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 Au temps où nous étions [Alaska | 1600]

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MessageSujet: Au temps où nous étions [Alaska | 1600]   Mer 9 Mar - 22:31



C’était le temps où rien n’était réellement. Le temps où le Québec n’était pas réellement Québec. Ou du moins pas un nom officiel, pas une nation, pas même connue. Un petit bout de terre que l’on allait bientôt vouloir s’approprier tel un vulgaire morceau de viande. Mais qui a jamais dit que la vie de nation était aisée? Le plus bête c’est qu’elle est sûrement l’une des plus chanceuses, historiquement parlant. Si ce n’est pas ironique la vie, parfois.

La petite fille tenait à peine sur ses jambes frêles de jeune enfant. Fragile, oui, tout ne tenait qu’à un fil autour d’elle. Chancelante, elle avançait cependant naïvement dans ces immenses champs de blé en herbe jaunissant tranquillement au gré du temps, grand sourire aux lèvres. À elle seule, oui qu’à elle, tout ceci lui appartenait n’était-il pas? Cependant ces instants de bonheur soufflés par la fine brise matinale s’estompaient peu à peu alors que le ciel prenait des teintes plus foncées, annonciateur de mauvais présages. Sur ces terres déchirées, par ces habitants à peau foncée qui y logeaient depuis longtemps, puis par ces hommes aux habits vifs et au teint lui ressemblant étrangement. Elle avait une plus grande appartenance à ces visiteurs, elle le sentait en elle, un sentiment certes inexplicable mais bien présent, mais jamais les peaux foncées ne lui avaient fait du mal, alors pourquoi tant de sang?

C’était dans ses gênes. Être pacifique, c’était sa nature la plus profonde et ce depuis sa réelle naissance. Que devait-elle faire face à cela, face à ce conflit qui rongeait ses terres? S’opposer à ce massacre, aider les peaux rouges, ou prendre pour les Français et aider une réelle boucherie à s’exécuter afin d’avoir réellement un père qui la protégerait. Et ce pour quoi? Un bout de terre qui lui appartenant que l’on veut posséder à tous les prix? Non, elle ne sut pas être assez forte, elle ne put prendre de décision. Mais ne dit-on pas que ne rien faire est une décision en soi? Décision qu’elle allait devoir assumer les conséquences, j’en ai bien peur. Cela la brulait à l’intérieur, mais elle devait se replier et attendre. Attendre quoi? Que les choses reprennent leur cour normal. Il le fallait! La jeune fille était donc partie en courant loin des champs de bataille oh combien inéquitable, trébuchant de temps à autre sur la végétation qui changeait peu à peu au cours de sa course, les larmes coulant, laissant leur marque sur ce chemin sauvage que la jeune fille empruntait. Peur? Oui, elle avait peur. Elle était morte de peur. Elle ne comprenait pas, se cachait un peu derrière les arbres. Son temps n’était pas encore venu. Elle craignait les guerres, et celle-ci grondait à chaque coup tiré. Ils avaient des bâtons de feu, ces hommes aux cheveux blonds qui semblaient si sûrs d’eux, elle ne comprenait pas. Ces guerres n’étaient pas égales, n’est-ce pas? Où étaient les arcs et les flèches ou encore le calumet de la paix?

Sa légère robe bleutée s’en trouva rapidement déchirée au niveau des mollets, elle se retrouva couverte d’écorchures et de boue. Il y a une différence entre l’Amérique de 1600 et l’Europe de la même époque. Les routes, on ne connaissait pas, l’industrialisation non plus. Emma était très bien dans cette situation, elle était même habituée à marcher nu-pied dans les roches ça et là ou encore les branches d’arbres, mais jamais de courir ainsi sans regarder où elle mettait les pieds. Elle savait qu’elle avait pénétré le territoire de son frère, qu’elle ne côtoyait pas réellement à cette époque. Et elle s’en moquait. Elle devait fuir, elle ne voulait pas avoir à prendre de décision. C’était trop pour elle, et puis elle n’en avait pas le pouvoir. Elle était trop jeune. Les grandes nations allaient décider pour elle, ici la France, quand bien même qu’elle ignorait qui il était à ce moment-là.

