu as tout faux ! C'est toi qui ne respectes pas nos accords ! Nous avons signé un traité, et tu le sais très bien ! Je suis dans mes droits en te refusant le libre passage !

Elle voulait parler du simple, du vulgaire bout de papier qu’ils avaient signé ?
Voilà ce qui distinguait un pays faible d’un pays capable de s’adapter, de pratiquer les meilleures tactiques, et de faire preuve d’un minimum d’intelligence.
La belge parlait inutilement du passé, comme si elle voulait le résonner et elle avait tort, tout ce qu’elle faisait c’était simplement d’user de sa salive et de lui faire perdre du temps. Et si la blonde le connaissait vraiment, elle aurait dû savoir qu’il avait horreur de ça.

Il l’observa chuchoter quelque chose au gosse, avant de voir celui-ci partir se réfugier près de ceux dont la vie n’avait aucune importance à ses yeux. Pour Ludwig les humains n’étaient que de simples pions, plus ou moins utiles, ne pouvant pas se déplacer d’eux même sur l’échiquier et, pouvant se faire remplacer comme bon lui semble par une pièce plus puissante.

-- Tu crois sincèrement que les choses vont se passer comme bon te semble n'est-ce pas ? Et bien tu as complètement tort. Mon peuple et moi allons tout faire pour te repousser, car c'est tout ce que tu mérites. Je ne sais pas combien de temps je pourrais tenir, mais je me battrai jusqu'au bout. Et si je pouvais te mettre une bonne raclée comme je l'ai fait maintes fois à Germania, ce serait tellement bien. Ça me rappellerait le bon temps.

- Puisque tu insistes…je suppose que je n’ai pas le choix…

Ludwig répondait à peine, à la fois amusé et agacé par l’assurance de la demoiselle. Comme si, elle avait la moindre chance de l’empêcher de traverser, elle, la petite Belgique. Il en riait intérieurement. Et puis à quoi bon faire une ridicule comparaison avec Germania ? Il n’était pas lui, même si physiquement ils se ressemblaient, il est vrai.
Après tout, si elle osait se dresser contre lui, pourquoi pas la remettre à sa place ? Pour lui prouver que les belles paroles ne suffisent pas et qu’elle ferait mieux d’apprendre à se battre plutôt que de se vanter de ses exploits passés.

La jeune femme pointa son poing en direction des nuages, comme un appel aux troupes. Ludwig à son tour, s’empressa de faire signe à ses hommes de charger leurs fusils. Le blond osa sourire une dernière fois, sûr que le combat ne durerait pas plus de 5 minutes. Laissant l’odeur de la poudre envahir le champ de bataille.





15 jours que cela durait.
L’allemand se rongeait les ongles devant ce triste spectacle : ses soldats tombaient les uns après les autres, le sourire de la victoire effleurerait les visages belges. Il ne pouvait pas le supporter, il n’avait aucunement envie de porter la lourde médaille de la défaite. Pour lui c’était impossible, il ne pouvait pas perdre, surtout face à elle !
Mais qui aurait cru qu’elle aurait pu aussi fourbe et traitresse !! Ludwig avait du mal à y croire : elle qui se disait neutre, avait tourné sa veste du côté des alliés, jusqu'à demander de l’aide à Arthur !! Comme si cette bataille n’était pas assez humiliante, il fallait que l’Anglais s’y mêle, lui et ses amis imaginaires. Surtout qu’il était pratiquement sûr que la Belge s’était alliée avec ce sale français, juste pour le pousser à bout.

Mais assez ! elle voulait voir de quoi il était capable ? Et bien elle n’allait pas être déçue. Il se dépêcha de réunir les soldats restant, pour établir une nouvelle stratégie. Fini de jouer aux soldats de plombs, il était maintenant temps de prouver réellement ce que valait l’Allemagne.
Puisque la Belge adorait son peuple, elle allait le voir souffrir. C’est donc d’un pas décidé, armes lourdes à la main, que l’armée allemande dévastait tout ce qu’elle voyait : bientôt les villes furent détruites sous les flammes vives et la fumée, provoquant une panique chez les habitants, mais il était trop tard. Et ce ne fut qu’un tas de cendre et de briques noircies qui ornaient le territoire Belge.
Les misérables qui osaient aussi être sur son chemin étaient éliminés si cruellement que les bottes et les uniformes des soldats étaient tâchés par ce sang impur, laissant sur leur passage des corps ensanglantés et complètement défigurés. Et le peu d’hommes à peu près en vie subissait des tortures et des châtiments encore plus sanguinaires. Ils étaient là à se lamenter, à hurler lorsque leurs mains étaient tranchées, ou qu’ils se faisaient mutiler, jusqu'à ce que leur sang ruissèle sur le sol, tels des porcs égorgés. La plupart finissait par être jetée sur la chaussée ou sur ce qui était auparavant sa maison pour les laisser mourir de froid et de faim.
Il n’y avait plus aucune pitié dans le regard de l’allemand, il n’y avait plus rien du tout. A force de voir s’écouler un bain de sang jour après jour, de sentir l’odeur putride des macchabées bref d’anéantir tout ce qu’il voyait, il était devenu une simple machine de guerre.
Plus rien ne pouvait l’empêcher de passer maintenant, il aurait pu très bien arrêter le massacre, et partir en direction de la France, son principal objectif. Mais non, l’orgueil allemand avait pris le dessus. Et il était décidé à ne pas partir tant que ce territoire n’était pas occupé, peu importe le prix. Elle avait voulu jouer, et elle allait perdre, car à ce jeu là il était le plus fort.

Évidemment tout cela ne passait pas inaperçu aux yeux de Bella, mais c’était le but de Ludwig après tout, car le carnage qu’il avait provoqué avait terrifié la jeune femme, et plus les mains du blond était recouvertes de sang, plus elle semblait battre en retraite. Jusqu'à ce que le blond puisse atteindre la ville de Leuven.

Cette ville était pourtant fleurie par ce beau moi d’août, le soleil et la brise légère du vent rendait l’atmosphère agréable et moins sombre que dans quelques villages aux alentours.
Mais Ludwig n’avait que faire de Dame Nature. Tout ce qu’il voulait, c’était prouver sa supériorité, et que Bella ne devait plus se mesurer à lui, sous peine de voir son pays anéanti.
C’est dans un calme presque effrayant qu’il transforma cette ville en débris. Les habitations tombèrent en ruines sous le passage des Allemands, les coups de fusils se mélangèrent aux fracas des bâtisses et des façades n’épargnant rien ni personne.
La bibliothèque eut le droit au même sort, malgré le fait que Ludwig l’appréciait. Envolant avec tout le savoir qui y était renfermé dans des centaines de livres, qui ne devenaient plus qu’un amas de poussières en quelques secondes. Tous les bâtiments qui suivirent n’échappèrent pas non plus à la folie de Ludwig : commerces, écoles, mairies. Ils finissaient tous par s’écrouler, laissant comme paysage une terre rasée et un nuage d’argile et de poussière.

Le blond était de marbre devant cette vision d’horreur, il en était plutôt fier. Même s’il venait de perdre son côté humain pour les prochaines années à venir. Il venait de perdre ce qu’il lui permettait de ne pas être un animal assoiffé de vengeance et de pouvoir. Mais peut importe, son honneur, lui, était toujours là.


Sans cœur nous ne serions que des machines.
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MessageSujet: Re: Un accord brisé [ Allemagne - 1914 ] {R-18}   

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Un accord brisé [ Allemagne - 1914 ] {R-18}

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