Elle sut qu’elle s’était trop enfoncée, ce décor ne ressemblait plus trop aux forêts boréales qu’elle connaissait par cœur. Non, tout était différent depuis un moment. Mais elle avait continué sans relâche, jusqu'à ne plus apercevoir rien qui lui était familier. Elle s’était enfoncée lentement sur des terres qui lui étaient inconnues, qui n’appartenaient pas encore à aucune grande nation européenne, qui n'avaient jamais connu les guerres et les immondices pareilles. Ce n’était pas si grave, non? Emma saurait retrouver son chemin, n’est-il pas? Elle n'aurait pas le choix, du moins, elle ne pouvait pas prendre le risque de se perdre définitivement et de mourir de faim... Ou encore mieux, elle trouverait du réconfort loin de ces guerres pour la possession de ses terres. Mais loin de tout ce qu’elle connaissait et chérissait, les larmes revinrent s’installer dans ses prunelles bleues comme l’océan. Elle fixa l’horizon, les petites mains posées sur son cœur. À cet instant, il n’y avait pas de religion, personne à qui implorer une simple requête. Personne à qui se confesser, personne pour nous écouter. Que des arbres ou des cailloux, quelques écureuils si on est chanceux. Alors vers qui se tourner? Si l'on est seul, il ne reste que nous, cette bonne vieille carcasse que l'on voit jour après jours dans le reflet de la rivière. Celle-là même qui ne se donne plus la peine de nous saluer tant l'accoutumance s'est installée.

- J’aimerais…

Mais qu’aimerait-elle? Que tout cela cesse? Être libre, libre de mouvement et de décision? Malheureusement, ce n’était pas gagné, et bien loin de là. Alors que voudrait-elle réellement? Le savait-elle seulement? Déjà, elle devrait arrêter de fuir. C'était un pas énorme qu'elle devrait franchir, et elle n'était pas du tout à ce stade. Du moins pas pour l'instant.



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MessageSujet: Re: Au temps où nous étions [Alaska | 1600]   Sam 23 Avr - 10:24

Lorsqu'on ne sert à rien. Lorsque personne ne nous connait. Lorsqu'on se demande pourquoi nous sommes nés. Pourquoi sommes nous là ? Que devons nous faire ? Errer à jamais ? Sans but ? Sans projets ? Laissant notre destin nous guider ? Mais quel destin ? Toutes ces questions sans réponses le resterons tant que l'on ne prendra pas l'initiative de chercher les réponses. Ce morceau de terre tout au Nord du Continent de l'Ouest, à quoi sert-il ? N'a-t-il pas d'avenir ? Toutes ces questions qui se bousculent dans l'esprit de cette petite fille sont pour elle comme une sorte de torture. Cette petite fille, toute frêle, si fragile, elle pourrait se casser à tout moment. Elle avance, seule, pieds nus dans la neige, le regard vide. Lentement, elle marche, sans but. Elle n'est rien. Rien qu'un morceau de terre. Une petite chose inconnue aux yeux de tous.

Des personnes habitent chez cette étrange petite fille. Ces personnes à la peau mate, aux yeux sombres, aux cheveux noirs. Ce sont des personnes très douces et très gentilles, mais elles savent néanmoins se faire respecter. Ces personnes vivent simplement, paisiblement. Ils pêchent, construisent, font tout de leurs propres mains. La petite fille a beaucoup appris auprès d'eux. Elle les aimait beaucoup. C'était les seules personnes qu'elle connaissait et ils étaient vraiment très doux avec elle. Ces personnes-là sont irremplaçables. Mais un tel moment de paix ne pouvait durer. Après tout, pourquoi laisser les gens tranquilles quand on peut les faire souffrir ? Cela semblait si amusant aux yeux des autres. Mais elle, la petite Lynn, fragile, qui n'avait rien demander, ne comprenait pas cette façon de penser. Faire du mal aux autres juste pour satisfaire sa propre personne, quel acte abominable.

Les grandes personnes aux cheveux clairs, aux carrures imposantes, au sourire malsain. Ils étaient arrivés chez elle. Pourquoi ? Les habitants de ce petit bout de terre, les Inuits, on les blâmaient, les méprisaient, sans doute à cause de leurs différences physiques et mentales. Mais la petite fille, elle, les aimait. Elle ne voulait pas qu'on les chasse ainsi. Mais les grand hommes de l'Est ne faisaient pas attention à elle. Mais elle, elle souffrait. Chaque Inuit qui souffrait, elle le sentait, ça lui brûlait. Ses terres, ses terres à elle, piétinées, souillées sans le moindre regret de la part des envahisseurs. La petite fille pleurait. Elle avait mal.

Cependant, les gens de l'Est ne lui voulait pas de mal. Après avoir imposé leur façon de penser, une fois que les habitants adorés de cette pauvre petite Lynn s'étaient résignés, une fois qu'ils avaient acceptés les hommes de l'Est, ils se tournèrent vers elle. Vers la fragile petite brunette sans défense. Elle n'osait pas bouger. Après tout, que pouvait elle faire ? Elle que tout le monde avait ignoré depuis le début de son existence. Pourquoi, d'un seul coup, venait-on briser son quotidien si tranquille ? Elle qui vivait paisiblement avec ses habitants. Peut-être était-ce le signe qu'enfin le destin lui offrait une possibilité de vivre et d'exister.

La fragile petite fille devenait plus forte. Elle ne maigrissait plus. Elle revivait. Ces personnes de l'Est l'ayant fait souffrir prenaient maintenant soin d'elle. Les personnes vivant sur ce petit bout de terre vivaient paisiblement, comme si rien ne s'était passé. Mais Lynn, elle, sentait en elle une chaleur, une chaleur qui lui disait qu'elle était bien là, que quelqu'un pouvait la voir, que quelqu'un faisait attention à elle. Qu'elle existait.

"..... Merci."

Le premier mot de cette petite fille fût adressé aux gens de l'Est. Ces personnes qui l'avait fait revivre. A présent, tout allait bien. Plus besoin de se tourmenter. Tout allait si bien. Alors pourquoi d'autres personnes venaient par le Sud ? Que voulaient-ils ? C'était loin d'être terminé...

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MessageSujet: Re: Au temps où nous étions [Alaska | 1600]   Mer 4 Mai - 18:15



Perdue. Voilà ce qu’elle était. C’était différent. C’était froid. Mais ça se répétait tout de même dans ce coin perdu. Conquêtes, ça le sentait à plein nez. Si ici on avait utilisé la force, elle ne le savait pas. Qui y habitait? Encore ce petit pleurnichard?

Ce petit pleurnichard comme elle l’appelait déjà, c’était ce qui plus tard deviendrait le Canada. Pour ceux suivant bien l’histoire, le Québec prit place bien avant le Canada. Enfin, avec Amérique, ils formaient les trois sauvages de la région, mais Amérique semblait plus voyager déjà. Canada, lui, restait seul et perdu à parler avec des animaux et à se faire oublier, aussi l’oubliait-elle aussi. Pour l’instant elle ne le détestait pas, elle était plutôt neutre. Il était bizarre, c’est tout. Mais elle se demanda si elle était encore sur ses terres. Elle savait qu’il habitait parfois dans un milieu assez nordique, mais elle aussi au Nord on y trouvait de grands froids. Comment savoir alors? Surtout que pendant sa course folle, elle ne l’avait pas trouvé. Est-ce qu’elle se serait aventurée sur des terres inconnues? Si c’était le cas, peut-être pourrait-elle s’y cacher. Quelque chose lui disait que non, malheureusement.

Les périples de la jeune nation avaient continué ainsi. À certains moments, elle n’entendait plus rien. Des champs à perte de vue, une brise légère, des terres qui n’étaient plus chez elle. Où il semblait bon de vivre. Elle s’arrêtait un peu. Et pour chaque pause qu’elle prenait elle repartait aussi tôt, fuyant encore et toujours, du mieux qu’elle le pouvait. Combien de kilomètre pouvait-elle traverser ainsi? Autant qu’il en faudrait pour partir. C’est pourquoi elle était désormais ici. Dans un décor bizarre, froid, sec, rien à voir avec son chez soi. Elle commença à chercher un abri. Ou de la nourriture. Ou de l’eau, sinon des vêtements. Il devait bien y avoir quelque chose, on n’est pas dans un désert ici… non?

Une fille. C’est ce qu’elle aperçut finalement au loin alors qu’elle marchait encore, espérant peut-être réussir à se retrouver. Une fille comme elle. Oui, oui, une toute petite fille au loin, elle ne rêvait pas. Rien à voir avec ses autochtones qui se promenaient seins nus ou encore ces colonisateurs bestiaux se livrant une lutte acharnée pour avoir ses petits bouts de terres qu’elle aurait bien aimé partager pourtant si on le lui aurait demandé. Le partage ne semblait pas faire partie de leur vocabulaire à ces blondinets…. Enfin peut-être était-elle une dès leur, mais elle semblait si petite… Si fragile, un peu comme elle. Mais avec les cheveux noirs, hein, ça change tous les cheveux car il n’y avait que les autochtone qui avaient cette couleur, mais chez elle ils avaient le teint plus foncé, pas aussi pâle. S’avançant rapidement, la petite robe blanche légèrement déchirée au bas volant doucement au vent, un sentiment léger l’emprisonnant. Elle n’était plus seule. Elle ne l’avait jamais été peut-être. Emma avait besoin de quelqu’un près d’elle. Elle à toujours été ainsi, un peu trop naïve, légère comparativement à ces grandes nations qui ont tout vécu. Qui se sont livré bataille, qui ont déjà connu des coup de canons alors que la seule chose qu’elle vit de terrible jour après jour c’est le dépeçage de poisson et d’orignaux tout comme la peau de castor. Elle avait besoin de quelqu’un avec elle, pour retrouver cette joie naïve d’enfant, les petits jeux tranquilles alors que tout autour gronde et que l’on tente de prendre possession de ses terres.

Elle arriva, essoufflée, tout près. Son cœur se débattait tout doucement alors qu’elle l’observait silencieusement. Comment, Emma, silencieuse? Apparemment cela fut le cas durant un moment, mais pas très longtemps.

- B… Bon... Bonjour

Elle n’était pas sure d’elle-même. Savait-elle simplement parler? Qui sait, peut-être pas ou peut-être qu’elle parlait d’une autre façon. C’est comme essayer de communiquer avec un écureuil; bonne chance pour vous faire comprendre. Elle sait de quoi elle parle, elle en a déjà fait la tentative, étant persuadée que toute langue s’apprend. Ça doit dépendre de la façon qu’on est élevée, donc si la fillette est élevée par un carnivore, elle pourrait bien essayer de la manger. Brr. A cette pensée, elle se demanda si elle n’aurait pas du être un peu plus prudente.
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MessageSujet: Re: Au temps où nous étions [Alaska | 1600]   Lun 30 Jan - 21:15

    La petite brunette. Lynn. Alaska.

    En fait, malgré ce qu'elle venait de traverser, elle ne s'en sortait pas trop mal. Car après tout, les gens de l'Est n'étaient pas si terribles. Ils ne lui faisaient pas de mal, alors elle apprit à vivre avec eux. Lentement, mais sûrement, elle reprit des couleurs. Le sourire ne venait pas encore, mais au moins, elle était plus heureuse qu'avant. Pourtant, elle continuait à marcher pieds nus dans la neige. Quelque chose manquait, encore. Quelque chose d'autre, qui allait arriver, d'ici peu. Les gens du Sud ? Les Américains ? Elle ne savait rien d'eux. Elle ne savait pas non plus ce qui l'attendait.

    La neige qui crisse sous les pieds, c'est amusant, mais froid. Remontant son écharpe jusqu'à la moitié de son visage, on ne pouvait voir d'elle que ses yeux, et sa frange irrégulière tombant sur son front. Elle fixait le sol, sans expressions, regardant le vide. Marchant, au hasard. Elle était tranquille, et le silence régnait. Pourtant, au fond d'elle, elle sentait quelque chose approcher. Quelqu'un venait. Ce n'était pas un de l'Est. Ce n'était pas un Inuit. Quoi, alors ?
    Elle releva les yeux.

    - B… Bon... Bonjour

    D'un seul coup, Lynn recula d'un pas, se mettant en position de défense, silencieuse. Elle était méfiante, incroyablement méfiante. Qui sait ce que cette autre fille faisait ici ? Sur SES terres ?
    Elle ne dit mot. Oh, elle avait bien compris les dires de la blonde. Elles parlaient la même langue. Mais Lynn ne lui répondit simplement pas. Elle reculait avec précautions. L'autre semblait inoffensive, mais sait-on jamais.

    L'inconnue était dans un état pitoyable. La jugeant, la brunette vit que sa robe blanche, légère, était déchirée vers le bas. Ce n'était pas du tout une tenue appropriée pour le climat. La regardant, de haut en bas de ses yeux bruns, Alaska reprit peu à peu une position normale. Laissant ses bras retomber le long du corps, elle s'avança, prudemment. Non vraiment, elle semblait inoffensive. Une petite fille de cet âge, de cette carrure...
    Lynn n'avait rien à craindre, n'est-ce pas ?

    Une fois arrivée à la hauteur de la blonde, la jeune fille, actuellement Russe, défit son écharpe avant de la passer autour du cou de celle qui lui faisait face, laissant ainsi son visage découvert. Puis, elle plongea ses yeux bruns dans les yeux bleus de l'inconnue.

    " Tu vas mourir de froid, ainsi vêtue. "

    C'est tout. Rien d'autre. Pas de " Comment tu t'appelles ? ", ni de " Enchantée ". Mais ces simples mots avaient bien plus d'impact que les formalités de présentation.
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Au temps où nous étions [Alaska | 1600]

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